L’opération CARIBBE pendant la COVID-19

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Nouvelles de la Marine / Le 27 novembre 2020

Par Lieutenant Sheila Tham

Le lieutenant (Lt) Sheila Tham est un officier des affaires publiques qui a passé les cinq années de sa carrière entre l’Aviation royale canadienne (ARC) et l’Armée canadienne (AC). Croyant que ce déploiement avec la Marine royale canadienne (MRC) dans le cadre de l’opération CARIBBE compléterait son expérience professionnelle, elle a documenté les premières impressions suivantes sur la navigation et la réalité des voyages opérationnels pendant la COVID-19.

Le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Summerside a quitté Halifax le 26 octobre 2020 pour se rendre dans la mer des Caraïbes dans le cadre de l’opération CARIBBE, qui est la participation du Canada aux opérations antidrogues renforcées menées par les États-Unis dans la mer des Caraïbes et l’est de l’océan Pacifique. Le Canada tient souvent plusieurs fois l’opération CARIBBE au cours d’une année. Les NCSM Nanaimo et Whitehorse ont participé au déploiement précédent dans le cadre de cette opération au début de l’année.

Le 18 mars 2020, le commandement de la composante maritime a ordonné que les NCSM Nanaimo et Whitehorse cessent leurs activités dans le cadre de l’opération CARIBBE et reviennent au Canada plus tôt que prévu en raison de la propagation mondiale de la COVID-19. Le déploiement actuel du NCSM Summerside, qui a quitté Halifax le 26 octobre 2020, est la première opération CARIBBE depuis, et s’est accompagné d’une multitude de nouvelles considérations et précautions pour assurer la sécurité du personnel.

Les membres de l’équipage du Summerside ont dû se conformer à des mesures d’auto-isolement avant de partir en mer et subir un test de dépistage de la COVID-19 avant le départ. Les mêmes conditions ont été imposées aux membres du Law Enforcement Detachment (LEDET) de la United States Coast Guard (USCG) qui ont été embarqués à bord du navire en cours de route, à Miami. En raison des précautions prises avant le départ, les membres de l’équipage n’étaient pas tenus de porter un masque en mer ou de respecter les mesures d’éloignement physique.

Normalement, les marins pourraient prendre un peu de temps libre dans les villes portuaires pour explorer les lieux; cependant, cela n’a pas été possible en raison de la pandémie. Le fait de rester à bord du navire a favorisé un esprit de camaraderie au sein de l’équipage, car nous devions socialiser les uns avec les autres au lieu d’aller chacun de notre côté dans une ville portuaire. Il était toutefois évident que de nombreux membres de l’équipage avaient l’impression de manquer quelque chose en étant si près de la civilisation et pourtant si loin.

C’est dans le cadre du ravitaillement que nous avons été le plus près de nous mêler à la population locale. Seuls l’adjoint au médecin, le commandant en second et le chef cuisinier étaient autorisés à aller sur la jetée pour examiner les approvisionnements qui arrivaient. Ils portaient des masques et des gants non médicaux et devaient laver leurs bottes et utiliser du désinfectant pour les mains avant de retourner au navire. Le reste du personnel disponible s’est rassemblé à un poste de désinfection au gaillard d’avant du navire en portant des gants. Le personnel qui formait une chaîne à la coupée portait des masques et des gants non médicaux pour passer les paquets aux membres de l’équipage au gaillard d’avant. Chaque paquet transmis avait une instruction à respecter (nettoyer la boîte, laisser sur le gaillard d’avant, essuyer chaque paquet, jeter la boîte) qui était répétée lorsque chaque personne passait le paquet à la suivante. Une fois le navire réapprovisionné, il était considéré comme sécuritaire, et la plupart des membres de l’équipage pouvaient se détendre.

Garder le moral

Étant donné que nous n’avons pas été autorisés à quitter le navire à Miami pour notre première visite portuaire du déploiement, ou pour toute autre visite future, le capitaine du navire a organisé une activité de coucher de soleil à l’arrière du navire, appelé le pont de dragage, où l’équipage a observé les habitants de Miami sur des motomarines et des yachts. Quelques bateaux festifs sont passés et faisaient jouer de la musique très forte. C’était la nuit d’Halloween, et nous avons organisé notre propre fête costumée et encouragé les personnes assez braves et créatives pour se déguiser. Il y a même eu une version modifiée de la distribution des friandises, car certains membres de l’équipage avaient des sacs de bonbons et de chocolats à donner.

Après deux jours à quai, l’équipage était reposé et prêt à naviguer vers la mer des Caraïbes en vue des opérations et à travailler avec les membres du LEDET USCG qui se trouvaient maintenant à bord. Le temps passé à quai a été différent de la normale, c’est ce que j’ai entendu dire, en tout cas. L’opération CARIBBE est mon premier déploiement en mer avec la MRC, et Miami a été mon premier port de visite. Malgré la déception de ne pas pouvoir visiter la ville, je n’ai pas entendu une seule plainte pendant que nous naviguions. En fait, un membre de l’équipage m’a dit que cette escale était meilleure parce que nous avons tous pu passer du temps ensemble, apprendre à mieux nous connaître et créer une certaine cohésion d’équipe. Je vous ferai part de ce qu’ils pensent après quelques semaines supplémentaires en mer!

L’opération CARIBBE est la participation du Canada aux opérations antidrogues renforcées des États-Unis dirigées par la Joint Interagency Task Force South (JIATFS) des États-Unis. L’objectif est de mener des opérations internationales de détection, de surveillance et d’interdiction du trafic illicite dans la mer des Caraïbes et au large de la côte Pacifique de l’Amérique centrale. Pour ce faire, les navires canadiens embarquent des membres du Law Enforcement Detachment (LEDET) de la United States Coast Guard (USCG). La synchronisation des capacités entre la MRC et la USCG permet de mieux réussir à réduire le trafic de drogue et de renforcer l’interopérabilité internationale.

 Le Canada tient l’opération CARIBBE depuis 2006, et les Forces armées canadiennes ont contribué à la perturbation des activités illicites ou à la saisie d’environ 105 tonnes métriques de cocaïne et de plus de 6,7 tonnes de marijuana.