La Marine effectue des essais avec des capacités sans équipage en mer

Nouvelles de la Marine / Le 28 novembre 2016

par le capitaine de frégate Simon Nadeau

La Marine royale canadienne s’intéresse activement, de façon expérimentale et limitée, à nombre de capacités technologiques dans chacun des trois domaines maritimes, aériens, de surface et sous-marins.

Avec l’évolution des technologies, La Marine s’attend à ce qu’on ait graduellement recours à des véhicules téléguidés ou des véhicules sans pilote dans l’ensemble de ces trois domaines maritimes. Les véhicules sans pilote seront bien adaptés à un éventail de tâches et permettront aux commandants d’avoir une meilleure connaissance de la situation et de contribuer éventuellement à l’expansion des zones de responsabilité assignées. On prévoit que les systèmes sans pilote formeront aussi un élément essentiel de la multitude de moyens de renseignement, de reconnaissance et de surveillance et possiblement de ressources navales d’appui-feu d’une force interarmées, effectuant des missions dans des milieux à haut risque, assurant le tir d’armes de précision et évaluant le combat après l’attaque.

Les systèmes sans pilote ont le potentiel d’avoir un effet positif sur les futures opérations maritimes. Ils peuvent accroître à la fois la capacité de survie et le pouvoir vulnérant de nos forces en augmentant les distances de détection, de communication et d’engagement.

Par le passé, Marine a eu recours, dans le domaine sous-marin, à toutes sortes de systèmes, des sonars à balayage latéral aux véhicules téléguidés, et elle continue de participer activement à l’élaboration de ces technologies. Dans les années 1990, la Marine a aussi joué un rôle actif dans la mise au point de cibles de surface contrôlées à distance, et aujourd’hui l’industrie canadienne récolte les fruits de ces investissements.

Au cours des dernières années, la Marine a connu un grand succès dans l’utilisation d’un véhicule aérien sans pilote à bord des frégates de la classe Halifax déployées, et ce, grâce à des contrats conclus par les Forces armées canadiennes en appui à nos soldats en Afghanistan. De 2012 à 2014, la capacité combinée de renseignement, de surveillance et de reconnaissance à bord des frégates, ainsi que les systèmes d’aéronef sans pilote (UAS) embarqués, ont permis à la Marine de jouer un rôle de premier plan dans l’opération ARTEMIS, soit la participation des FAC aux opérations de lutte contre le terrorisme et de sécurité maritime dans le golfe d’Aden et l’océan Indien.

Grâce à la désignation approximative des objectifs, à la détection, à la surveillance et aux comptes rendus effectués au moyen de l’UAS embarqué Scan Eagle, plus de neuf tonnes métriques de drogues illicites ont été interceptées par les Navires canadiens de Sa Majesté (NCSM) Charlottetown, Toronto et Regina durant la mission. L’UAS s’est révélé un prolongement extrêmement polyvalent et important des capteurs du navire et de son aéronef embarqué.

Il a permis aussi à la Marine à tirer de précieuses leçons sur l’emploi de cette capacité, sur son intégration dans l’espace de bataille maritime et en zone littorale, et sur son fonctionnement avec un hélicoptère maritime embarqué. Il constitue un important multiplicateur de force pour un seul navire ou une force opérationnelle navale.

Sous la direction de la Marine, le directeur des besoins de la Marine entreprend plusieurs projets dont le but est de doter les navires en mer d’une capacité de combat complémentaire en assurant une certaine autonomie entre les systèmes sans pilote, persistance et adaptabilité, en vue d’accroître la surviabilité du navire et de procurer aux commandants en mer un avantage tactique pertinent sur le plan stratégique dans toute la gamme des opérations.

Démonstration de la capacité UAV

Sur la scène internationale, en octobre 2016, la Marine a observé l’exercice UNMANNED WARRIOR 2016, qui s’est déroulé sur l’île de Benbecula, en Écosse, sous la direction de la Royal Navy. Il s’agit d’une démonstration à grande échelle de systèmes maritimes autonomes, dont des véhicules et des capteurs sans pilote aériens, de surface et sous-marins, dans un milieu représentatif sur le plan tactique.

Conformément à l’orientation concernant l’innovation et les exportations dans le secteur de défense figurant dans le Strategic Defence and Security Review, la Royal Navy a invité l’industrie, les universités et certains partenaires de défense à faire l’essai de manière sécuritaire des possibilités qu’offrent les systèmes maritimes autonomes en vue d’étudier la faisabilité et la maturité des systèmes autonomes en tant que capacité maritime.

Plus récemment encore, le 25 octobre 2016, en partenariat avec MDA System Ltd et AeroVironment Inc., le directeur des besoins de la Marine a procédé à une démonstration de la capacité à bord du NCSM Summerside où l'UAV RQ-20 Puma d’AeroVironment a été évalué. Malgré un temps plutôt défavorable, la démonstration a été un grand succès et l’équipe a été en mesure de démontrer le lancement et la récupération depuis une frégate de la classe Kingston, le redéploiement rapide de l’UAV et l’imagerie électro-optique et infrarouge au-delà de l’horizon visuel tout en maintenant le caractère secret du navire. En effectuant la démonstration dans un milieu maritime réel, la Marine a mieux compris les avantages et les applications possibles de cette technologie relativement nouvelle pour les futures missions.

Les initiatives actuelles concernant les systèmes sans pilote

Le Système télécommandé de chasse aux mines et de déminage sera une capacité modulaire à distance de lutte contre les mines marines conçu pour soutenir toute la gamme des opérations de chasse aux mines marines et pour contribuer à la connaissance de la situation sous-marine. L’estimation préliminaire des coûts se situe entre 20 et 40 millions de dollars.

L’UAS ISTAR de la Marine sera une capacité de renseignement, de surveillance, d’acquisition d’objectifs et de reconnaissance (ISTAR) transhorizon, embarquée, complémentaire, persistante et fonctionnant en temps quasi réel qui renforcera les moyens d’auto-défense des navires de Sa Majesté déployés et qui procurera un avantage tactique pertinent sur le plan stratégique aux commandants en mer dans toute la gamme des opérations. L’estimation préliminaire des coûts se situe entre 100 et 249 millions de dollars.