Qu’advient-il des stupéfiants saisis en mer?

La Vigie - Automne 2013 / Le 4 novembre 2013

Par Erin Abercrombie

De la fin mars au début de juin 2013, le NCSM Toronto a saisi plus de 1,3 tonne d’héroïne et environ sept tonnes de hachisch dans le cadre des opérations de lutte contre le terrorisme menées au sein de la Force opérationnelle multinationale 150. Dans le cadre de ses tâches, le Toronto a non seulement saisi les stupéfiants illégaux, mais les a également détruits.

Le secteur de l’océan Indien est reconnu comme l’un des passages maritimes les plus occupés au monde. Chaque année, plus de 23 000 navires y circulent. Malgré toute l’activité maritime, le Toronto a toujours réussi à désorganiser le transport de stupéfiants dans la région. 

Le Toronto s’appuie sur les compétences et l’expérience de chacun des membres de l’équipage. Dans la plupart des cas, les stupéfiants sont bien dissimulés sur les navires, mais les membres de l'équipe d'arraisonnement sont formés pour les trouver. « Ils sont devenus de véritables experts capables de découvrir des stupéfiants bien cachés dans les endroits les plus inusités, a indiqué le Capf Jeff Hamilton, commandant du Toronto pendant sa première rotation dans ce secteur. »   

Lorsque des stupéfiants sont saisis, ils sont tout d’abord catalogués, inventoriés et placés dans un lieu sécuritaire verrouillé sur le Toronto jusqu’à ce que l’ordre soit donné de les détruire. Lorsque cet ordre est reçu, on refait l’inventaire des stupéfiants et on les prépare aux fins d’élimination.

Les méthodes utilisées pour la destruction varient selon le type de stupéfiants, l’environnement et les conditions climatiques. La plupart du temps, les stupéfiants sont jetés par-dessus bord, et l’équipage s’assure qu’ils coulent.

Ils sont parfois détruits à l’aide d’explosifs par l’équipe de démolition navale formée d’officiers et de manœuvriers du service du pont ayant reçu une formation spéciale à cet effet. Le 24 mai, le navire a détruit 300 kilogrammes d’héroïne à l’aide d’explosifs.

La sécurité est la principale priorité. Un nombre minimal de personnes a été autorisé sur le pont et les explosifs ainsi que les fusées ont été gardés séparément jusqu’à ce que le radeau sur lequel on avait placé les stupéfiants dans une boîte scellée ne soit plus à bord du navire et qu’on soit prêt à procéder à la destruction.

Avant la détonation, une série de vérifications ont été effectuées : surveillance aérienne, vérification visuelle de la surface et écoute du système sonore sous‑marin pour s’assurer qu’il n’y avait pas de faune marine près du lieu de destruction et qu’aucun autre navire ne se trouvait dans le secteur. Ce sont là des procédures standards pour assurer la gérance de l’environnement.  

Étant donné que l’explosion en soi a entièrement pulvérisé le contenu, il y avait peu de débris. « En raison de la composition et de la conception du radeau et du genre d’explosion, il y avait très peu de risque que l’environnement et la faune marine soient contaminés par les stupéfiants, qui sont entièrement détruits par l’explosion », explique le commandant. 

Peu après chaque opération de destruction, une petite équipe est toutefois envoyée dans une embarcation pneumatique à coque rigide pour vérifier qu’il n’y a pas de plastique ou de débris qui flotte à la surface. Le 24 mai, tout a été détruit par l’explosion, mission accomplie.

La saisie de drogue est une des nombreuses opérations menées par le Toronto. Le trafic de stupéfiants dans la mer d’Oman et dans la région environnante est une source reconnue de financement pour les organisations terroristes. La destruction de ces stupéfiants est l’étape finale pour empêcher des organisations terroristes d’obtenir des ressources financières par le trafic de ces substances.

Comme l’explique le Capf Hamilton : « La saisie de drogues illégales est un puissant message lancé aux organisations terroristes que les voies de communication maritime mondiales ne deviendront pas un moyen d’assurer le financement d’activités terroristes ou de favoriser la croissance de ces organisations. »

MISE À JOUR : Le 5 octobre, le NCSM Toronto a intercepté et arraisonné un navire soupçonné de contrebande à environ 500 milles marins à l’est de la Corne de l’Afrique sur lequel on a découvert 154 sacs d’héroïne pesant plus de 180 kilogrammes. Les stupéfiants ont été catalogués et détruits.