Les partenariats internationaux sont essentiels au succès de la Marine

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Nouvelles de la Marine / Le 12 octobre 2016

Le 21 septembre 2016, le vice-amiral Ron Lloyd, commandant de la Marine royale canadienne, s’est adressé aux participants au 22e Symposium international Seapower qui a eu lieu à l’U.S. Naval War College, à Newport, dans le Rhode Island. Il s’agit du plus grand rassemblement de chefs du milieu maritime au monde qui permet aux hauts dirigeants internationaux d’élaborer et de consolider des solutions aux menaces et aux enjeux communs. « Des partenaires maritimes plus forts », tel était le thème du Symposium en 2016, qui a accueilli des conférenciers invités et des spécialistes qui ont discuté des défis que pose la sécurité dans les pays maritimes. Environ 200 cadres supérieurs, militaires et civils, de 106 pays, y compris nombre d’officiers supérieurs des marines et des gardes côtières de ces pays, ont assisté au Symposium.

Le vice-amiral Lloyd a fait le point sur la 27e Conférence navale interaméricaine,  un forum naval de l’hémisphère tenu à Halifax au début de l’année. L’article suivant offre une analyse approfondie de cette conférence et de l’importance des partenariats pour le Canada.

 

Par Ashley Milburn

Les partenariats sont au cœur de presque toutes les histoires de réussite. En effet, les mérites de la coopération et de la collaboration sont largement reconnus et couramment cités dans toutes les sphères de la vie. C’est bien connu, l’union fait la force, à deux c’est mieux, etc., mais il n’en reste pas moins que, dans une société de plus en plus complexe, les principes fondamentaux – et primordiaux – du partenariat, autour duquel s’articulent les deux expressions précédentes, sont souvent oubliés, laissés de côté ou éclipsés au profit d’autres idées.

Il arrive toutefois qu’il soit légitime de s’en éloigner. Par exemple, il est nécessaire, lorsqu’il est question d’affaires internationales et de défense nationale, d’adopter un discours général et stratégique. Les principes fondamentaux de l’amitié, des relations et des partenariats peuvent tout de même s’appliquer à toute sorte d’activités complexes. Ils sont aussi indispensables au succès du Canada, tant ici qu’à l’étranger.   

La Marine royale canadienne (MRC) incarne depuis très longtemps les valeurs de coopération et de camaraderie, et continue de mener la charge pour le Canada en haute mer et sur la terre ferme. En tant qu’acteur sur la scène internationale, la MRC occupe une position unique et peut développer les capacités, faire preuve d’altruisme et établir un lien de confiance avec les divers partenaires internationaux au nom du Canada. 

La MRC a mis ces capacités à l’avant-scène en juin à Halifax alors qu’elle accueillait la 27e Conférence navale interaméricaine (CNIA 2016), le plus important cadre de discussion biennal sur les affaires maritimes de l’hémisphère ouest. Accueillir la CNIA à Halifax, au large de laquelle il n’est pas rare de voir des navires de guerre canadiens et étrangers, était l’occasion pour la MRC de montrer une autre facette importante de son travail à l’œuvre : les partenariats. Dans le cadre de la CNIA 2016, les marines de toutes les Amériques ont pu échanger sur les défis et les objectifs qu’elles ont en commun et qui touchent tout le territoire, du cap Horn aux rives de l’Arctique, et elles ont pu profiter de l’occasion unique de tisser des liens, que ce soit d’un point de vue professionnel ou personnel. 

Au premier abord, il peut être difficile de voir le rapport entre les objectifs maritimes stratégiques du Canada et ceux des autres pays d’une région aussi vaste et hétéroclite que l’hémisphère ouest. Le vice-amiral Ron Lloyd, commandant de la MRC, a toutefois fait une observation d’une grande justesse dans son discours d’ouverture de la CNIA 2016. Quand il discute avec des citoyens canadiens ou des partenaires étrangers, il ne manque jamais de souligner que le Canada est un pays bordé par trois océans qui doit, de ce fait, défendre des intérêts significatifs dans le Pacifique, l’Atlantique et l’Arctique. Comme la mondialisation prend de plus en plus d’ampleur, il a tout de même suggéré à ses homologues régionaux qu’il pourrait être intéressant de voir le monde comme n’abritant qu’un seul et unique océan.

