Le NCSM Athabaskan tire sa révérence après 44 années de bons et loyaux services

Nouvelles de la Marine / Le 10 mars 2017

Le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Athabaskan, DDH 282, a été désarmé à l’arsenal canadien de Sa Majesté, à Halifax, le 10 mars 2017.

Le NCSM Athabaskan, dernier des quatre destroyers de la classe Iroquois, a servi avec distinction la Marine royale canadienne (MRC). Pendant plus de 44 ans, ces navires ont maintenu la fière tradition de leurs bâtiments éponymes de la guerre, dont les équipages n’ont manqué ni d’audace ni de courage lors de la bataille de l’Atlantique, au sein des convois vers Mourmansk, lors des débarquements du jour J et pendant la guerre de Corée. La cérémonie tenue aujourd’hui met un terme à un chapitre important de l’histoire de la MRC.

Affectueusement surnommés « frères de l’âge spatial », ou navires de la classe Tribal, ces bâtiments constituaient une solution faite au Canada aux défis de défense et de sécurité de la guerre froide et de la période qui y a fait suite, dans la deuxième moitié du XXe siècle. L’Athabaskan et ses navires jumeaux, l’Iroquois, l’Algonquin et le Huron, ont affronté pendant quatre décennies les mers les plus déchaînées que l’Atlantique Nord et le Pacifique pouvaient infliger tant à l’homme qu’à la machine. Ils ont servi à l’instauration d’une technologie canadienne de sonar de fine pointe dans la surveillance sous-marine et au perfectionnement des opérations de combat de deux gros hélicoptères maritimes depuis chacun de leurs ponts d’envol.

Avec le temps, la classe a été modernisée pour être en mesure de défendre une force opérationnelle navale complète contre des missiles toujours plus menaçants tout en appuyant, au moyen de son infrastructure informatique et de communications, les commandants supérieurs qui dirigeaient de grandes opérations maritimes dans un théâtre régional.

Ils sont des milliers, parmi les marins modernes, à avoir fait leurs classes sur les ponts de l’Athabaskan et de ses navires jumeaux, rehaussant la crédibilité de la MRC dans ses opérations menées au Canada et à l’étranger. L’Athabaskan a répondu présent pendant la première guerre du golfe Persique et a été au cœur du combat aux côtés du navire américain USS Princeton, rendu inopérant par des mines marines iraquiennes. L’Iroquois a transporté le commandant supérieur canadien et l’état-major international qui ont instauré l’embargo très efficace imposé par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pendant la guerre civile menée dans l’ancienne Yougoslavie. L’Athabaskan a fourni une aide humanitaire essentielle en Louisiane après l’ouragan Katrina, en 2008, et à nouveau après le tragique tremblement de terre survenu en Haïti en 2010. Plus récemment, l’Athabaskan a mené des patrouilles antidrogue très productives dans la mer des Antilles et s’est activé diligemment dans le cadre de la mission de défense continentale tout en assurant l’instruction de marins de la prochaine génération pendant la modernisation des frégates de la classe Halifax.

Chacun des bâtiments de cette classe riche d’histoire peut relater autant d’opérations navales réussies devant certains des défis de défense et de sécurité les plus alarmants de notre époque. Chaque marin, qu’il soit ou non encore en service actif, qui a servi à bord d’un navire de la classe Tribal voit dans ce service une marque d’honneur.

« En tant qu’ancien marin qui a suivi son instruction et a été mentoré sur les ponts d’un destroyer de la classe Tribal, je suis frappé par le sens profond du retrait du service de ce bâtiment », confie le Ccntre-amiral John Newton, commandant des Forces maritimes de l’Atlantique. « Le nom Athabaskan, tout comme les noms Iroquois, Algonquin et Huron de ses navires jumeaux, évoquent la grandeur du Canada, ses vastes étendues, ses Premières nations et les importantes contributions de la MRC en temps de paix comme en temps de guerre. Il y a des dizaines de milliers de Canadiens, des anciens des équipages de ces bâtiments, dont le cœur se serre au souvenir de ce temps. Je leur rends hommage pour leur service et je les louange pour leurs contributions à une marine qui demeure axée sur la tâche à accomplir, efficace et entièrement déterminée à apporter une valeur ajoutée aux opérations de sécurité maritime, où que celles-ci se déroulent, chaque fois que le gouvernement du Canada les y appelle. »

Dans le cadre de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale, la MRC vit en ce moment l’une des plus grandes périodes de modernisation et de renouvellement de sa flotte de son histoire moderne. Malgré le retrait de la classe Iroquois et de sa capacité de défense aérienne à long rayon d’action, les frégates modernisées de la classe Halifax, les patrouilleurs de la classe Kingston et les sous-marins de la classe Victoria jettent un pont vers la flotte de l’avenir. Ces plates-formes se chargeront du rôle essentiel de la MRC dans la défense du Canada et dans la préservation de sa souveraineté dans trois océans. Par surcroît, il existe suffisamment de capacité pour doter le gouvernement du Canada d’options de forces maritimes aptes à se déployer partout au monde qui serviront les intérêts nationaux en défense, en sécurité, en renforcement des capacités dans des États étrangers et en aide humanitaire.

C’est avec grand espoir que la MRC attend le premier de ses navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique et une solution obtenue à bail du secteur privé pour la fourniture d’un navire de ravitaillement en mer qui appuiera les déploiements lointains d’une marine largement reconnue pour son effet et sa portée mondiaux. C’est le navire de combat de surface canadien, toutefois, qui rendra à la marine tout son potentiel, comme l’ont fait les destroyers de la classe Tribal pendant leur remarquable période de service, de 1970 à 2017.

« Pendant plus de 44 ans, le NCSM Athabaskan et ses équipages ont fièrement servi et protégé le Canada tout en répondant aux appels de ses alliés », souligne le vice‑amiral Ron Lloyd, commandant de la MRC. « Bien que le rôle de ce navire, dans les opérations navales, se termine, la MRC poursuit sa mission au moyen de ses frégates modernisées et se dirige vers un avenir brillant grâce à ses navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique, à ses navires de soutien interarmées et à ses navires de combat de surface. Cet avenir prometteur repose en partie sur l’héritage de navires comme le NCSM Athabaskan, de leurs équipages et de leurs bons et loyaux services envers la MRC et tous les Canadiens. »