Des leaders intermédiaires doués de la MRC tracent la voie

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La Vigie - Été 2017 / Le 12 juillet 2017

Par Darlene Blakeley

« Un leader est quelqu’un qui connaît le chemin, l’emprunte et le montre aux autres. »

Cette citation de John C. Maxwell décrit parfaitement le rôle d’un leader dans la Marine royale canadienne (MRC).

Au cours des derniers mois, des activités mondiales de grande envergure, des attentes élevées et des interventions de calibre supérieur ont dévoilé les capacités, le dynamisme et le talent des leaders de niveau intermédiaire (officiers et militaires du rang) qui pourraient être la prochaine génération de dirigeants supérieurs dans la MRC.

Qu’ils aient contribué au bien-être des enfants en Sierra Leone, saisi des drogues illicites au large des côtes de l’Amérique centrale, circumnavigué le continent nord-américain à bord du seul voilier en service de la MRC, créé un nouveau groupe d’opérations tactiques ou se soient entraînés avec des partenaires nord-africains, ou qu’ils aient effectué des croisières d’endurance intensives pour préparer un sous-marin aux opérations avec les alliés, ces leaders ont porté la confiance, le travail d’équipe et le mentorat à des niveaux extraordinaires.

« La MRC est déterminée à former des leaders à tous les niveaux, et le rythme élevé des activités récentes au pays et à l’étranger a permis aux leaders intermédiaires de faire valoir leur vaste formation et leurs capacités particulières. Ils exemplifient ce qui est bien », souligne le vice-amiral Ron Lloyd, commandant de la MRC. « Je suis extrêmement fier de ce qu’ils ont réalisé et de ce que cela signifie pour notre flotte de l’avenir. »

Le leadership, c’est prêcher par l’exemple

Lors de Neptune Trident 17-01, en Afrique occidentale ce printemps, le capitaine de corvette Nicole Robichaud, commandant du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Moncton, a donné l’exemple à son équipage. En plus de participer à des exercices d’entraînement maritime pour accroître la coopération entre les nations participantes dans le golfe de Guinée, ils ont œuvré sur la terre ferme à améliorer la vie des résidants locaux.

« À Freetown, en Sierra Leone, j’ai eu la chance inouïe d’accueillir un groupe d’ambassadrices des Nations Unies à bord de notre navire », rapporte le Capc Robichaud. « Les femmes de l’équipage et moi avons appris à quoi ressemble le rôle d’une femme en Sierra Leone. Nous avons eu l’honneur de discuter avec des jeunes femmes locales et des femmes dignitaires pour découvrir comment elles surmontent l’adversité et défendent l’égalité des droits, pour contribuer à la réussite des générations futures de femmes. J’ai eu de la chance tout au long de ma carrière, c’est pourquoi ça m’émeut de parler de mon expérience et d’avoir la possibilité d’influencer ou d’inspirer de jeunes femmes. »

À Monrovia, au Libéria, elle a amené l’équipage à West Point, une région qualifiée de plus pauvre et de plus densément peuplée du pays. Plus de 80 000 personnes habitent cet endroit durement touché par la crise d’Ebola.

« Nous sommes allés à l’école locale, qui regroupe près de 1 500 élèves », explique-t-elle. « L’école a été fermée pendant la crise d’Ebola pour servir de centre d’intervention. Notre équipage a remis en état le terrain de basketball, réparé des bureaux et peint les planchers des classes. Élèves, enseignants et conseillers, tout le monde a participé. L’équipage s’est comporté de manière exemplaire, abordant chaque tâche avec enthousiasme et s’efforçant d’en faire le plus possible malgré le peu de temps qu’il avait. Puis, devant près de 1 000 enfants qui nous encourageaient, nous avons joué au soccer. »

Le maître de 1re classe Sylvie Simoneau, capitaine d’armes du Moncton, était fascinée par les enfants. « La collaboration avec les enfants nous a permis de vivre le lien le plus captivant imaginable. Partout où nous allions, les enfants étaient toujours heureux de nous voir et ils savaient que nous étions venus pour eux. Nous avons travaillé, lu et joué avec eux. Je sens que je leur ai apporté quelque chose grâce à un commandant et un équipage formidables. »

Le NCSM Summerside, commandé par le Capc Paul Smith, a lui aussi participé à Neptune Trident. En plus de collaborer avec des bâtiments de guerre espagnols, marocains, français, sénégalais et sierra-léonais, l’équipage du navire a représenté le Canada en agissant comme « ambassade flottante », pour accueillir à bord des représentants militaires et civils de nombreux pays, dont la Chine, la Russie, le Mali, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Togo et le Royaume-Uni.

L’équipage a également véhiculé des valeurs canadiennes grâce à des activités de rayonnement, notamment en réparant une génératrice dans un orphelinat pour jeunes filles ayant perdu leurs parents lors de la crise de l’Ebola, en faisant des dons à des écoles élémentaires dans le besoin et en appuyant des organismes jeunesse qui font le bien autour d’eux grâce à l’éducation et au mentorat.

