Le PM 1 Alena Mondelli reconnu comme l’une des femmes les plus influentes du Canada

Nouvelles de la Marine / Le 6 janvier 2022

Par Joanie Veitch

Son nom figure peut-être sur ce prix, mais pour le premier maître de 1re classe (PM 1) Alena Mondelli, le fait d’être nommée l’une des femmes les plus influentes du Canada par le Réseau des femmes exécutives est une victoire pour toutes les femmes qui travaillent comme militaires du rang (MR) dans les forces armées.

« Je suis un MR, a déclaré le PM 1 Mondelli, soulignant que les officiers sont souvent perçus comme ayant plus de qualité de dirigeant que les MR. « Donc, cela signifie beaucoup – et ça en dit long – en particulier pour les femmes MR. Nous sommes des professionnelles au sein de la profession des armes. Et nous sommes également des leaders. »

« Je considère que cette récompense valorise ce que nous représentons. Les marins ne peuvent pas s’identifier à un amiral ou à un commodore. Ils doivent se voir représenter et voir ce à quoi ils peuvent aspirer. La représentation, ça compte », a déclaré le PM 1 Mondelli, qui espère être la première d’une longue série de femmes à devenir premier maître de la base.

Elle s’est jointe à la Marine royale canadienne (MRC) en tant que radio (Marine) en 1991, et elle a été affectée à bord de son premier navire en 1993. Depuis, elle a servi sur divers navires de la MRC et a occupé divers postes à terre, notamment comme enseignante au Collège militaire royal de Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec.

« Je voulais enseigner aux MR. J’avais clairement exprimé mes intentions à ce sujet. Lorsque l’occasion s’est présentée, j’étais là », déclare-t-elle.

Les études ont été un facteur déterminant pour le PM 1 Mondelli. À la suite d’une « très mauvaise expérience » lors d’un déploiement à bord du NCSM Protecteur, elle a songé à quitter la Marine. Toutefois, pendant qu’elle étudiait pour obtenir sa maîtrise en leadership, elle a décidé de rester.

« Pour moi, cela a été un tournant décisif. J’ai décidé de me servir de ce que j’avais appris pour participer au changement que je voulais voir se produire », explique-t-elle.

Bien que des rapports bien documentés et continus sur le harcèlement et l’inconduite sexuelle au sein des forces armées aient fait du besoin de changement culturel une priorité pour les Forces armées canadiennes (FAC) dans leur ensemble, en tant que femme dirigeante dans les FAC, le PM 1 Mondelli a parfois vécu cette discussion de façon très personnelle.

« Au cours de mes 30 années de carrière, j’ai été victime de comportements sexuels inappropriés. J’ai fait l’objet de blagues – en grande partie au début de ma carrière – mais à partir d’un certain grade, les propos sont devenus sexistes, misogynes et haineux et ont pris la forme de rumeurs malveillantes, de diffamation et de mensonges. »

À la mi-novembre, elle a ajouté sa demande au recours collectif pour inconduite sexuelle visant à indemniser les membres des FAC (actuels et anciens), ainsi que le personnel du ministère de la Défense nationale, qui ont été victimes d’inconduite sexuelle dans le cadre de leur travail.

«  J’ai longtemps hésité à le faire. J’ai grandi dans la Marine, et ce, depuis le début des années 90. Je sais que, d’une certaine façon, j’ai contribué à cette culture. Je m’intégrais. J’allais de l’avant. Je voulais faire partie du groupe. »

« Mais lorsque j’ai soumis ma demande et que j’ai vu tout le contenu écrit devant moi, je me suis dit "Oui, on m’a fait subir tout cela." Ça m’a ouvert les yeux. »

Selon elle, là où les mots comptent vraiment, c’est dans les conversations difficiles, mais nécessaires – en se parlant les uns les autres et en écoutant, à mesure que les FAC progressent dans le processus de changement.

« Cela va prendre du temps, mais ça me convient, car en prenant notre temps, nous nous assurons de bien faire les choses. Ce sont des discussions difficiles, mais nous devons les tenir – c’est pourquoi j’y participe encore. »

Lorsqu’elle est devenue premier maître de la base en juillet, le PM 1 Mondelli savait qu’elle accédait à un poste d’une influence considérable. À ce moment, elle s’est fait une promesse.

« J’ai décidé que je serais simplement qui je suis, que je demeurerais authentique et que je verrais ce que cela donne. »

Aujourd’hui, alors qu’elle est reconnue comme l’une des 100 femmes les plus influentes du Canada, le PM 1 Mondelli est prête à relever les défis qui l’attendent.

« J’aime ce que je fais », déclare-t-elle. « J’aime être dans la Marine, être dans les FAC – j’ai l’intention d’y rester aussi longtemps qu’on me le permettra. »