Des dirigeants des milieux d’affaires et du secteur public exercent leur pied marin lors d’une expédition de 48 heures en mer

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Nouvelles de la Marine / Le 26 janvier 2017

Par Ryan Melanson

Huit dirigeants civils issus de divers milieux des secteurs public et privé ont été les derniers à vivre une expérience exceptionnelle avec la Marine royale canadienne grâce au programme Leaders canadiens en mer. Ils ont parcouru une distance de plus de 400 milles marins d’Halifax à Boston, au Massachusetts, comme invités à bord du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Ville de Québec.

Après une tournée des principaux sites de la Base des Forces canadiennes Halifax visant à placer l’expérience en contexte, le groupe a pris la mer à 16 h, le 30 novembre 2016, accompagné du commodore Craig Baines, commandant de la Flotte canadienne de l’Atlantique, et a tout de suite commencé la foule d’activités prévues, qui avaient pour but de mettre en valeur la frégate modernisée de toutes les manières possibles.        

Les membres du groupe ont passé du temps sur la passerelle pendant que le navire effectuait des manœuvres à grande vitesse par mauvais temps, ont visité les salles des machines et des machines auxiliaires où ils ont observé le fonctionnement interne du navire, ont eu droit à un cours accéléré sur le génie des systèmes de combat et ont même appris des choses sur la vie des officiers de la logistique, le métier « le plus intéressant » à bord selon le capitaine de corvette Robert Cyr. Ils ont mangé dans chaque mess, ont dormi aux côtés des  marins et ont passé au peigne fin presque tous les recoins du navire. Les nombreuses améliorations apportées grâce au processus de modernisation de la classe Halifax ont été abordées, comme le nouveau système de gestion de combat, le système de contrôle intégré et les radars de navigation.

Les visiteurs ont aussi eu l’occasion de participer à des expériences pratiques. Le premier soir à bord, ils se sont rassemblés sur le pont d’envol dans l’obscurité pour lancer des grenades fumigènes et des fusées à parachute utilisées dans les scénarios de recherche et de sauvetage. La deuxième journée était tout aussi stimulante grâce à un entraînement au tir d’armes légères. Après une longue séance d’information sur la sécurité et une formation individuelle, chaque participant a tiré avec un pistolet de 9mm et le fusil automatique C7A2 sur des cibles que l’on avait installées sur le pont d’envol. Chacun d’entre eux a aussi tiré avec l’une des mitrailleuses de calibre .50 du navire.

Malgré l’enthousiasme enjoué manifesté par les participants lors des préparatifs menant aux séances de tir, on a insisté sur l’importance de prendre au sérieux les armes utilisées par la Marine royale canadienne et les Forces armées canadiennes.

« On ne peut ne pas s’arrêter et apprécier à sa juste valeur la puissance de feu qui se trouve à bord. Ce métier peut être dangereux », a constaté une invitée du programme, Sandra Hassan, sous-ministre adjointe, Rémunération et relations de travail au Secrétariat du Conseil du Trésor.

Lors d’un exposé sur le contrôle des avaries, les civils se sont exercés avec les extincteurs et ont aspergé le pont d'envol d’eau avec le tuyau d’incendie vêtus de la tenue antifeu. Ils ont aussi observé l’équipage prendre part à un scénario d’entraînement où l’équipe d’attaque devait se diriger vers une section du navire remplie de fumée alors que d’autres devaient s’occuper d’un pseudo-blessé et lui prodiguer des premiers soins avancés.

Les incendies constituent l’un des dangers les plus courants à bord d’un navire de guerre, a expliqué le lieutenant de vaisseau Eric Bertrand. Chaque membre de l’équipage reçoit de l’instruction, et des exercices sont souvent effectués pour veiller à ce que les marins soient prêts à intervenir.  

« Nous prenons le contrôle des avaries très au sérieux, car les incendies ne sont pas un mythe. Cependant, quand des incidents se produisent dans la Marine canadienne ou ailleurs dans le monde, nous sommes capables de tirer des leçons et de changer notre mode de fonctionnement pour nous améliorer », a-t-il ajouté.