« Ce fut sans contredit l’expérience la plus gratifiante de ma carrière sur le plan spirituel », raconte le Capc Smith. « La MRC ne s’était jamais rendue sur les côtes de ces pays. Cette expérience nous a tous ouvert les yeux. Les pays d’Afrique occidentale sont des pays distincts, ayant leurs propres différences culturelles et historiques, tout en ayant en commun la même détermination : améliorer la vie de leur peuple. »

Le leadership, c’est miser sur le travail d’équipe

À l’autre bout du monde, dans l’Est du Pacifique, le NCSM Saskatoon a patrouillé dans les eaux dans le cadre de l’opération Caribbe, la contribution du Canada aux opérations internationales antidrogue.

En mars, le Saskatoon a saisi 660 kilogrammes de cocaïne; en avril, 460 kilogrammes, dans les eaux internationales de l’Est du Pacifique, en deux misions d’interdiction parmi plusieurs pendant la mission. Dans les deux cas, le navire a intercepté les navires suspects repérés par un aéronef de patrouille maritime. Le Saskatoon a envoyé une embarcation pneumatique à coque rigide avec à bord une équipe du détachement d’application de la loi de la garde côtière américaine, pour arrêter des embarcations de type panga, qu’on a ensuite arraisonnées pour appréhender les individus soupçonnés de trafic. Plusieurs ballots de cocaïne ont été récupérés des bateaux et dans l’océan après que les présumés trafiquants aient tenté de larguer leur cargaison.

Le Capc Todd Bacon, commandant du Saskatoon, déclare que cet exploit est le fruit de la préparation et du travail d’équipe. « Je suis ravi de voir que l’excellent entraînement de l’équipage depuis quelques mois a contribué à la réussite des opérations d’interdiction pour favoriser la stabilité régionale. »

Il ajoute que le dévouement et les efforts acharnés de l’équipage du Saskatoon au cours de l’Op Caribbe ont été « incroyablement encourageants » à observer. « Le Saskatoon a quitté Esquimalt, en C.-B., en janvier 2017 avec un nouvel équipage. Grâce à leurs efforts constants et à leur excellent entraînement, les marins ont progressé et réussi leur mission sans heurt. Leur capacité de collaborer dans les opérations a facilité les opérations internationales interarmées et fait diminuer le volume de drogues débarquées en Amérique du Nord. »

Le second du navire, le lieutenant de vaisseau Christopher Shook, déclare qu’il a constaté de première main les défis qu’un commandant doit relever lors d’un déploiement. « Mon rôle de second d’un navire canadien participant à un déploiement international m’a aidé à comprendre les défis auxquels mes supérieurs se retrouvent confrontés et à mieux me préparer pour épauler ces derniers. »

Le capitaine d’armes du navire, le maître de 1re classe Joseph Dagenais, abonde dans le même sens. « Pendant toute l’opération Caribbe, l’équipage est resté concentré et vigilant, guidé par le dévouement inébranlable des dirigeants du NCSM Saskatoon. Les marins de tous les grades et de tous les groupes professionnels n’ont ménagé aucun effort pour que leurs subalternes soient frais et dispos pour pouvoir continuer d’assurer la réussite de la mission. »

Le leadership, c’est inspirer les nouveaux leaders et les encadrer

Le Capc Wil Lund est commandant du nouveau Groupe des opérations tactiques maritimes (GOTM) de la MRC. Depuis sa création en 2014, le GOTM a envoyé quatre équipes d’interdiction maritime en mission internationale, en plus de contribuer à l’instruction de marines partenaires, ainsi qu’aux tâches et aux exercices de renforcement des capacités dans plusieurs pays et au Canada.

L’équipe a récemment participé à une série d’activités en Tunisie, au Libéria et en Sierra Leone, dans le cadre de la stratégie d’engagement de la MRC. Le GOTM a œuvré dans la région pour accroître les capacités des partenaires dans la planification, le commandement et du contrôle, les mouvements tactiques et les opérations conjointes avec d’autres pays.

« La clé de la réussite des opérations du GOTM est l’importance du mentorat et du perfectionnement des nouveaux leaders, afin de pouvoir évoluer dans une petite équipe », souligne le Capc Lund. « La confiance que ces membres ont acquise pour mener ces opérations de manière autonome avec un minimum de supervision résulte directement de leur capacité de comprendre et de réaliser l’intention du commandant dans les situations volatiles, incertaines, chaotiques ou ambiguës. »

Les 12 premiers mois de l’unité ont été les plus difficiles pour le Capc Lund. Le GOTM a été chargé de recruter, de former et de doter en matériel une équipe de 10 membres, à temps pour appuyer les opérations du NCSM Winnipeg

« Ce fut une période extrêmement occupée, frôlant la frénésie, pour les 12 premiers membres du GOTM qui se retrouvaient constamment confrontés à des obstacles et des problèmes que personne n’avait rencontrés auparavant ou même complètement imprévus. Cette première équipe a fait preuve de leadership, de créativité et d’une détermination exceptionnels, tout veillant à ce que le GOTM produise les résultats escomptés à temps. »

