Le NCSM Ville de Québec se préoccupe de la santé mentale de l’équipage

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Nouvelles de la Marine / Le 25 juin 2020

Par Ryan Melanson

Avant de revenir au port à Halifax au début de juin, l’un des deux bâtiments de garde en attente déployés sur la côte Est, le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Ville de Québec, a pris des mesures rigoureuses pour s’assurer que l’équipage de son navire échappe à la COVID-19, y compris une période d’isolement de deux semaines dans un hôtel avant de se diriger en mer à la mi-avril.

La santé physique des marins est essentielle pour que le navire maintienne sa disponibilité opérationnelle. Toutefois, compte tenu de la séparation des membres de l’équipage de leurs proches pendant un moment difficile, il est devenu très important de faire le point sur le moral et la santé mentale à bord du navire.  

« C’est certainement la plus grande préoccupation que j’ai eue jour après jour, en prenant le pouls et en essayant de trouver de nouveaux moyens d’éliminer les effets négatifs », affirme le commandant Michael Eelhart, commandant du NCSM Ville de Québec.

Les marins s’inquiétaient des membres de leurs familles et de leurs proches qui étaient à la maison pendant la pandémie. Certains militaires connaissaient personnellement des victimes de la tuerie à Portapique, en Nouvelle-Écosse. Ils vivaient tous la perte tragique de leurs collègues du NCSM Fredericton, de même que ceux de l’écrasement du Snowbird.

Bien qu’il ait accordé du temps pour vivre leur deuil à ceux qui en avaient besoin, le commandant Eelhart prétend que de poursuivre la routine et les activités normales en mer peut être thérapeutique pour l’équipage.

On a également fait des efforts afin de planifier systématiquement des activités amusantes et intéressantes. Les opérations de présence nationales effectuées par le navire au cours du dernier mois, naviguer vers certaines communautés des Maritimes et jeter l’ancre près de celles-ci, y compris dans certaines villes natales de nombreux marins, ont fait partie de ces activités.

Le NCSM Ville de Québec s’est d’abord déplacé dans la baie de Fundy et la baie Minas, naviguant vers Portapique dans les jours qui ont suivi la tragédie qui a eu lieu dans cette région. Il s’est ensuite rendu dans le détroit de Northumberland, vers l’Île‑du‑Prince-Édouard, le nord du Nouveau-Brunswick et la région de Gaspé au Québec. Les médias sociaux ont permis aux marins d’annoncer leur emplacement et de communiquer avec les collectivités au moment de leur passage.

« Nous nous disions : Essayons de communiquer avec les Canadiens et les Canadiennes, du mieux que nous le pouvons, affirme le commandant Eelhard.

C’était aussi un moyen de susciter l’intérêt et l’engagement de nos marins, de maintenir la disponibilité opérationnelle par la même occasion et d’éviter qu’ils ne s’ennuient à répéter les mêmes activités tous les jours. »

Il y a eu également des activités amusantes pendant le périple. Une journée des sports a eu lieu au début de mai. Les militaires ont participé pendant toute une journée à un tournoi de hockey-balle sur la jetée. Pendant la longue fin de semaine de mai, les militaires ont installé des foyers au propane et ont organisé une fête avec un barbecue, des s’mores, des chants en groupe et du karaoké.

« Nous avons fait de notre mieux pour recréer une fin de semaine au chalet sur la jetée. Ce fut probablement l’une des plus belles fêtes que nous n’ayons jamais eues sur le navire. »

Initialement, le NCSM Ville de Québec prévoyait se rendre à Québec pour l’été, pour une période en cale sèche. Le navire procédera plutôt à un changement d’équipage complet; l’équipage actuel du NCSM St. John’s montera à bord et se préparera à être le navire de garde à compter du mois d’août.  

Après le débarquement des membres de l’équipage, ceux-ci ont été en isolement volontaire, tout comme les autres équipages de navires qui ne prennent pas la mer pour l’entraînement. Tous les nouveaux membres d’équipage doivent effectuer un isolement volontaire de deux semaines et passer le test de dépistage de la COVID-19 avant d’embarquer. Tout le matériel ou les autres articles provenant de la terre sont conservés à l’extérieur du navire pour environ trois jours avant d’être nettoyés et embarqués dans le navire.

« Tout cela fait partie de nos mesures de prévention. Notre fonctionnement en mer de tous les jours est relativement normal, mais nos interactions et nos interfaces entre le navire et la côte sont très différentes », indique le commandant Eelhart.