La Marine ne perd pas la cible de vue

La Vigie - Automne 2013 / Le 4 novembre 2013

Par Shawn O’Hara

En temps de paix, il est important pour la Marine royale canadienne (MRC) de veiller à ce que les marins possèdent des compétences perfectionnées et qu’ils soient prêts au combat. La théorie et la technique sont bien sûr des aspects importants, mais quand il s’agit de l’entraînement au tir, rien ne se compare au tir réel sur un objectif physique.

La Marine a mis au point des gadgets de haute technologie qui sont gérés par la cellule des cibles des Forces maritimes du Pacifique. À partir d’une modeste installation qui ne compte qu’un seul bureau à la BFC Esquimalt (C.-B.) les trois techniciens, de marine ou civil, de cette section fournissent une variété de cibles marines et de cibles aériennes télécommandées. En grande partie conçues pour être détruites en ouvrant le feu sur elles, les cibles permettent d’offrir aux équipages des navires un entraînement fort réaliste.

« Lorsque vous pouvez viser un objectif concret et constater l’efficacité de vos armes, l’instruction devient beaucoup plus réelle, mentionne le premier maître de 2e classe Chris Preston, gestionnaire de la cellule des cibles. Autrefois, les navires lançaient tout ce qui pouvait flotter par-dessus bord et tiraient dans cette direction. De toute évidence, cette méthode est beaucoup plus efficace. »

La cible la plus courante est le Hammerhead. Cette embarcation rapide en fibre de verre faisant 17 pieds peut atteindre 36 nœuds par mer calme et peut être équipée de divers accessoires, dont un réflecteur radar qui permet à la signature du navire d’imiter toutes sortes de navires de guerre.

« Le fait d’avoir une cible mobile qui peut sembler beaucoup plus grande sur les capteurs permet aux opérateurs de se pratiquer à suivre des navires de diverses tailles, explique le Pm 2 Preston. C’est une question de polyvalence, et le Hammerhead est un outil incroyablement polyvalent. »

De 50 à 70 cibles marines et cibles aériennes installées sur des rangées de supports de métal sous une grande tente de type chapiteau de cirque sont entreposées à l’installation de la cellule des cibles.

Comme la demande de cibles destructibles augmente, le nombre de cibles entreposées varie et la section peut passer jusqu’à 25 cibles par année dans le cadre de ses efforts pour s’assurer que l’équipage d’un navire acquiert les compétences requises et soit prêt au combat.

« Il faut consacrer beaucoup de temps, d’argent et de ressources aux activités de préparation d’un navire et de son équipage pour un déploiement, dit le Pm 2 Preston. Vous voulez être certain que votre investissement peut vous permettre d’obtenir les résultats escomptés. C’est exactement ce que ces cibles vous permettent de faire. »

Au nombre des autres cibles, mentionnons le Barracuda, une embarcation pneumatique à coque rigide qui est commandée à distance. Bien que le Barracuda n’aie pas été conçu pour être détruit, il peut remorquer des cibles de plastique à haute vitesse connues sous le nom HSITT, qui coûtent moins cher et qui sont plus polyvalentes.

On trouve également les cibles aériennes Vindicator II et DT. Ces cibles aériennes récupérables munies de parachute représentent une menace en soi au cours de l’entraînement, mais l’une des versions de la cible DT peut également être chargée d’un missile d’exercice non explosif pour ajouter à la menace.

« Les cibles aériennes représentent une menace bien réelle que les forces armées doivent être prêtes à affronter, dit le Pm 2 Preston. Grâce aux cibles aériennes Vindicator et DT, l’équipage peut bénéficier d’un niveau d’instruction qui serait autrement difficile à reproduire. »

Bien que les cibles soient manœuvrables partout sur la planète, avec le matériel GPS de relais approprié, les cibles de surface sont manœuvrées par des membres de l’équipage spécialement formés, et les cibles aériennes sont commandées par des pilotes certifiés par Transports Canada. Le processus pour devenir un opérateur de cibles marines est assez simple, il suffit de réussir un cours de sept jours, soit trois jours de formation théorique et quatre jours de formation pratique.

« Idéalement, nous aimerions que les aspirants opérateurs qui suivent cette formation connaissent les exigences d’un exercice de tirs d’artillerie ou du lancement de missiles, dit le Pm 2 Preston. Ils sauront alors quelle est la meilleure position pour placer les cibles puisqu’ils connaissent les capacités des systèmes d’armes et savent comment tirer le meilleur parti possible de l’instruction. »

Pour piloter un Vindicator II ou d’autres cibles aériennes, l’opérateur doit être un pilote certifié de Transports Canada, de sorte qu’il puisse s’assurer de la sécurité lorsque les cibles sont dans les airs. Il est fréquent que des navires de la MRC apportent des cibles lors d’un déploiement. Selon le Pm 2 Preston, le NCSM Ottawa tient particulièrement à le faire, entreposant jusqu’à quatre cibles Hammerhead sur les ponts supérieurs chaque fois qu’il quitte le port.

« Elles sont largement utilisées et il vaut la peine de s’en servir dans le cadre d’un entraînement. »

Les cibles sont également populaires auprès d’autres pays. Au cours du dernier exercice RIMPAC, les navires de la MRC ont apporté un certain nombre de cibles supplémentaires pour les aider alors qu’ils s’entraînaient avec d’autres marines. Les forces maritimes de pays alliés, comme les États-Unis et la Russie, ont fait montre d’un grand enthousiasme à l’égard des cibles destructibles.

Le Pm 2 Preston et son équipe sont fiers du travail qu’ils accomplissent : « Nous aidons les membres de la MRC à obtenir la formation dont ils ont besoin pour rester vigilants et efficaces ».