En voyant les choses de cette façon, la MRC et ses partenaires internationaux peuvent miser sur leurs points communs au lieu de se concentrer sur ce qui les différencie, les sépare. Être au fait des avancées nationales et internationales, tenir compte de l’opinion des alliés et partenaires du Canada sur les enjeux en pleine évolution et discuter de stratégies pour mieux relever les défis potentiels et tirer profit des futures perspectives sont des éléments essentiels grâce auxquels nous pourrons consolider le fondement même de ces relations : la confiance.

C’est dans cette perspective que certains des résultats clés de la CNIA 2016 ont été générés. Reconnaissant l’importance d’une communication ouverte et directe comme fondement de partenariats efficaces, les États membres de la CNIA ont voté à l’unanimité l’adoption du « Code for Unplanned Encounters at Sea ». Ce code de conduite régissant les rencontres imprévues en mer est une entente volontaire qui énonce les « règles de la route » pour le secteur maritime. Cette entente cruciale a été possible grâce à la confiance que s’accordent les marines de la CNIA et est le témoignage de l’efficacité de ce partenariat multilatéral. En outre, dans un esprit d’ouverture, autre élément clé de partenariats solides, les membres de la CNIA ont voté à l’unanimité l’implantation d’un système qui favorisera l’intégration d’autres marines des Amériques à l’organisation de la CNIA.  

Comme la CNIA 2016 a connu un franc succès, il pourrait être tentant pour le Canada de passer à un autre dossier. Développer ses capacités en matière de partenariat n’est pas un programme spécialisé ni une initiative ponctuelle, et la MRC est résolue à garder le cap. En contribuant de manière significative à des forums internationaux comme à la CNIA et à d’autres organisations régionales, la MRC peut acquérir l’expérience et la crédibilité nécessaires pour devenir un partenaire de confiance précieux au sein de la communauté internationale. 

La confiance n’est cependant pas une marchandise qu’on peut acheter et vendre; il faut la gagner. Puisque la confiance dépend des expériences vécues et des attentes que l’on a par rapport aux comportements futurs, il est essentiel de communiquer clairement nos intentions, de respecter à la lettre nos plans et d’agir de façon à rassurer nos partenaires quant à notre implication à long terme. Après tout, toutes les relations sont des échanges donnant, donnant et la confiance, sous toutes ses formes, est une question de réciprocité. 

En ce qui concerne la défense et la sécurité, le Canada se doit de respecter ces importants principes. À notre époque de mondialisation, aucun État ne peut assurer sa sécurité et sa prospérité s’il n’accepte pas de travailler avec des partenaires internationaux qui partagent la même vision que lui sur des enjeux communs dont les effets se font ressentir au-delà de ses propres frontières. Prenons, comme exemple de partenariat de la CNIA, l’aide qu’apporte en permanence la MRC aux patrouilles de lutte contre le trafic de drogues. Ce type de collaboration génère des retombées considérables pour tous les pays de la région, mais il faut aussi comprendre qu’un manque de confiance, engendré par des investissements insuffisants dans les capacités nationales et les partenariats internationaux, peut avoir des conséquences tout aussi dommageables et aggravantes. 

Si la confiance entre deux pays porte ses fruits en périodes de crises et de préoccupations communes, elle se bâtit sur des années et requiert des investissements et des soins constants. Cette réalité a donné naissance à un dicton qui a particulièrement résonné au sein des communautés de la défense du monde entier : « On ne peut pas précipiter la confiance ». Le Vam Lloyd a réitéré cette idée cruciale dans son discours de clôture de la CNIA 2016 et a présenté une vérité toute simple, mais puissante, que tous ceux concernés peuvent en retirer. Cela implique qu’il est impératif, pour le Canada et la MRC, de veiller à ce que des partenariats bien établis, bâtis sur des fondements solides de confiance et de familiarité, fassent partie de nos capacités nationales lorsque nous nous préparons pour les défis et possibilités qui se présenteront à nous. 

Dans un monde de plus en plus complexe, le fait d’opter pour des solutions rapides qui produisent des résultats immédiats aux dépens de certains des principes fondamentaux de la vie peut représenter des risques professionnels. Cependant, en ce qui concerne les relations internationales et l’optimisation des retombées stratégiques pour le Canada, la MRC est en bonne position pour adhérer aux principes fondamentaux que sont la confiance et les partenariats, et pour aider le Canada à réussir.