Opération Artemis : Les équipes d'arraisonnement sont cruciales à la sécurité maritime

Nouvelles de la Marine / Le 25 novembre 2013

Par le capitaine Annie Morin

De nombreux facteurs contribuent au succès de la mission dans le cadre d’une opération donnée. Certains sont des outils habilitants qui, une fois combinés, jettent les bases du succès et fournissent les outils nécessaires à l’équipe de commandement pour assurer un résultat positif.

Il est essentiel pour le succès de la mission de disposer de membres du personnel très bien formés et efficaces. À bord du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Toronto, une frégate de la Marine royale canadienne déployée dans le cadre de l’opération Artemis dans la région de la mer d’Arabie, il n’y a pas d’exception : chaque membre de l’équipage joue un rôle essentiel.

Certains membres de la compagnie du navire font également partie de l’équipe d’arraisonnement des navires (EAN), qui permet au Toronto de mener certaines de ses tâches, c’est-à-dire contribuer à la sécurité maritime et aux opérations de lutte contre le terrorisme. L’EAN fournit donc des capacités supplémentaires au navire, ce qui permet au Toronto de mener des opérations d’arraisonnement complètes.

« L’équipe d’arraisonnement des navires du Toronto joue un rôle essentiel dans nos efforts visant à améliorer la sécurité maritime régionale dans le cadre de l’Op Artemis, en nous aidant à empêcher les organisations terroristes d’utiliser l’environnement maritime », explique le capitaine de frégate Matthew Bowen, commandant du NCSM Toronto. « Le Toronto lui-même peut trouver et arrêter les navires suspects en haute mer, mais c’est l’équipe d’arraisonnement des navires qui les aborde et effectue les fouilles physiques à la recherche de marchandises ou de personnes liées au terrorisme. C’est en bonne partie grâce à leurs compétences et à leur dévouement que nous pouvons avoir tant de succès dans notre mission actuelle. »

Les Forces armées canadiennes, comme de nombreuses autres forces militaires à l’échelle internationale, disposent d’EAN à bord de leurs navires. Le rôle principal d’une EAN est d’effectuer l’arraisonnement de navires de diverses classes qui ont été désignés par les équipes du renseignement. Pendant le déploiement dans le cadre de l’Op Artemis, on s’attend à ce que les EAN du Toronto accomplissent des tâches comme déterminer l’identité d’un navire suspect ou la légitimité de sa cargaison ou de ses passagers et recueillir de l’information pour déterminer si la cargaison ou les passagers sont liés au terrorisme. Le trafic de stupéfiants, par exemple, est souvent utilisé pour soutenir des organisations terroristes.

Dans la Marine royale canadienne, les EAN ne constituent pas un métier spécialisé. En effet, celle du Toronto est composée de membres de l’équipage central. Bien que certains postes doivent absolument être comblés par des métiers précis, comme des ingénieurs navals ou des membres du personnel médical, n’importe qui peut se joindre à l’équipe s’il possède les qualités et l’entraînement requis. Parmi les qualités personnelles requises, citons l’initiative, la motivation et l’aptitude au travail d’équipe.

Les membres de l’EAN doivent également être en très bonne forme physique en ce qui a trait à l’endurance et à l’agilité, car ils pourraient être exposés à des conditions environnementales extrêmes pendant leur travail. Ils doivent également être en mesure de manier diverses armes.

Pour assurer le succès des opérations d’arraisonnement, les membres de l’équipe doivent être très bien formés dans une grande variété de domaines comme les premiers soins, la forme physique, le recours à la force non mortelle (vaporisateur de poivre et matraque ASP), les techniques de tir pour le Sig Sauer, la C8, le MP5 et le fusil de chasse, les déplacements tactiques, les techniques de fouille, la collecte de renseignements et le menottage. Dans le cadre de cet entraînement, les membres de l’EAN utilisent souvent des projectiles de type « Combat Enhanced Ammunition Simulation System (CEASS) », qui fonctionnent comme des balles de peinture, afin de pouvoir se livrer à de l’entraînement tactique réaliste.

Le processus lié à un arraisonnement est très strict et comprend une séquence déterminée d’activités pour veiller à ce que le Toronto continue de respecter les directives des Forces maritimes alliées (FMA) et de la Force opérationnelle multinationale 150 (CTF 150), ainsi que la doctrine nationale et le droit national et international.

Le Toronto commence par aller à la recherche d’un contact d’intérêt. Une fois le navire cible localisé, le Toronto demande l’autorisation de la CTF 150 pour effectuer un arraisonnement. Le navire est ensuite guidé vers les postes d’arraisonnement pendant que les membres de l’EAN vérifient leur équipement. Une fois leur équipement préparé, ils reçoivent des instructions et des conseils supplémentaires de la part du commandant du navire au sujet de l’arraisonnement. L’embarcation gonflable à coque rigide (RHIB) est alors lancée et emmène la vague Alpha (le premier groupe) au navire à arraisonner. Les membres montent à bord du navire ciblé à l’aide d’une échelle de spéléologie.

L’équipe commence par effectuer un ratissage de sécurité. Ses membres fouillent le navire de fond en comble pour découvrir les menaces possibles et assurer la sécurité de nos membres. S’il est déterminé qu’il existe des motifs suffisants, la vague Bravo (second groupe) est envoyée à bord pour effectuer des recherches plus approfondies afin de déterminer si des activités illégales se déroulent. En cas de découverte d’espaces dissimulés ou vides, dans lesquels on pourrait cacher, par exemple, des stupéfiants, le navire demande l’autorisation de la CTF 150 pour effectuer des fouilles à l’aide de la technique dite du « trou de serrure ».

Cette technique consiste en la création d’un tout petit trou dans un espace par lequel une caméra est insérée pour pouvoir voir ce que contient un espace dissimulé en réduisant le plus possible les dommages au navire. Si l’équipe aperçoit quelque chose de suspect qui nécessite un examen approfondi ou si des marchandises illicites sont découvertes mais ne sont pas facilement accessibles, une demande de recherche destructive est présentée aux FMA par l’entremise de la CTF 150. Cette procédure permet à l’EAN d’avoir accès à l’espace suspect en utilisant des moyens plus invasifs. Cependant, tous les dommages doivent être réparés avant le départ de l’EAN.

Une fois cette procédure terminée et les marchandises illicites (comme des stupéfiants) découvertes, on demandera l’autorisation de les éliminer par l’entremise des FMA et du Commandement des opérations interarmées du Canada. Les stupéfiants seront embarqués à bord du Toronto et des membres de la compagnie du navire se livreront à la collecte de renseignements. Une fois cela fait, les stupéfiants sont éliminés le plus rapidement et le plus efficacement possible, ce qui met fin à l’arraisonnement.

Le NCSM Toronto est actuellement déployé dans le cadre de l’Op Artemis avec 262 membres d’équipage, un détachement d’hélicoptères CH124 Sea King et un détachement de véhicules aériens sans pilote. Le navire fait partie de la Force opérationnelle multinationale 150 (CTF 150), une force opérationnelle maritime qui combat le terrorisme dans la mer Rouge, le golfe d’Aden, la mer d’Oman et le golfe d’Oman. Le Toronto et ses partenaires de la coalition encouragent la sécurité, la stabilité et la prospérité dans un secteur qui couvre plus de cinq millions de kilomètres carrés et comprend certaines des voies commerciales les plus importantes du monde, connectant l’Extrême-Orient à l’Afrique, à l’Europe et à l’Amérique du Nord.