Le premier maître de 2e Brent Bethell, premier maître de l’unité du GOTM, est d’accord. « Être membre d’une équipe très motivée et axée sur des buts précis qui résout constamment des problèmes en plus de faire preuve de créativité pour gérer les ressources m’a fait voir à quel point une équipe peut être efficace et inspirée, peu importe les grades. »

Le leadership, c’est unir nos efforts pour atteindre des buts communs

Après un intense programme d’entraînement, le sous-marin canadien de Sa Majesté Windsor a parcouru l’Atlantique plus tôt cette année, pendant l’exercice Joint Warrior en plus de visites à Faslane, en Écosse et à Lisbonne, au Portugal. Le sous-marin s’est ensuite rendu sur la côte ouest de l’Espagne pour participer à Trident Juncture; son premier exercice consistait à rallier des forces spéciales et procéder à leur insertion.

« Des semaines d’entraînement, de coordination et de dur labeur ont porté fruit. La prise à bord et l’insertion se sont déroulées à merveille », déclare le Capc Peter Chu, commandant du Windsor. « Je me souviens d’avoir parlé en pleine nuit au chef d’équipe des forces spéciales immédiatement avant l’insertion. Il a déclaré à maintes reprises à quel point l’équipage du Windsor était formidable, ajoutant que son équipe avait vécu une expérience incroyable. J’étais profondément fier de mon équipage, de ce qu’il avait accompli, des sacrifices consentis et de la façon dont nous avions uni nos forces. »

Il ajoute qu’à titre de commandant, il sait très bien que le calendrier opérationnel, le programme d’entraînement et les missions confiées ne sont pas le summum du commandement. Ce sont plutôt « les facteurs qui favorisent la camaraderie, la cohésion, le travail d’équipe, mais surtout, une solidarité à toute épreuve ».

« Je reconnais humblement avoir eu l’immense privilège de commander des sous-mariniers extraordinaires. C’est ce genre de relations, que j’ai bâties au cours des trois dernières années, que je chéris le plus et que je continuerai de chérir une fois mon commandement terminé », affirme le Capc Chu.

Le leadership, c’est à relever les défis ensemble

Le seul voilier en service de la MRC, le NCSM Oriole, vit ses propres défis au cours d’un périple de 10 000 milles marins le menant de la BFC Esquimalt à la Nouvelle-Écosse. Pour souligner le 150e anniversaire du Canada, le navire visitera 27 ports dans le cadre de son plus important voyage depuis 1998.

La première étape du voyage a été particulièrement difficile. Des vents du sud d’une vitesse de 50 nœuds ont surpris l’Oriole et ralenti sa progression vers San Diego, en Californie. L’expérience a posé un défi considérable pour la majorité des membres de l’équipage qui n’avaient jamais navigué à la voile avant d’être affectés sur l’Oriole.

« La préparation du navire pour le trajet vers la côte Est a été particulièrement ardue », rapporte le Capc Michael Wills, commandant de l’Oriole. « Il a fallu plusieurs mois d’études, d’entretien et d’entraînement pour s’assurer que le navire et son équipage étaient prêts. Pour ce faire, il a fallu compter sur le dévouement de l’équipage, des autorités techniques, des techniciens de maintenance de la flotte et d’autres techniciens de l’industrie maritime canadienne, mais surtout, sur nos familles. Tous ces efforts ont culminé lors du départ, le 16 avril. Quel moment gratifiant. »

Le PM 1 Jason Bode, capitaine d’armes de l’Oriole depuis janvier, affirme que même après d’innombrables heures en mer à bord d’autres navires de la MRC, la « courbe d’apprentissage était raide » lorsqu’il a décidé de participer au déploiement de six mois. Or, une fois en mer, il a assimilé ses tâches d’officier de quart et il a senti grandir son respect pour l’ensemble de l’équipage en relevant les défis avec lui.

« Je suis très impressionné par la détermination et le travail d’équipe de l’équipage », affirme-t-il. « C’est cette profonde détermination qu’il nous faut pour arriver à destination sains et saufs et montrer notre professionnalisme comme ambassadeurs du Canada et de la MRC. »

Le leadership, c’est se préparer à la flotte de l’avenir

Les missions variées et difficiles de ces navires de la MRC au cours des derniers mois ont dévoilé les habiletés, le dévouement et l’engagement de ces commandants de niveau intermédiaire et des militaires du rang supérieurs.

« Au moment où la MRC se prépare pour la flotte de l’avenir et les nouvelles classes de navire, c’est formidable de savoir qu’ils seront entre bonnes mains », déclare le Vam Lloyd. « Nos jeunes leaders ont montré qu’ils sont pleinement capables de réaliser des projets d’envergure. Ils montrent qu’en prêchant par l’exemple, en s’occupant de leurs gens et qu’en encadrant leurs subalternes, ils parviennent à assurer la réussite de leur mission tout en ouvrant la voie aux générations futures de leaders dévoués. »