La Journée du Niobe : un temps de réflexion sur l’histoire et le patrimoine maritime

Nouvelles de la Marine / Le 22 octobre 2015

La grande majorité du commerce canadien dépend des routes maritimes du monde. Le Canada possède le plus long littoral de la terre longeant trois océans, il est donc, sans aucun doute, une nation maritime et la Marine royale canadienne lui est essentielle. Ces circonstances géographiques et économiques sont très importantes pour les canadiens, mais la passion et la fierté du pays se retrouvent plus clairement au sein des récits et des artéfacts de leur patrimoine maritime.

Cette année, un artéfact historique fut présenté durant un événement de commémoration de la journée du Niobe. Celle-ci marque l’arrivée du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Niobe au port d’Halifax le 21 octobre 1910, le premier navire de guerre canadien ayant entré dans les eaux territoriales du Canada. C’est une étape importante des débuts du service naval au Canada. Le 21 octobre de chaque année les marins d’aujourd’hui méditent avec fierté sur les accomplissements de leur MRC depuis ses premiers jours et à ce que représente d’être membre de la profession des armes.

Un portrait et encadrement centenaire rare mettant en vedette le matelot Walter « Lofty » Williams, un des premiers membres de l’équipage du NCSM Niobe, fut cédé par les descendants du matelot Williams à la MRC pour la collection du Musée du commandement maritime à Halifax pendant un événement au NCSM Bytown à Ottawa le 16 octobre 2015.

Cet objet historique et précieux, présenté par des membres des familles Williams, Beaulieu et Blondin, démontre « Lofty » vêtu de l’uniforme de combat naval de l’époque. Les documents de service du matelot Williams contiennent peu d’information sur sa carrière navale. On soupçonne qu’il était espiègle à ses heures; par contre, il est clair qu’il s’est enrôlé par la suite au sein du Corps expéditionnaire canadien de la Grande guerre. Il a participé à la bataille de la crête de Vimy et plus tard, s’est battu et a souffert d’une attaque au gaz pendant la deuxième bataille d’Ypres.

Maintenant, plus d’un siècle plus tard, l’arrière-petit-fils de Lofty, le maître de deuxième classe (M 2) Ryan Blondin est un manœuvrier dans la MRC. Il n’était pas disponible pour la présentation, car il était au large de l’Écosse à bord du NCSM Montréal. Le marin, âgé de 30 ans et portant le nom de son ancêtre, a évidemment de l’eau de mer dans les veines.

En plus de son arrière-grand-père, le M 2 Blondin compte son grand-père maternel, Léo Beaulieu, qui a servi au sein de la MRC dans les années suivantes de la Deuxième guerre mondiale, et son père, le capitaine de corvette Alain Blondin, ancien sous-marinier et présentement de service au sein de l’État-major de la MRC à Ottawa. Suivant l’exemple de Lofty, le service militaire de la famille Blondin fait partie d’un fier patrimoine qui va au-delà du service en mer. Yvan, le frère du M 2 Blondin, est un technicien au sein de la branche des communications de l’Armée canadienne. De plus, son frère, sa mère et son père sont tous des vétérans de la guerre en Afghanistan.

Cette année, la MRC a eu la bonne fortune de découvrir davantage son héritage historique tout en fixant son regard vers le futur. Cinq des futurs navires de patrouille extracôtiers et de l’arctique (NPEA), furent nommés d’après des héros navals canadiens. La famille de l’un d’eux avait aussi un objet précieux de valeur historique.

Le cinquième NPEA portera le nom du lieutenant Fréderick Rolette, commandant du brigantin General Hunter et héro naval de la guerre de 1812. Le sabre du Lt Rolette fut préservé par ses descendants jusqu’à ce jour et présenté durant une cérémonie spéciale pour annoncer le NCSM Frédérick Rolette qui a eu lieu à Québec le 16 juillet dernier. Le sabre est un legs parfait qui représente bien le marin passionné qui s’acharna d’assurer la souveraineté de son jeune pays.

Le nom du lieutenant Rolette figure pourtant à plusieurs reprises dans les dépêches d'officiers supérieurs pendant la guerre de 1812. Le major-général Isaac Brock a écrit : « Je vous ai observé en action. Vous rugissiez comme un vrai lion... je vais me souvenir de vous ». Lorsqu'il a été blessé durant la bataille de la rivière Raisin, Rolette a refusé obstinément de quitter le champ de bataille. « On m'a confié cette arme, et ce serait pour moi un grand déshonneur si je devais l’abandonner ».

C’est ce patrimoine de service et de professionnalisme qui a inspiré et continue d’inspirer des générations de femmes et d’hommes à faire le nécessaire et poursuivre l’excellence en mer et sur terre.