Le commandement naval à Halifax : beaucoup plus régional et porté sur l’extérieur qu’il y paraît

FMAR(A) - Le point de vue de l'amiral / Le 16 septembre 2013

J’ai servi la majeure partie de mes 30 années de carrière à Halifax, je suis donc ravi d’y revenir pour prendre le commandement des Forces maritimes de l’Atlantique et de la Force opérationnelle interarmées de l’Atlantique. Et surtout, je me sens très privilégié de servir les milliers de militaires et de fonctionnaires civils qui s’efforcent d’assurer la préparation opérationnelle de la Marine royale canadienne dans toute la région de l’Atlantique.

En regardant par la fenêtre de mon bureau, le point de vue de l’amiral, les activités dans les eaux du port d’Halifax captivent autant mon esprit aujourd’hui qu’elles le faisaient quand j’étais plus jeune et que je faisais de la voile dans le bassin de Bedford. Des navires commerciaux en pleine activité et des docks en construction témoignent de l’activité économique mondialisée et de la perspective optimiste du Canada. Des navires scientifiques prennent le large pour effectuer des recherches sur les océans qui bordent nos côtes. Les mâts stylisés des navires de ligne modernes mouillés au Quai 21 présentent Halifax comme une destination de croisière florissante et nous rappellent notre importante histoire d’immigration. Ces éléments mettent en évidence les approches océaniques sécuritaires qui s’étendent littéralement autour du monde – les veines du système commercial qui exige la sécurité dans les eaux distantes, comme au pays.

Les récits de mer sont une source constante de nouvelles qui embellissent ce point de vue. J’ai récemment lu une histoire concernant l’arrestation par la Garde côtière américaine d’un yacht impliqué dans une possible importation de drogue à destination de Montréal. Si l’interception s’est produite à 500 miles à l’est de Cape Cod, il est important de noter que cette position se situe à seulement 250 miles au sud-est d’Halifax. Dans un autre récit, je note qu’un premier porte-conteneurs, le Yong Sheng, transite d’est en ouest le long de la route maritime du Nord au-dessus de la Russie, un exemple clair de l’évolution des schémas de l’activité humaine dans le nord. Il s’agit d’un sujet d’intérêt important pour la flotte canadienne de l’Atlantique qui réalise annuellement des exercices et des patrouilles loin vers le nord à l’appui de la Force opérationnelle interarmées (Nord) basée à Yellowknife T.N.-O.

L’actualité a également rapporté des cas de recherches et sauvetage, avec notamment le rapport d’une évacuation médicale réussie depuis un bateau de pêche positionné loin dans la mer du Labrador. Cette opération a nécessité les efforts combinés des ressources militaires de Gander (T.-N. -L.) et de Greenwood (N.-É.), et met en évidence le fait que les intérêts du commandement militaire à Halifax servent les Canadiens tout autant que les objectifs de politique étrangère dans les eaux éloignées.

Une des activités d’intérêt les plus apparentes pour moi est l’intense développement en cours au chantier naval Irving Shipbuilding Inc., juste au nord de l’arsenal. Chaque jour, je constate  dans ce chantier naval à la longue histoire l’évolution des travaux dont font l’objet les deux frégates de classe Halifax qui subissent une modernisation de mi-vie. Le NCSM Montréal ne se tient plus de revenir à l’arsenal d’ici un mois ou deux. L’ampleur de cette modernisation constitue un défi et une occasion de taille pour les membres de la Marine. Tout d’abord, ils doivent soutenir les ingénieurs dans les essais et tests complexes, tout en suivant une formation sur ces nouveaux systèmes qu’ils découvrent et tout cela, tout en développant des tactiques visant à utiliser l’ensemble des systèmes pour un effet optimal.

Deux des navires modernisés, le NCSM Halifax et le NCSM Fredericton, sont déjà revenus sous le contrôle de la Marine et leur parcours vers la préparation opérationnelle est en cours. Le partenariat stratégique entre l’industrie, les agents d’approvisionnement du gouvernement et la Marine royale canadienne est un incroyable tremplin pour la conception et la prestation des futures classes, sous les auspices de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale.

Enfin, je suis ravi du soutien continu de la communauté. Les soldats, les marins et les aviateurs, hommes et femmes,  considèrent Halifax comme l’une des meilleures destinations d’affectation du pays et pour de bonnes raisons. Le soutien de la communauté pour notre personnel déployé est plus fort que jamais et particulièrement apprécié. C’est particulièrement le cas pour les familles des équipages qui servent sur le NCSM Shawinigan déployé en Arctique, sur le NCSM Toronto en service dans la mer d’Oman, sur les NCSM Preserver, Iroquois et Ville de Québec participant à l’Exercice UNITAS au large des côtes de l’Amérique du Sud, sur le NCSM Halifax en cours d’essais, et à bor du sous‑marin NCSM Windsor menant des exercices de préparation.

Halifax est mon chez moi, la Marine et les forces aériennes maritimes sont à sa base, et l’Équipe de la Défense est au cœur de la devise de la Marine, « Prêt Oui Prêt! ». Je suis impatient de partager avec vous le point de vue de l’amiral au cours des prochains mois.

 Nota : Vous pouvez suivre le contre-amiral Newton sur Twitter via @greatbigseas ou Forces maritimes de l’Atlantique