Il va sans dire que les membres du groupe n’étaient pas dans leur élément, si l’on compare la vie à bord de la frégate à leur milieu de travail, mais il est toujours possible d’établir des comparaisons, comme l’a fait le capitaine de vaisseau honoraire Tom Paddon. À titre d’ancien président et PDG de Baffinland Iron Mines Corp, le capitaine de vaisseau honoraire Paddon comprend très bien l’importance de prendre soin des travailleurs qui sont loin de leur foyer et de leur famille.

« Il est sans doute difficile d’établir des comparaisons, mais les motivations qui nous poussent à offrir un soutien aux gens qui sont dans un milieu qui n’est pas le leur sont presque les mêmes : assurer la nourriture, un milieu chauffé, une eau potable et le traitement des eaux usées, les fournitures et le transport. Dans le fond, on gère une ville qui se trouve avoir la forme d’un navire », a-t-il ajouté.

Pendant deux soirées complètes passées à bord du NCSM Ville de Québec, les invités ont pu aussi prendre des pauses. Ils en ont profité pour passer du temps au mess, lieu de rencontre des marins, parler de leur travail ou encore regarder un film ou des émissions sportives diffusées en direct grâce au système de divertissement par satellite du navire. Comme ils n’avaient pas accès à Internet sans fil et qu’ils disposaient de moyens de communication limités, certains invités ont dit qu’ils avaient vraiment apprécié la chance de décrocher.

« C’est presque comme si on était en vacances », a dit en riant Pierre Le Fevre, conseiller du PDG de Via Rail.

Cependant, le caractère sérieux et souvent dangereux du travail des équipages de la Marine royale canadienne n’est pas passé inaperçu aux yeux des invités du programme. La présence à bord d’un capitaine de vaisseau honoraire, d’un ancien colonel honoraire de l’Aviation royale canadienne et de fonctionnaires chevronnés a permis d’avoir souvent des discussions éclairées sur les activités de la Marine et sur les défis associés à la gestion d’une force apte au déploiement dans le monde entier. Les visiteurs ont posé à l’équipe de commandement du navire et au commodore Baines des questions sur des sujets tels la souveraineté dans l’Arctique, les actes d’agression de la Russie, la mer de la Chine méridionale et les mesures que la Marine compte prendre pour combler les lacunes actuelles en matière de capacités.

À leur arrivée à Boston le 2 décembre, les invités ont partagé un dernier repas avec le commodore Baines et le capitaine du navire, le capitaine de frégate Guillaume LaFrance. Ils les ont remerciés pour cette expédition immersive en mer et leur ont expliqué comment ils peuvent utiliser ce qu’ils ont appris et vécu pour être dorénavant des ambassadeurs de la Marine royale canadienne.

Le capitaine de frégate LaFrance a expliqué au groupe les fondements de la mission de la Marine que le public ignore la plupart du temps, à savoir la défense du Canada et de l’Amérique du Nord, et la contribution aux missions internationales à titre d’intermédiaire honnête et fiable.

« Étant donné que nous travaillons ici et outremer afin de veiller à ce que les problèmes existants ne se répercutent pas sur le Canada, il peut être plus difficile pour les gens d’être conscients du travail que nous faisons », a-t-il ajouté.

Kelly Block, députée depuis 2008 de la circonscription Carlton Trail–Eagle Creek (Saskatchewan), s’est dit heureuse d’avoir pu se libérer de ses engagements à Ottawa pour participer à cette expédition en mer. Selon elle, tous les parlementaires pourraient profiter de cette expérience, et elle entend encourager fortement ses collègues à prendre part un jour au programme.

« Les expériences que j’ai vécues à bord du navire me rendent encore plus déterminée, comme députée, à faire le nécessaire afin de soutenir nos militaires, hommes et femmes, et à veiller à ce qu’ils aient tout ce dont ils ont besoin. Cela m’a toujours tenu à cœur, mais cette expédition a renforcé à mes yeux l’importance des ressources dont nous disposons », a-t-elle renchéri.

La Marine royale canadienne continuera à amener des dirigeants civils en mer dans le cadre du programme Leaders canadiens en mer au cours des prochaines années, et les préparatifs des premières expéditions de 2017 ont déjà été entamés.