Le prix du marin de l’année pour une éthique de travail exceptionnelle

Nouvelles de la Marine / Le 13 mars 2018

Par l’enseigne de vaisseau de 1re classe M.X. Déry

La dentisterie et les communications navales ont peu de points en commun, mais selon le matelot de 1re classe Rosalie Houle Carrière, récipiendaire du prix du marin de l’année 2017 décerné par la Flotte canadienne du Pacifique, l’expérience acquise en cours de route est ce qui importe.

Même si elle rêvait d’être dentiste depuis l’âge de 12 ans, son désir d’acquérir de l’expérience de travail et de voyager l’a poussé à joindre les rangs de la Réserve de la Marine royale canadienne en 2010 à titre de communicatrice navale.

« J’ai toujours en tête l’objectif de devenir dentiste, explique le Mat 1 Houle Carrière. Mais cela ne veut pas dire que le chemin pour y parvenir est en ligne droite. »

Âgée de 25 ans et native de Trois-Rivières, au Québec, elle a grandi en français et a appris l’anglais dans un programme d’immersion, des compétences linguistiques qu’elle a mises à profit lors de ses voyages autour du monde à bord de navires de guerre canadiens.

Lorsqu’elle était adolescente, le Mat 1 Houle Carrière s’est jointe aux Cadets de l’Aviation royale du Canada et, après ses études secondaires, elle a intégré la Division de la Réserve navale NCSM Radisson tout en terminant ses études préuniversitaires au Cégep de Trois-Rivières. Diplôme collégial et qualification de communicatrice navale en main, elle s’est jointe à l'équipage du NCSM Regina dans le cadre de l’opération ARTEMIS en 2013. La transition entre les déploiements dans la région des Grands Lacs à bord du NCSM Moncton, un navire de défense côtière, et le déploiement à bord d’une frégate de classe Halifax au sein d’une grande opération a été bouleversante.

« La plateforme est très différente et l’atmosphère – c’est comme une ville flottante, raconte le Mat 1 Carrière. Il est possible de ne pas voir certaines personnes pendant deux mois; le navire de défense côtière est plus familial. »

Ce premier grand déploiement a été prolongé de façon inattendue lorsque la Russie a envahi la Crimée et que le Canada a engagé le NCSM Regina dans l’opération REASSURANCE.

En 2016, elle s’est rendue à Esquimalt, en Colombie-Britannique, pour servir à bord du NCSM Whitehorse, un changement qui s’est avéré difficile.

« C’est loin de ma famille, explique le Mat 1 Houle Carrière, en ajoutant par contre qu’elle adore la côte Ouest et son climat agréable. J’ai perdu ma pelle pendant le déménagement, mais ça ne m’a pas trop inquiétée. »

Chaque fois qu’elle en a l’occasion, elle retourne chez elle au Québec pour voir sa famille, ses amis, ses nièces et son neveu, exception faite de la dernière période des Fêtes où elle s’est portée volontaire pour rester en service afin de permettre à d’autres de retourner auprès des leurs.

L’année dernière, même si elle était très occupée au travail à transférer l’équipement de communication d’une coque à l’autre, le Mat 1 a joint les rangs de la Brigade de l’Ambulance Saint-Jean à Victoria. Elle voulait s’intégrer à la collectivité et utiliser les compétences de premiers soins acquises au fil des ans.

« Prodiguer les premiers soins à titre de bon samaritain c’est d’être présent à un événement et d’être en mesure de sauver une personne en lui prêtant secours jusqu’à l’arrivée des ambulanciers », précise le Mat 1 Houle Carrière.

Elle en a fait l’expérience concrète au Oak Bay Tea Party en 2017, lorsque deux parachutistes ont eu besoin de soins médicaux après des atterrissages brutaux. Pete Thompson, surintendant de la division Victoria de l’Ambulance Saint-Jean, a expliqué que le Mat 1 Houle Carrière faisait partie de l’équipe qui a aidé à prodiguer les premiers soins.

« Elle était brillante parmi le groupe, a-t-il confié. Elle a un esprit d’équipe formidable et une grande soif d’apprendre. »

Il a été impressionné par la quantité de bénévolat qu’elle a pu faire malgré ses déploiements. « Elle est toujours positive et elle est pétillante comme un verre de soda au gingembre. »

Le maître de 2e classe Eric Healey, communicateur naval principal à bord du NCSM Nanaimo, est celui qui a proposé la candidature du Mat 1 Houle Carrière pour le titre de marin du trimestre; sans surprise, il n’avait que des commentaires positifs. « Elle a une éthique de travail remarquable. Elle est de ces personnes que vous devez éloigner du travail. »

Chaque année, la Flotte canadienne du Pacifique rend hommage à des marins qui exercent leurs fonctions au-delà des normes élevées qu’on leur impose. Le Mat 1 Houle Carrière a démontré qu’elle est le marin de l’année, en uniforme et en civil.

Article reproduit avec la permission du journal Lookout