La Marine renforce sa politique sur la protection des baleines

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Nouvelles de la Marine / Le 24 octobre 2017

Par Peter Mallett

Lorsque la Marine royale canadienne (MRC) a montré récemment aux médias locaux sa Stratégie d’atténuation des risques pour les mammifères marins sur le champ de tir de destruction de l’île Bentinck près de Victoria, elle n’avait pas prévu que des baleines s’inviteraient à la démonstration.

Pendant que les représentants des médias regardaient le personnel de la Marine préparer les charges de destruction pour la démonstration, ils ont été avisés de la présence d’un groupe d’épaulards et d’un groupe de baleines à fanons par les sentinelles sur l’eau qui ont pour tâche de repérer la faune marine près de l’île.

« La présence d’un aussi grand nombre de baleines a été une surprise, mais cela a aussi permis de montrer l’efficacité de nos procédures en situation réelle parce que les baleines fréquentent régulièrement ce secteur », selon Duane Freeman, agent supérieur de l’environnement au bureau de sécurité et de l’environnement de la Formation de la MRC. « Nous avons dû retarder notre démonstration, et dans le pire des scénarios si elles étaient demeurées dans le secteur, nous n’aurions tout simplement pas fait de démonstration ».

L’activité visait à montrer aux médias locaux ce qui se passe sur un champ de tir de destruction et les mesures que prennent les militaires pour atténuer tous les effets nocifs sur la faune marine environnante.

Parmi les règlements visant les activités sur la propriété, située au coin nord-ouest du dépôt de munitions de Rocky Point, mentionnons la diminution de la quantité d’explosifs utilisés pour les détonations, une politique sur les explosifs plus restrictive lorsqu’il y a présence de baleines dans le secteur, et un agrandissement des zones de sécurité.

La démonstration et le renforcement de la politique s’inscrivent dans la foulée des préoccupations soulevées par la Pacific Whale Watching Association et les exploitants de bateaux d’excursion en août 2017, selon lesquelles l’utilisation d’explosifs affectait un groupe d’épaulards à proximité.

Une réunion récente entre la BFC Esquimalt (C.-B.) et l’association d’observation des baleines a donné lieu à des améliorations convenues, notamment une interruption de la formation sur les explosifs lorsque des mammifères marins sont signalés dans un rayon de deux kilomètres du lieu de détonation; une augmentation d’un kilomètre de ce rayon; une limitation des explosifs utilisés de 2,25 kg à 1,13 kg; une surveillance accrue du secteur environnant par les sentinelles de la Marine postées sur l’eau, et de meilleures communications entre les sentinelles, les bateaux d’observation de baleines et l’officier de sécurité du champ de tir lorsque des baleines sont repérées.

M. Freeman affirme que les nouvelles mesures renforcent les consignes de sécurité, et qu’elles sont conçues pour réduire la probabilité de blessures par des explosions aux baleines et autres mammifères marins.

« Selon des études scientifiques, nous savons que les ondes sonores des explosions sur la terre ne se propagent pas dans l’eau, mais ce que nous avons fait c’est d’agrandir notre zone de sécurité, plus particulièrement quand nous voyons des baleines au large », dit-il. « Ce qu’il faut retenir de la révision de nos politiques, c’est d’assurer la viabilité du champ de tir ainsi que de l’environnement et de l’écosystème immédiats, de sorte que la Marine puisse poursuivre ses activités d’instruction ».

Le champ de tir de destruction de l’île Bentinck est utilisé depuis 1953, et il est situé près de la réserve écologique provinciale Race Rocks, qui a été désignée en 1980 comme une aire marine protégée de compétence fédérale.

Article reproduit avec la permission du journal Lookout