Générer vers l’avant : Offrir une capacité stratégique à l’étranger grâce aux ressources déployées de la MRC

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La Vigie - Hiver 2017 / Le 1 février 2017

Par Darlene Blakeley

Tout a commencé par un exercice multinational dans la mer de Norvège qui s’est soudainement transformé en patrouille opérationnelle réelle à l’appui de l’OTAN.

Le sous-marin canadien Windsor participait à l’exercice Dynamic Mongoose réunissant plus de 3 000 marins et aviateurs de huit pays alliés l’été dernier, lorsqu’il a été convié à une mission confidentielle de l’OTAN. Avec l’accord du gouvernement du Canada, le Windsor a été réaffecté et il est resté dans le théâtre deux semaines de plus.

« Cette demande ainsi que l’intervention rapide du Windsor illustrent l’importance d’avoir un sous-marin déjà dans le théâtre, pour le Canada et ses alliés », affirme le vice-amiral Ron Lloyd, commandant de la Marine royale canadienne (MRC).

Le Vam Lloyd a été impressionné par la contribution du Windsor à cet exercice d’envergure et par la facilité avec laquelle il a fait la transition vers les nouvelles opérations. « Le déploiement du NCSM Windsor démontre une fois de plus la capacité et la souplesse incroyables de la MRC en matière d’opérations avancées. »

Le concept de génération vers l’avant de la MRC permet d’optimiser l’utilisation opérationnelle du personnel et des ressources limités et de monter une force à l’étranger pour assurer une participation rapide aux opérations stratégiques. Force motrice de la planification des opérations actuelles et futures, ce concept permet aux ressources de la MRC en eaux internationales de créer des relations et des liens de confiance avec différents partenaires. Par ailleurs, la MRC se trouve à proximité pour intervenir le plus rapidement possible lorsque le gouvernement lui demande de réaffecter ses ressources.

« Le succès du Windsor est directement attribuable aux compétences variées et équilibrées de nos marins et à la position géographique du sous-marin », souligne le capitaine de vaisseau Jamie Clarke, commandant de la Force sous-marine canadienne.

La MRC est une organisation capable de participer à de multiples missions simultanées partout dans le monde et d’intervenir rapidement pour répondre aux priorités stratégiques du gouvernement au pays comme à l’étranger. Cependant, produire des éléments de force prêts à l’action est un procédé complexe. La mise en place des effectifs, de l’équipement et de l’instruction nécessaires à la création d’équipes prêtes au combat monopolise beaucoup de ressources. De plus, le personnel affecté doit avoir une longue expérience de la navigation pour être prêt à participer aux opérations.

« La génération vers l’avant mise sur les capacités des marins et des navires pour permettre à la MRC d’envoyer plus de ressources dans des zones encore plus éloignées qu’au cours des dernières années et pour répondre aux priorités stratégiques du gouvernement, qu’il s’agisse de démonstrations de la puissance militaire, d’aide humanitaire ou de secours aux sinistrés », affirme le Capv Josée Kurtz, directrice – Opérations et plans de la Marine au Quartier général de la Défense nationale à Ottawa.

Prépositionnement stratégique des ressources

La Stratégie d’engagement mondial (SEM) fournit une orientation stratégique générale quant aux endroits où pourraient être déployées les ressources de la MRC en tout temps. Guidée par les recommandations d’Affaires mondiales Canada, la SEM donne les grandes lignes de la planification des opérations dans les régions et les pays prioritaires. Le ministère de la Défense nationale assure le commandement opérationnel des ressources et du personnel selon la SEM, et la MRC affecte les ressources nécessaires à l’atteinte des objectifs stratégiques. Le commandant de la MRC détermine l’emplacement exact et l’emploi des ressources de la MRC, compte tenu des conseils de l’équipe de la SEM de la MRC de son état-major. En cas d’urgence, les ressources de la MRC sont placées sous la direction de l’autorité opérationnelle compétente.

De nombreux éléments de la MRC peuvent être générés vers l’avant, selon la zone d’opérations où ils sont et la mission ou la tâche qu’on leur confie. Bien que cela s’applique principalement aux navires de la classe Halifax et aux sous-marins de la classe Victoria, certains éléments spécialisés, notamment les plongeurs-démineurs, le Groupe des opérations tactiques maritimes et les équipes de sécurité navale, ont un rôle à jouer dans la création d’occasions de renforcement des capacités et le maintien de la disponibilité opérationnelle dans des régions d’importance stratégique.

« Le prépositionnement stratégique des ressources de la MRC fournit des options d’intervention en cas de crise, précise le Capv Kurtz. En situation d’urgence, il est souvent possible de faire appel à des navires de la MRC en mission dans le monde. »

À titre d’exemple, le Navire canadien de Sa Majesté Vancouver a pu aider les Néo-Zélandais touchés par le puissant séisme à l’île du Sud, le 14 novembre. Le NCSM Vancouver se trouvait près d’Auckland, en Nouvelle-Zélande pour participer au 75e anniversaire de la marine néo-zélandaise. À la demande du gouvernement néo‑zélandais, le navire a mis le cap sur la région touchée pour participer aux efforts de secours.

Intégré au groupe opérationnel naval multinational, le NCSM Vancouver a contribué à l’évacuation de quelque 900 personnes et a distribué plus de 216 tonnes de nourriture et de matériel d’urgence comme des génératrices, des pompes portables ainsi que des toilettes chimiques. La participation du NCSM Vancouver aux opérations de secours à la suite du séisme cadrait avec l’opération Renaissance, soit le déploiement rapide des FAC sur les lieux d’une catastrophe à l’étranger, à la demande du gouvernement.

Par ailleurs, un sous-marin de la MRC au large des côtes de l’Amérique du Sud peut offrir au gouvernement des options d’intervention stratégique pour lutter contre le trafic.

« Les contraintes de temps et d’espace empêchent souvent les forces navales d’intervenir rapidement et réduisent les options d’intervention stratégique du gouvernement, affirme le Capv Kurtz. Le concept de génération vers l’avant contribuera à apaiser les préoccupations à cet égard dans de telles situations. »

Possibilités de perfectionnement professionnel

Les ressources de la MRC déployées vers l’avant peuvent s’intégrer à des partenaires étrangers, facilitant ainsi l’atteinte d’objectifs d’instruction individuelle ou collective grâce à la tenue d’exercices et à diverses possibilités d’échanges. Le perfectionnement professionnel du personnel naval est assuré par la tenue d’exercices et d’échanges bilatéraux lors d’activités de génération vers l’avant.

« Les exercices et les échanges permettent au personnel de la Marine d’acquérir une précieuse expérience opérationnelle en mer, de même qu’une instruction et des qualifications supérieures à tous les niveaux », affirme le Capv Mike Knippel, commandant du Groupe d’instruction du personnel naval à Esquimalt.

À l’avenir, la Stratégie d’engagement mondial de la MRC, par l’intermédiaire du concept de génération vers l’avant, permettra d’accroître la préparation et l’exploitation de forces prêtes à agir, tout en favorisant les relations diplomatiques et les partenariats régionaux du Canada pour appuyer l’intention stratégique globale du gouvernement. Bien que certains déploiements comme celui du Windsor peuvent changer de façon soudaine et imprévue, dans d’autres cas, tout est déjà planifié. Les NCSM Ottawa et Winnipeg seront déployés dans les régions de l’Inde et de l’Asie‑Pacifique en 2017 sous le concept de génération vers l’avant et participeront à des opérations planifiées à plusieurs endroits.