Des parlementaires passent 24 heures sous les mers à bord du NCSM Windsor

Galerie d'images

Nouvelles de la Marine / Le 25 octobre 2016

Par Ryan Melanson

Un séjour de 24 heures sous les mers, à bord du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Windsor, l’un des quatre sous-marins de la classe Victoria, a été le point saillant d’une visite de quatre parlementaires sur la côte Est, du 12 au 13 octobre 2016.

Les politiciens ont fait ce voyage dans le cadre du programme Leaders canadiens en mer (LCM) de la Marine royale canadienne. Depuis près de dix ans, le programme LCM fait monter des représentants du gouvernement, des dirigeants d’affaires et de collectivités, ainsi que d’autres intervenants stratégiques à bord de navires et de sous‑marins canadiens de Sa Majesté, afin de leur faire une démonstration des compétences et de l’équipement mis à profit par la Marine pour défendre le Canada. Le programme fournit aussi des renseignements utiles sur le quotidien des marins et des sous-mariniers, ainsi que sur les conditions de vie et de travail à l’intérieur de leur habitation temporaire en mer.

Les députés libéraux Marwan Tabbara et Chandra Arya, ainsi que les membres de l’opposition Pierre Paul-Hus et Cheryl Gallant, qui siègent tous les deux au Comité permanent de la défense nationale de la Chambre des communes, faisaient partie des invités. Ils étaient accompagnés par le contre-amiral John Newton, commandant des Forces maritimes de l’Atlantique.

Le programme LCM vise à offrir une expérience intense et immersive. Un sous-marin de la classe Victoria est donc l’endroit indiqué pour atteindre cet objectif. Les invités ont été submergés à près de 100 mètres sous l’eau, ils ont mangé dans les petits postes d’équipage avec le personnel et ils ont dormi sur des supports en métal, aux côtés de membres en formation du sous-marin et de torpilles lourdes Mark 28.

Les députés ont aussi pu avoir un aperçu du lent jeu de cache-cache qui caractérise la guerre sous-marine, en assistant à un court exercice mettant en scène le NCSM St. John’s, frégate de la classe HALIFAX, et un hélicoptère Sea King CH124, à environ 20 kilomètres de la côte.

Le Windsor s’est approché à 2 000 verges du navire de guerre en immersion périscopique, donnant ainsi la chance à tous les participants d’observer les « adversaires » au moyen du périscope de veille, avant de leur permettre d’écouter à tour de rôle la signature acoustique du St. John’s au moyen du nouveau sonar de pointe du navire, le sonar AN/BQQ10, le même système qui est utilisé par les nouveaux sous‑marins de la flotte américaine.

Par la suite, en s’asseyant aux commandes du système de conduite de tir, les parlementaires ont appris comment les données visuelles, acoustiques et autres sont combinées pour suivre avec précision les navires à proximité et planifier des manœuvres d’attaques potentielles.

Dans le cadre de la simulation, le Windsor a tiré une fusée verte afin de signaler une attaque par torpille contre le St. John’s. Il n’y a eu aucun dommage, mais en réalité les torpilles du navire n’auraient aucune difficulté à fendre la coque de la frégate.

« La torpille peut trouver peu importe ce qui se cache en mer et le faire couler, c’est garanti. Cela a été prouvé maintes et maintes fois », explique le capitaine de corvette Peter Chu, commandant du Windsor.

Plus tard, les visiteurs ont pu voir les membres de l’équipage exécuter une liste exhaustive de vérifications préalables à l’immersion, avant que le sous-marin ne retrouve son état caché naturel sous les vagues.

« Tout devient incroyablement tranquille », a observé M. Tabbara, une fois le sous‑marin immergé, établissant une comparaison par rapport à la manière dont le Windsor était brassé par le ressac en immersion périscopique.

Cette tranquillité est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles les sous-mariniers préfèrent autant que possible être discrètement submergés. Toutefois, le navire a tout de même fait surface de nouveau en soirée afin que les invités puissent être témoins d’un « reniflement », qui permet de faire entrer de l’air et de recharger la batterie pendant que le sous-marin est opéré au moyen des moteurs diesel.

Les membres de l’équipage du Windsor se sont tous acquittés de leurs tâches avec précision, mais pour M. Paul-Hus, député élu au Parlement pour la première fois l’année dernière, la chose la plus impressionnante était la confiance des sous-mariniers envers le navire de la classe Victoria et ses technologies de pointe.

