De technicien-radariste à opérateur d’aéronef sans pilote

Nouvelles de la Marine / Le 21 mai 2020

Le matelot de 1re classe (Mat 1) Myles Hunter s’est joint à la Marine royale canadienne (MRC) en tant que technicien-radariste parce qu’il voulait travailler avec de la technologie de pointe. Il était loin de se douter que son choix et sa passion l’amèneraient à franchir la frontière de l’innovation navale en tant que l’un des premiers opérateurs de système d’aéronef sans pilote (UAS) de la flotte.

La MRC n’utilise des aéronefs sans pilote que depuis environ deux ans et une grande partie de ce temps a servi à tester et à observer ses capacités, a déclaré le Mat 1 Hunter.

La Marine utilise actuellement des drones de type Puma, d’une longueur de 1,5 mètre, gris fantôme et d’apparence semblable à un avion miniature. Le Puma peut être lancé à la main par des opérateurs sur le pont d’un navire, puis récupéré en le sortant de l’eau.

Le Mat 1 Hunter a déclaré que le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Goose Bay en 2019 et plus récemment le NCSM Whitehorse dans le cadre de l’opération CARIBBE ont utilisé des aéronefs sans pilote pour explorer et repérer des navires qui font peut-être de la contrebande de drogues. Lors de leurs patrouilles, ils ont utilisé des aéronefs Puma pour balayer une zone étendue autour du navire, l’aidant à rester sous la ligne d’horizon et à ne pas être aperçu par des navires suspects.

Le Puma, en raison de son altitude, élargit le champ de vision du navire au cours de ces « ratissages en lacets » et il peut couvrir une superficie de 176 km2 en seulement deux heures, a déclaré le Mat 1 Hunter.

Grâce aux renseignements souvent recueillis auprès de partenaires de la Garde côtière américaine, l’équipe de commandement d’un navire peut utiliser l’aéronef sans pilote pour observer les détails des autres navires ‒ comme la quantité de carburant ou le nombre de passagers ou de moteurs qu’un autre navire transporte ‒ et utiliser ces renseignements pour déterminer si ce navire présente un intérêt.

Grâce à des écrans installés sur la passerelle et dans la salle des opérations du navire, cette technologie permet à différentes équipes de suivre ce que le Puma voit au moyen d’une vidéo en continu en temps réel alors que les opérations de l’aéronef sont gérées par deux personnes seulement.

Grâce à cette technologie, au lieu de zigzaguer sur l’eau à la recherche de contrebandiers, un navire de patrouille peut naviguer relativement en ligne droite et laisser tous les autres déplacements à l’aéronef sans pilote. Cela permet d’économiser du carburant et d’augmenter le temps opérationnel parce que le navire n’a pas besoin de rentrer au port aussi souvent. Les piles du Puma peuvent être rechargées simplement en les branchant à bord.

S’il s’agit d’opérations prolongées et les piles du Puma s’épuisent (il a un temps de vol de deux à trois heures), il est possible de faire atterrir l’aéronef dans une zone d’eau sans danger et de le laisser sur place pendant une période allant jusqu’à quatre heures avant de le récupérer pendant qu’un autre Puma peut continuer les opérations, a déclaré le Mat 1 Hunter.

Traditionnellement, lorsqu’il était décidé d’envoyer une équipe d’arraisonnement, l’équipe de commandement du navire surveillait les opérations d’arraisonnement à distance par radio. Les aéronefs Puma permettent maintenant une surveillance visuelle aérienne, ce qui fournit une meilleure connaissance de la situation à l’équipe de commandement. Les unités ont également une capacité de vision infrarouge, et lors de tests non opérationnels avec des plongeurs, se sont avérés utiles pour repérer des personnes qui sont tombées à l’eau durant la nuit, a déclaré le Mat 1 Hunter.

« Heureusement, nous n’avons pas eu l’occasion de tester cela dans une situation réelle », a-t-il déclaré.

Le Mat 1 Hunter a raconté comment il s’est retrouvé à l’avant-garde des opérations des systèmes sans pilote de la Marine.

Il y a quelques années, « des rumeurs circulaient selon lesquelles la Marine achetait [des aéronefs sans pilote] et nous entrions dans cette nouvelle ère de technologie. En tant que mécanicien et technicien, et cette technologie étant la plus récente chose remarquable, je voulais tellement en faire partie. Alors, j’ai pris contact officieusement avec l’équipe chargée de la mise en place; ils ont ainsi fait ma connaissance et je leur ai montré à quel point j’étais ambitieux », a-t-il déclaré.

Le Mat 1 Hunter a passé la première partie de sa carrière navale en tant que technicien-radariste à bord des NCSM Athabaskan et Montréal, et a choisi cette voie parce qu’il voulait mettre la main sur la technologie la plus avancée possible.

Heureusement pour lui, lorsque la Marine a commencé à chercher dans ses rangs pour trouver des opérateurs de système d’aéronef sans pilote, elle a décidé d’avoir recours à des techniciens-radaristes en plus des opérateurs d’équipement d’informations de combat (Marine).

En 2017, le Mat 1 Hunter et l’autre premier groupe d’opérateurs de système d’aéronef sans pilote de la Marine ont commencé leur instruction initiale. Après une année d’utilisation des aéronefs Puma et d’acquisition d’expérience à leur sujet en mer, il a été muté au commandement de l’équipe du navire en tant que commandant du détachement des systèmes d’aéronefs sans pilote. Il s’est alors retrouvé dans un environnement de travail qu’il n’avait jamais rêvé d’avoir lorsqu’il s’est enrôlé dans les Forces.

« D’habitude, j’étais toujours le mordu de technologie qui réparait l’équipement dans les coulisses. Ce fut un changement fou », a-t-il déclaré         .

Le Mat 1 Hunter a déclaré qu’il était auparavant un travailleur de quarts plutôt ordinaire à bord du navire et qu’il doit maintenant être prêt 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, car les besoins opérationnels ne correspondent pas nécessairement à l’horaire d’une personne en ce qui a trait au gymnase, aux repas ou au sommeil.

Dans son nouveau rôle, il participe directement aux opérations quotidiennes du navire. Il fait souvent des rapports en personne au capitaine et doit créer des scénarios de mission sur demande, sur-le-champ et entièrement à partir de zéro. Il a déclaré que son nouveau rôle lui a permis de mieux comprendre la raison pour laquelle certaines choses sont réalisées sur un navire ‒ des choses qui semblaient étranges auparavant lorsqu’il ne participait pas si intimement aux décisions de commandement.

« (Les opérations) peuvent être plus chaotiques, mais j’aime ça. Il faut s’adapter à la situation, mais il semble que nous accomplissons toujours notre travail », a-t-il déclaré.

Le Mat 1 Hunter a déclaré qu’il fait actuellement partie d’une équipe qui a mis au point et donne un nouveau cours sur les systèmes d’aéronef sans pilote qui est propre à la Marine.

« Je pense qu’à l’avenir, vous verrez la [MRC] utiliser de plus en plus de systèmes d’aéronefs sans pilote, et différents types d’aéronefs. Je suis très ravi d’explorer cette technologie », a-t-il déclaré.