Échange d’équipage inhabituel sur le NCSM Toronto dans la mer d'Oman

La Vigie - Automne 2013 / Le 4 novembre 2013

Par Darlene Blakeley

Le navire est resté, mais les membres de son équipage sont revenus au Canada.

Dans un scénario qui ne se produit que rarement, l’équipage du NCSM Toronto a quitté la région de la mer d'Oman pour regagner le Canada en juillet, à la fin de son déploiement de six mois, laissant derrière lui la frégate qui devait accueillir un nouvel équipage.

Le Toronto a été déployé depuis janvier 2013 pour appuyer la Force opérationnelle multinationale 150 et contribuer aux missions de sécurité maritime et aux efforts de lutte contre le terrorisme dans le cadre de l’opération Artemis.

Le remplacement d’un équipage de 250 personnes, appelé « relève sur position » par la Marine royale canadienne (MRC), a eu lieu en juillet lorsque les membres d’équipage du NCSM St. John’s ont quitté leur port d’attache d’Halifax pour se rendre à Koweït. À cette occasion, le Capf David Bowen a pris le commandement du navire en remplacement du Capf Jeff Hamilton.

Lors de la première rotation de sa mission en mer avec ses partenaires et alliés, le Toronto a effectué des opérations de sécurité maritime dans la mer d'Oman, le golfe d'Oman, le golfe d'Aden, le sud de la mer Rouge et l’océan Indien, une zone qui englobe quelques-unes des routes maritimes les plus importantes du monde. Cette mission se poursuit avec le nouvel équipage.

« Effectuer un remplacement d’équipage au moyen de la relève sur position plutôt que de procéder à un remplacement de navire était la méthode la plus efficace et la plus économique d’appuyer les opérations maritimes dans la mer d'Oman », affirme le Capv Rich Feltham, commandant du 5e Groupe des opérations maritimes à Halifax.

Il fait remarquer que plusieurs frégates de la classe Halifax participent à un programme de modernisation, entraînant ainsi une réduction temporaire du nombre de navires disponibles pour les déploiements à l’étranger. « De nombreux navires sont déjà affectés à d’autres opérations ou subissent des travaux de maintenance courants ou de carénage. Nous faisons toutefois preuve de souplesse et d’adaptation, et sommes en mesure de continuer à contribuer au maintien de la sécurité maritime dans la région malgré les difficultés. C’est un exemple d’expérience réussie », dit-il.

La mise en œuvre de la relève sur position exige la collaboration des Forces maritimes de l'Atlantique à Halifax et du quartier général du Commandement des opérations interarmées à Ottawa. « Les planificateurs ont conçu et exécuté la relève sur position, en tirant profit des leçons des opérations maritimes interarmées antérieures. Celle-ci a nécessité plusieurs allers-retours entre Halifax et le théâtre des opérations, faisant appel aux ressources aériennes et aux capacités de transport aérien stratégique des Forces armées canadiennes nécessaires pour effectuer l’échange d’équipage, remplacer l'hélicoptère embarqué CH124 Sea King et réapprovisionner le navire », indique le Capv Feltham.

Pour les marins et le personnel navigant, le retour au Canada par avion était une expérience très différente de celle du retour au pays à bord de leur navire. Et ce fut une expérience semblable pour les personnes déployées.

« Les marins ont toujours été désireux de servir leur pays et même si leur itinéraire était un peu différent de l’itinéraire habituel, cela n’a pas changé leur désir primordial de servir », dit le Capv Feltham.

Les vols en provenance et à destination du théâtre des opérations signifiaient également que les rituels de départ et d'arrivée que les familles effectuent sur le quai n’ont pas eu lieu. Cependant, le Centre de ressources pour les familles des militaires d'Halifax a travaillé en étroite collaboration avec les planificateurs afin que les familles puissent accueillir les vols d’arrivée et dire au revoir aux vols de départ.

Le Capv Feltham dit que les familles des membres du nouvel équipage ne se sont pas laissé décourager par la façon dont le nouvel équipage est entré dans le théâtre d’opérations : « Le solide soutien des familles a longtemps caractérisé notre communauté navale. À vrai dire, elles ont peu songé aux modalités d’arrivée et de départ. »

En plus du nouvel équipage, le Toronto a dû recevoir la visite de 37 techniciens de l’Installation de maintenance de la flotte (IMF) Cape Scott pendant qu’il se trouvait à quai à Koweït. Après une longue période de service, les navires ont besoin d’un entretien courant pour régler les défectuosités et autres problèmes mécaniques, avant de reprendre leurs activités. Ces travaux de maintenance ne peuvent pas se faire en mer. L’IMF Cape Scott à Halifax appuie les opérations de la flotte de l’Atlantique et est responsable de la maintenance des navires et du soutien au génie maritime.

Même si le recours aux relèves sur position ne constitue pas une pratique courante pour assurer la rotation de son personnel afin de soutenir les opérations, la MRC les a utilisées à l’occasion. En janvier 1991, une relève sur place a eu lieu dans le golfe Persique en vue de remplacer l'équipage du NCSM Protecteur par celui du NCSM Preserver dans le cadre de l'opération Friction qui visait l'application des sanctions des Nations Unies contre l'Iraq. Plus récemment, une relève sur position a été réalisée entre les NCSM Goose Bay et Summerside dans le cadre de l’opération Nanook 2011 dans le Nord du Canada.

Le retour au Canada du Toronto et de son équipage est prévu au début de l'année prochaine.