Diplomatie militaire : Une incidence directe sur la paix et la stabilité internationales

La Vigie - Automne 2013 / Le 4 novembre 2013

Par Darlene Blakeley

Qu’ont en commun un navire de guerre canadien entrant au port de Koweït City, un marin affecté aux États-Unis, un exercice dans l’Atlantique Nord avec la participation de navires du Royaume-Uni et un officier général qui discute avec son homologue chilien?

Ils font tous partie de l’engagement de la Marine royale canadienne en matière de « diplomatie militaire », une expression employée pour désigner l’utilisation pacifique des ressources de défense en vue d’atteindre des résultats positifs dans le cadre du développement des relations bilatérales et multilatérales d’un pays.

Depuis 2011, les efforts de la MRC en matière de diplomatie militaire ont été orientés par la Stratégie d’engagement mondial (SEM) du ministère de la Défense qui vise à mettre l’accent sur les activités de diplomatie militaire du Canada et d’en assurer la cohérence, en offrant une orientation stratégique au sein de l’Équipe de la Défense. La SEM et ses directives connexes divisent le monde en régions, au sein desquelles se trouvent des secteurs d’intérêt (des pays comme des institutions) auxquels sont attribués une priorité d’engagement.

Parmi les outils d’engagement à la disposition de la MRC figurent les visites de haut niveau, les pourparlers entre marines, les exercices, les visites portuaires, les affectations de personnel à l’extérieur du Canada et les échanges en matière de formation.

« Les visites portuaires sont probablement l’outil d’engagement le plus visible de l’extérieur. Un navire de guerre dans un port étranger sert de « terrain à domicile » pour la tenue d’activités telles que les réceptions officielles, les réunions bilatérales et les expositions de l’industrie », affirme le capitaine de frégate Mike Cope, de la Direction de la Stratégie navale à Ottawa.

Selon le Capf Cope, le développement de ces relations produit un effet stratégique et assure le leadership du gouvernement canadien à l’étranger. « Chaque déploiement de navire de guerre et chaque exercice multinational – en fait, chaque contact entre marines – crée une possibilité de développement, de diplomatie et de renforcement des capacités en appui aux objectifs stratégiques du gouvernement. »

Les forces maritimes offrent au gouvernement des moyens militaires uniques et efficaces lui permettant de projeter constamment son influence et son leadership. Ces mêmes attributs durables des forces maritimes, qui fournissent aux gouvernements un large éventail d’options diplomatiques pour prévenir ou contenir les conflits, en font aussi l’instrument idéal de la diplomatie du pays.

« Du point de vue opérationnel, le fait de développer des relations avec ces pays avec lesquels nous menons habituellement des activités maritimes nous permet de demeurer interopérables et d’être capables de communiquer librement », ajoute le Capf Cope.

À l’heure actuelle, les efforts d’engagement diplomatique de la MRC couvrent un large éventail de pays, notamment des alliés comme les États-Unis et l’Australie et des partenaires comme le Chili ainsi que des pays d’intérêt comme la Chine, avec lequel les Forces armées canadiennes (FAC) établissement désormais un dialogue sur la coordination de la défense.

« Les relations élargies avec la marine chilienne sont d’un intérêt particulier. Nos navires ont collaboré dans le cadre de l’exercice RIMPAC 2012 et des pourparlers entre marines ont eu lieu au cours de la dernière année », indique le Capf Cope.

Il explique qu’en 2012, la MRC a envoyé une équipe au Chili dans le but d’offrir aux opérateurs une instruction technique sur les systèmes d’armes et de capteurs courants du navire, et qu’elle en fera autant cette année. De façon similaire, depuis 2012, dans le cadre du programme Regulus, des officiers subalternes de la MRC ont séjourné à bord de navires chiliens afin de maintenir leurs compétences lors du programme de modernisation de la classe Halifax. Deux groupes de six officiers ont achevé leur déploiement, et celui du troisième groupe est actuellement en cours.

De même, la marine chilienne a envoyé des officiers subalternes au Centre d’instruction des officiers de marine de la MRC pour de la formation et de l’entraînement dans ses navires-écoles.

« Dans un avenir rapproché, nos deux marines concluront un partenariat pour le renforcement des capacités au Guatemala, afin d’aider la petite flotte de ce pays à mieux contribuer à la lutte contre les organisations criminelles transnationales et le trafic de stupéfiants. Pour l’exercice RIMPAC de l’année prochaine, la MRC assumera les fonctions de commandant de la composante maritime de la force multinationale, et la marine chilienne celles de commandant adjoint », mentionne le Capf Cope.

Il explique que même si le NORAD et l’OTAN demeureront à l’avant-garde des efforts de mobilisation, le MDN et les FAC sont déterminés à favoriser la croissance des relations de défense dans les Amériques ainsi que le développement de nouvelles relations de défense dans la région Asie-Pacifique.

Ainsi, lorsqu’un navire de guerre de la MRC entre dans un port – que ce soit à Koweït City, à Valparaiso, à Sydney ou à Boston – il apporte avec lui la capacité profonde de générer la bonne volonté sur laquelle repose la confiance entre les nations.

« Le dialogue établi grâce à la diplomatie militaire peut   avoir une incidence directe sur la paix et la stabilité internationales », affirme le Capf Cope.

À cette fin, les efforts déployés par la MRC pour faire avancer la diplomatie militaire constituent un outil utile à l’atteinte des objectifs de politique étrangère du gouvernement.