« Au bout du compte, pour que l’équipage connaisse le succès, nous devons aussi lui fournir du bon matériel. Je crois que nous pouvons voir que c’est le cas pour ce navire, qui est équipé d’un nouveau sonar et d’autres mises à niveaux qui fonctionnent très bien », a indiqué M. Paul-Hus.

Les membres de l’équipage étaient dynamiques, accueillants et enthousiastes à l’idée de parler de leur travail. Les dirigeants sont toutefois bien conscients de la charge de travail considérable des sous-mariniers et de l’importance de ne pas les épuiser. Le navire a passé près de 200 jours en mer au cours de la dernière année, entamant récemment un déploiement prolongé de trois semaines après avoir participé à l’exercice DYNAMIC MONGOOSE 2016 et mettant ainsi un terme à des vacances d’été bien méritées.

Les députés ont tenté de savoir le secret du Capc Chu pour maintenir un bon moral au cours de longues périodes de travail au rythme lent, mais exigeant. Ce dernier leur a expliqué que tout repose sur la communication, qu’il parle aux membres de son personnel en petits groupes afin de leur expliquer les tâches à effectuer et l’importance de leur travail et qu’il prête une attention particulière aux membres de l’équipage qui ont des inquiétudes concernant leur famille à la maison ou qui vivent d’autres situations de stress.

Il est aidé par le fait que les membres de son équipage sont devenus proches et ont appris à se soutenir, une nécessité pour 48 hommes et femmes qui vivent dans une telle proximité. La nature même de la vie sous-marine et des bordées de service fait en sorte que les sous-mariniers passent un nombre d’heures incalculable à apprendre des choses sur la vie, la famille et la ville natale de leurs collègues.

« C’est une façon de nous divertir, mais cela permet également d’établir une cohésion au sein de l’équipage. Pour un capitaine, il est extrêmement important de favoriser cette cohésion. Lorsqu’une équipe se rassemble, que ses membres commencent à se faire confiance et apprennent qu’ils peuvent se fier aux autres membres, voilà le moment où ressort le véritable esprit du Windsor », explique le Capc Chu.

L’équipage ressent également une grande fierté envers le travail accompli, et il devient plus facile d’accepter l’absence de communications avec l’extérieur ou les moments manqués avec la famille lorsque le navire apporte du soutien à de véritables opérations de l’OTAN, comme l’a fait le Windsor à l’été 2015 et de nouveau cette année. S’organiser pour que le navire et l’équipage soient prêts à répondre à ces demandes de soutien est également important pour démontrer la capacité de la MRC, indique le Cam Newton. « Cela montre qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une grande flotte de sous-marins pour avoir des sous-mariniers compétents et être une nation sous-marine. Dans la communauté internationale, personne ne remet en question la présence du Canada. »

Avant de quitter le navire afin de poursuivre leur visite des sites de la BFC Halifax, chaque visiteur s’est fait remettre une carte de sous-marinier honoraire, un médaillon du NCSM Windsor et même un insigne de dauphin comme ceux qui sont fièrement portés par les sous-mariniers partout dans le monde.

« Je les encourage fortement à porter ces articles avec fierté et à les montrer chaque fois qu’ils le peuvent, indique le Capc Chu. Il s’agit d’une expérience dont ils se souviendront toute leur vie, cela ne fait aucun doute. »

Lors de la visite des parlementaires à la BFC Halifax, un certain nombre d’arrêts étaient prévus afin de les aider à avoir un portrait plus complet des Forces maritimes de l’Atlantique. Ils ont notamment pu avoir un avant-goût de l’avenir de la Marine, en visitant un hélicoptère CH‑148 Cyclone au sol, à la 12e Escadre Shearwater, en Nouvelle-Écosse, en plus d’avoir droit à une visite guidée du chantier maritime de Halifax d’Irving Shipbuilding, où les travaux sur le premier navire de patrouille extra‑côtier et de l’Arctique sont bien avancés.

« Ils ont vu des travaux en cours très importants, déclare le Cam Newton. Nous espérons donc qu’ils retourneront auprès de leurs collègues parlementaires et qu’ils leur parleront de ce que font la Marine et les sous-mariniers. Ils peuvent nous aider en racontant notre histoire selon leur point de vue, que ce soit devant le Comité de défense ou au sein du gouvernement. Nous ne pouvons pas vraiment en demander plus. »

Article tiré du journal militaire Trident