Ne soyons pas tristes, célébrons! Désarmement du NCSM Preserver après 46 ans de service

Nouvelles de la Marine / Le 3 novembre 2016

Par Ryan Melanson

Au moment où des marins, anciens et actuels, se sont rassemblés avec leurs amis et proches pour faire leurs adieux à l’une des bêtes de somme de la Marine royale canadienne (MRC) après cinq décennies de service, le commandant des Forces maritimes de l’Atlantique a clairement fait savoir que le 21 octobre 2016 n’était pas une journée triste.

En ce jour, a eu lieu la cérémonie de désarmement du navire canadien de Sa Majesté Preserver, le dernier des pétroliers ravitailleurs d’escadre de la classe Protecteur de la Marine royale canadienne. La cérémonie était certainement émouvante pour toutes les personnes présentes, dont nombre d’anciens commandants et de membres d’équipage, mais selon le contre-amiral John Newton, il y a lieu de célébrer les loyaux services du navire.

« Je ne suis pas triste aujourd’hui. Je n’ai qu’une idée en tête : célébrer les 46 ans d’existence d’une capacité de classe mondiale qui a navigué dans le monde entier », a-t-il déclaré.

Quand le Preserver a été mis en service à Saint John, au Nouveau‑Brunswick, le 7 août 1970, il était avec son navire jumeau, le NCSM Protecteur, à la fine pointe des procédures et de la technologie modernes de ravitaillement en mer. Comme l’a expliqué le contre‑amiral Newton, «grâce à ces navires, la marine a pu réaliser de grandes choses. Ils lui ont permis d’avoir une portée mondiale, une soutenabilité ainsi que la capacité de se déployer rapidement à la demande du gouvernement et d’être d’une grande utilité à la coalition en assurant vivres, matériel et carburants, qui étaient et qui sont toujours en quantité limitée ».

Dans la foule, se trouvaient des membres des tout premiers équipages à monter à bord du navire. Le contre‑amiral Newton a mentionné le marin retraité Gerry Curry, qui s’est fait un devoir d’assister au retrait du service du navire, tout comme il s’est fait un devoir de le voir mis en service en 1970.

« Je me suis entretenu avec Gerry et j’ai appris que le Preserver l’avait inspiré la première fois qu’il y avait mis les pieds en 1970 et qu’il a continué à l’inspirer tout au long de sa carrière jusqu’à son départ à la retraite, comme cela a été le cas pour bien d’autres. »

Tout au long de son cycle de vie, le navire a participé à des déploiements en appui à des groupes opérationnels canadiens et alliés partout dans le monde, depuis l’époque de la guerre froide jusqu’au XXIe siècle. Certains de ces déploiements ont été soulignés lors de la cérémonie de désarmement, dont la mission de maintien de la paix de l’ONU en Chypre, l’application des sanctions sur l’ex‑Yougoslavie en 1994, l’intervention à la suite de l’écrasement du vol 111 de Swiss Air survenu en 1998 au large de Peggy’s Cove et l’opération APOLLO en 2001 en appui aux opérations américaines en Afghanistan.

« Nous pouvons tous retirer quelque chose de ces récits sur les réalisations, les opérations et les amitiés racontés lors des cérémonies de départ à la retraite et, pour quelques heures seulement, on ralentit suffisamment pour rendre hommage à un compagnon d’équipage ou, comme aujourd’hui, au navire lui‑même », a déclaré le contre‑amiral Newton avant d’encourager les personnes présentes à raconter leurs histoires et anecdotes de l’époque où ils avaient travaillé à bord du navire.

Pour le capitaine de corvette Vicky Marier, dernier commandant du Preserver, il s’agissait de réfléchir à la tâche difficile qu’il fallait qu’elle accomplisse avec son équipage ce jour-là, c’est-à‑dire préparer le navire en vue de son désarmement. Elle a certes remercié chaleureusement tous ceux qui ont contribué au succès du Preserver au fil des ans, mais elle a félicité tout particulièrement ceux qui ont servi sous ses ordres et qui ont quitté le navire pour la dernière fois lors de la cérémonie.

« Sans eux, il m’aurait été impossible de mener à bien cette mission, a‑t-elle déclaré. Elle n’a pas omis de mentionner la devise du navire au moment de faire ses adieux au pétrolier : « si une frégate est les yeux, les oreilles et les mains de la Marine royale canadienne, le Preserver était sûrement le cœur de notre flotte. »

La partie officielle de la cérémonie de désarmement comportait un défilé naval du NCSM Ville de Québec et le rituel de transmission de la flamme d’armement le long du pont. L’équipage, suivi de son commandant, est descendu du navire, et la flamme d’armement, le pavillon de beaupré et le pavillon national ont été remis au Capc Marier, qui les a à son tour présentés au contre‑amiral Newton. Après le désarmement officiel du navire, l’équipage est passé devant la garde d’honneur des Forces maritimes de l’Atlantique puis s’est dirigé vers la jetée sous les applaudissements du public.