Les COSM côtiers misent sur la technologie et la collaboration pour donner une meilleure idée de la situation maritime

Nouvelles de la Marine / Le 16 novembre 2016

Par Ryan Melanson

L’évolution des Centres des opérations de la sûreté maritime, dont l’un se trouve à Halifax, permet à la Marine royale canadienne (MRC) et à d’autres organismes gouvernementaux d’avoir une meilleure idée de ce qui se passe dans nos eaux, en tout temps, affirme le contre-amiral John Newton, commandant des Forces maritimes de l’Atlantique et de la Force opérationnelle interarmées (Atlantique).

Même si le travail quotidien au centre peut comporter la surveillance des activités civiles et l’aide aux partenaires gouvernementaux qui ont du personnel sur les lieux, il existe un avantage manifeste en lien avec la conduite de la guerre, en raison de la technologie à la fine pointe qui est utilisée et de l’échange de données qui a lieu, selon le Cam Newton. « Cela nous donne la meilleure chance de savoir où se trouvent nos ennemis. »

L’emplacement stratégique du COSM de l’Est, dont la salle d’observation se situe au D201, à quelques pas du Centre régional des opérations interarmées (CROI) et tout près du Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage (CCCOS), est avantageux, explique le Cam Newton. Pour la recherche et le sauvetage (SAR) plus précisément, et lorsque le temps est un facteur critique en raison de la faible luminosité ou d’intempéries, l’information supplémentaire permet au personnel d’effectuer moins de recherches et plus de sauvetages.

« Pour les opérations de SAR, c’est très utile, car ça nous permet d’aller droit à la source. Nous ne voulons aucune confusion lorsque nous recevons un appel », souligne-t-il.

Le concept du COSM a pris forme après les attentats terroristes du 11 septembre aux États-Unis. Le gouvernement fédéral a constaté qu’il devrait y avoir une meilleure coordination entre les ministères, notamment le ministère de la Défense nationale (MDN), la Garde côtière, la Gendarmerie royale du Canada (GRC), l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et Transports Canada, en ce qui a trait à la sécurité maritime.

L’objectif du projet est de favoriser la collaboration et le partage de données et de renseignements maritimes en temps réel entre les différents ministères, ce qui permet ainsi d’obtenir une meilleure idée de la situation par rapport à ce que chacun pourrait produire de son côté. Certains éléments du produit final sont également partagés, s’il y a lieu, avec d’autres organismes nationaux et internationaux ainsi qu’avec des alliés militaires.

Les 10 dernières années ont été consacrées à la mise sur pied et à l’amélioration de la capacité des deux centres côtiers, l’autre centre étant situé à Esquimalt. Ils assurent la surveillance des activités (dans le nord de l’Atlantique et l’est de l’Arctique pour le COSM Est) tout en recueillant les données et les renseignements les plus pertinents, grâce à l’expertise de chaque organisme partenaire. L’échange de données permet de produire une image complète de l’environnement maritime et du nombre faramineux d’activités de navigation commerciale, de pêche et d’autres types d’activités qui s’y produisent.

L’approche pangouvernementale est une réussite que le MDN et les autres partenaires s’empressent de communiquer aux groupes d’intervenants et au public, notamment lors d’une séance d’information et d’une visite des étages d’observations du COSM/CCCOS pour les membres du Royal United Services Institute de la Nouvelle-Écosse et pour les chercheurs du Centre d’études en politique étrangère de l’Université Dalhousie.

De plus, les centres ont célébré des étapes marquantes récemment. Après des mises à niveau des logiciels et de l’équipement au début de 2015, le projet a atteint la capacité opérationnelle totale. Ce jalon a été officialisé en décembre 2015, lorsque chacun des partenaires de base du COSM a signé le certificat de capacité opérationnelle totale du COSM. En janvier de cette année, ce certificat a été approuvé par le comité supérieur de révision des projets du MDN et signé par le vice-amiral Mark Norman, alors commandant de la MRC. Cela signifie que l’autorité fonctionnelle et technique des projets du COSM a été transférée à la MRC, sous l’égide de la Direction des opérations et plans de la Marine.

Cela ne signifie toutefois pas que la qualité du portrait de la situation maritime et que les capacités du centre ne continueront pas de s’améliorer dans les domaines où il existe des lacunes sur le plan de l’information. Le processus de la fusion de données, qui exige énormément de ressources, en est un bon exemple, explique le lieutenant de vaisseau Joe Collins, analyste du renseignement du COSM Est. En raison de la quantité d’information recueillie par de nombreuses sources, il faut beaucoup de travail pour éliminer le « bruit » de l’océan et pour se concentrer sur les renseignements importants.

« Plus d’un million de pistes observées entrent chaque jour dans le système et tout cela doit être épuré », explique le Ltv Collins.

Les améliorations qui seront apportées aux logiciels de la salle de surveillance permettront de détecter plus facilement les comportements en mer, comme les déviations des itinéraires prévus ou les arrêts soudains des navires.

« Pratiquement 90 % du trafic consiste en la navigation commerciale dont nous avons besoin. Nous voulons éliminer le bruit et obtenir une image nette des menaces. Si nous consacrons moins de temps à fusionner les données, nous obtiendrons de meilleurs résultats », affirme le Ltv Collins.

Même si les capacités continueront de s’améliorer maintenant que les COSM ont dépassé la phase de projet, tous les partenaires concernés conviennent que le vaste échange de données et que l’étroite collaboration ont permis d’améliorer la connaissance du domaine maritime depuis sa création en 2004. Des opérations de SAR à la lutte anti-sous-marin, en passant par la lutte contre le trafic de drogues, la surpêche et la pollution, les centres sur chacune des côtes seront appelés à jouer un rôle de plus en plus important dans la sécurité maritime au cours des prochaines années.