Le grand voilier de la Marine paré à mettre le cap vers le sud

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Nouvelles de la Marine / Le 22 février 2017

Par Peter Mallett

Le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Oriole s’apprête à faire l’un des plus longs voyages de ses 96 ans d’existence.

À la mi-mars 2017, le ketch de 31 mètres, avec à son bord 20 marins enthousiastes, quittera le port d’Esquimalt, en Colombie-Britannique, pour se rendre à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.

Si tout se déroule comme prévu, l’Oriole arrivera à bon port sur la côte Est vers la fin du mois de juin, au terme d’un périple de plus de 10 000 miles marins (16 000 kilomètres), juste à temps pour les célébrations du 150e anniversaire du Canada.

L’équipage sera renouvelé en route, au fil d’impressionnantes escales.

« L’équipage est très motivé, car chacun sait qu’il s’agit d’une occasion vraiment unique », déclare le capitaine de corvette Michael Wills, capitaine du voilier. « Au cours du voyage, l’équipage sera progressivement remplacé, de sorte que d’ici l’arrivée, une quarantaine ou une cinquantaine de marins auront pu participer. Les chances d’être choisi sont plutôt faibles et je suis reconnaissant de l’avoir été, car j’ignore si j’aurai un jour la possibilité de refaire un tel périple. »

Le voilier empruntera un trajet vers le sud, le long de la côte du Pacifique, traversera le canal de Panama et remontera vers les Caraïbes. L’itinéraire prévoit des arrêts aux États-Unis, au Mexique, en Jamaïque, ainsi qu’aux Bermudes pour le rassemblement des grands voiliers qui se tiendra le 1er juin. L’équipage participera à une régate qui amènera les voiliers des Bermudes à Boston, puis à Québec et, enfin, à Halifax.

Le dernier tronçon du voyage de l’Oriole se déroulera dans le golfe du Saint-Laurent, pour les célébrations du 150e anniversaire du Canada à Charlottetown, qui seront suivies d’une série de courtes escales dans les Maritimes et au Québec.

« C’est à la fois un honneur et une chance incroyable de prendre part à ce voyage, quand on sait que l’Oriole navigue dans les eaux canadiennes depuis 96 ans et que notre Confédération date de 150 ans », souligne le Capc Wills.

Après les célébrations du sesquicentenaire, l’Oriole demeurera sur la côte Est et y sera remis en état au cours de l’hiver.

Au mois d’avril 2018, le ketch empruntera un itinéraire plus court et plus direct de 7 000 miles marins dans le canal de Panama pour rentrer à Esquimalt en août.

Le Capc Wills est d’avis que ce voyage figure parmi les plus ambitieux de l’Oriole. Le voilier avait déjà été dépêché sur la côte Est et au Québec en 1984, mais ses plus longues traversées de la deuxième moitié du XXe siècle sont celles qui l’ont amené en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Avant d’appareiller en mars, l’Oriole aura bénéficié d’un important renouvellement de son équipement : on aura remplacé ses deux groupes électrogènes et son désalinisateur, en plus de le doter d’une connexion à Internet et de revoir en profondeur sa suite de navigation. En outre, le voilier emportera « beaucoup plus que ce qu’il faut » d’équipement de secours et d’aliments frais et déshydratés.

Toutes ces fournitures aideront les membres de l’équipage à survivre au large éventail d’états de la mer attendus pendant le voyage de l’océan Pacifique à la côte Est. Le Capc Wills et son équipage compteront beaucoup sur les Forces maritimes du Pacifique et les Forces maritimes de l’Atlantique pour les bulletins météo et les autres besoins logistiques.

Contrairement aux navires de guerre, dont l’intérieur et le pont sont chauffés et bien au sec, l’Oriole est exposé aux éléments.

« Les membres d’équipage passeront de nombreuses heures sur les ponts supérieurs, où ils seront à la merci des éléments et des mouvements du voilier, explique le Capc Wills. Ce sera un grand changement pour bien des gens qui ont l’habitude de travailler dans des pièces climatisées ou chauffées. »

Les compétences et l’expérience acquises à bord d’un voilier durant ce voyage en eaux libres transformeront même les marins les plus aguerris, d’après le Capc Wills.

« Au terme du voyage, les marins affectés à l’Oriole seront beaucoup plus habiles qu’au départ, affirme-t-il. Une partie des compétences de navigation qu’ils apprendront ne sont pas propres à leur métier ou à leur fonction dans la Marine, mais elles se traduiront un jour ou l’autre en facteurs de succès pour notre flotte moderne. »

Article publié avec la permission du journal Lookout.