Le capitaine de frégate Tessier commandera le deuxième navire de patrouille de l’Arctique

Nouvelles de la Marine / Le 23 février 2017

Par Peter Mallett

Quelques jours avant le congé de Noël, le capitaine de frégate Michele Tessier a reçu une offre de commandement inouïe.

Lors d’une réunion avec le commodore Jeff Zwick, commandant de la Flotte canadienne du Pacifique, on lui a proposé de devenir capitaine du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Margaret Brooke, deuxième navire de patrouille extracôtier de l’Arctique (NPEA) de la classe Harry DeWolf.

« Cette nouvelle m’a renversée; j’étais très émue, déclare-t-elle. C’est tout un honneur d’obtenir un poste de commandement en mer, alors un deuxième est doublement extraordinaire. »

Après avoir commandé le NCSM Nanaimo de 2010 à 2013, le Capf Tessier considérait qu’il s’agissait du summum de sa carrière.

Le NCSM Margaret Brooke est en cours de construction au chantier naval Irving Shipbuilding à Halifax. Les navires de cette nouvelle classe portent le nom de héros de la Marine canadienne. Le capitaine de corvette Margaret Brooke était infirmière militaire pendant la Deuxième Guerre mondiale. C’est la première fois qu’un navire de la MRC est baptisé en l’honneur d’une Canadienne toujours vivante. (Le Capc Brooke est décédée en 2016, à l’âge de 100 ans, après l’annonce.)

La livraison des NPEA doit commencer en 2018. Le Capf Tessier entrera en fonctions cet été-là pour se préparer au commandement du navire.

Sa nomination a été décrétée par le Comité de planification de la relève de la Marine, composé de dirigeants supérieurs de la MRC chargés de pourvoir les postes de commandement opérationnel.

Diplômée du programme de littérature anglaise de l’Université Memorial, le Capf Tessier a grandi à Grand Bank, à Terre-Neuve-et-Labrador. La petite-fille d’un capitaine de chalutier affirme que l’eau salée coule dans ses veines.

Le Capf Tessier s’est enrôlée dans la Réserve navale en 1996, à bord du NCSM Cabot de St. John’s et a suivi l’instruction de base d’officier à la défunte École des aspirants‑officiers des Forces canadiennes de Chilliwack, en Colombie-Britannique. Son cheminement professionnel remarquable comprend entre autres le poste de commandant du NCSM Griffon de la division de la Réserve navale à Thunder Bay, et son poste actuel de commandant des Forces côtières du Pacifique.

Les nouveaux NPEA aideront à protéger la souveraineté du Canada dans l’Arctique, le Pacifique et l’Atlantique grâce à leur capacité de surveillance et de réaction armée en mer dans la zone économique exclusive du pays.

« Je suis particulièrement enthousiasmée par l’idée de partir de zéro avec un navire d’une nouvelle classe, plus grand que ceux de la classe Kingston et plus lourd que les frégates de la classe Halifax »

Les navires de 103 mètres, propulsés par des moteurs diésel électriques, auront un équipage de 65 marins. Ils pourront recevoir des hélicoptères et seront dotés d’une coque brise-glace de classe polaire 5+ équipée de propulseurs d’étrave leur permettant de manœuvrer ou d’accoster sans l’aide de remorqueurs et de naviguer dans de la glace moyenne de première année pouvant atteindre un mètre d’épaisseur. Ils posséderont en outre un système de navigation moderne, un canon de 25 mm automatisé commandé à distance, ains qu’une vaste baie de véhicules pouvant contenir camionnettes, VTT et motoneiges.

Afin de perfectionner leur compréhension des conditions dans le Grand Nord, le Capf Tessier et le Capf Corey Gleason, commandant du NCSM Harry DeWolf, se joindront à la Garde côtière canadienne dans l’Arctique cet été, puis encore une fois en 2018, pour s’entraîner à la navigation et aux opérations dans l’Arctique. Les cours porteront notamment sur le climat propre à l’Arctique, les courants et la façon de manœuvrer un navire dans les eaux obstruées par la glace.

« La navigation en Alaska m’a donné une formation et une expérience très rudimentaires de navigation dans la glace; la MRC ne possède pas beaucoup d’expertise dans l’Arctique, souligne le Capf Tessier. C’est un peu intimidant parce que j’ai tant de choses à apprendre; sur l’Arctique, certes, mais également sur les autres éléments connexes. J’ai bien hâte de monter à bord avec le Capf Gleason en 2018 pour me familiariser avec la nouvelle classe de navires. »

Article publié avec la permission du journal Lookout.