Des navires déploient vers l’Arctique au sein de l’opération NANOOK

Nouvelles du Pacifique / Le 19 août 2015

Rachel Lallouz, Rédactrice attitrée

Le mardi 4 août 2015, les Navires canadiens de Sa Majesté (NCSM) Nanaimo et Saskatoon quittaient la protection du havre d’Esquimalt pour s’en aller travailler dans les eaux encombrées de glace de l’Arctique pendant six semaines.

Les deux navires feront une traversée de plus de 6 500 km jusqu’à Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord‑Ouest, où ils procéderont à des activités de surveillance et de présence dans la région dans le cadre de l’opération NANOOK de cette année.

L’opération NANOOK est la plus importante opération d’instruction et de souveraineté que les Forces armées canadiennes mènent chaque année dans le nord du Canada; elle se déroule en collaboration avec d’autres ministères dans le but d’établir une présence fédérale dans nos communautés nordiques.

L’opération de cette année marque le premier déploiement d’un navire de la flotte du Pacifique au nord du 60e parallèle depuis celui du NCSM Cedarwood en 1949.

« Cette opération NANOOK particulière est unique, fait valoir le capitaine de corvette (Capc) Brad Henderson, commandant du NCSM Saskatoon. Par le passé, les navires participant à l’opération NANOOK démarraient à partir de la côte Est; c’est donc la première fois que nous franchissons les eaux de l’Arctique à partir de l’ouest. »

Cette opération permet d’ouvrir la voie à des opérations de plus grande envergure devant être menées à l’avenir par des patrouilleurs hauturiers pour l’Arctique. L’instruction obtenue dans cet environnement nordique permettra de surmonter les défis logistiques et opérationnels que posent l’éloignement et les conditions ambiantes plus difficiles qui sévissent dans le Nord.

L’exercice jouera également un rôle clé dans l’établissement d’une présence canadienne au sein des communautés nordiques, ce qui, selon le capitaine de corvette Jeff Hopkins, commandant du NCSM Nanaimo, représente l’un des piliers de la Stratégie pour le nord du Canada.

« De plus, nos matelots profiteront d’heures de service fort utiles dans un environnement plus complexe », indique le Capc Hopkins.

L’équipage du NCSM Nanaimo fera fonctionner un sonar à balayage latéral remorqué qui saisira des images sous-marines en haute définition. L’appareil sert à capter une représentation réaliste de larges zones du fond marin.

Une fois arrivé en Arctique, le NCSM Saskatoon travaillera à récupérer des réseaux d’hydrophones que les scientifiques ont laissés aux abords de l’île Banks. Pour récupérer les réseaux, le navire utilisera un véhicule d’inspection d’objets de fond (BOIV) muni de caméras et d’un bras robotique capable de manipuler des objets sous l’eau.

Trois plongeurs de l’Unité de plongée de la Flotte (Pacifique) seront à bord du navire du Capc Henderson pour manipuler le BOIV qui sera également mis à contribution pour surveiller la topographie sous-marine.

Dans le but de se préparer à l’opération NANOOK, les commandants de chacun des navires se familiarisent avec les conditions ambiantes de l’Arctique. Toutefois, ils sont peu inquiets – en août, la température du Nord s’apparente à celle d’un hiver à Victoria, au cours duquel le mercure oscille entre 5 et 10 degrés Celsius.

« Pendant notre passage en Arctique, la glace sera à son plus bas niveau, souligne le Capc Henderson. Elle entravera le rivage en octobre. Toutefois, nous nous assurons de comprendre la couverture glacière, de savoir comment y naviguer et de connaître les limites qu’elle impose. »

Quant à l’approvisionnement du navire en vivres et en carburant, le Capc Henderson mentionne que la méthode préconisée diffère peu de celle employée au cours de tout autre déploiement; l’équipement requis par l’équipage répond aux normes établies pour leur permettre d’évoluer dans des conditions climatiques modérées.

« Par ailleurs, nous tentons de stocker plus de rations qu’à l’habitude pour nous assurer que nous n’avons pas à compter sur les chaînes d’approvisionnement nordiques », précise le Capc Henderson.

La distance entre le navire et le rivage de Tuktoyaktuk est un autre des facteurs que les commandants respectifs doivent retenir. Une superficie importante d’eaux peu profondes signifie que les navires ne peuvent s’approcher à plus de 16 km du port, occasionnant de longues files de transit. « La découverte de l’Arctique est encore toute nouvelle, et il est rare que nous puissions effectuer une opération dans un endroit aussi polaire. Nous sommes impatients de relever le défi de compter parmi les premiers navires de la côte Ouest à mettre le cap vers le nord depuis près de 60 ans », ajoute le Capc Hopkins.