Retour au pays du gouvernail du NCSM Niobe

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Nouvelles de la Marine / Le 17 octobre 2016

Par Darlene Blakeley

Un objet faisant partie de l’histoire de la Marine canadienne est de retour au pays près d’un siècle plus tard.

Le Musée canadien de la guerre à Ottawa a fait l’acquisition du gouvernail du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Niobe, l’un des deux premiers navires de guerre canadiens.

Le NCSM Niobe a été en service actif lors de la Première Guerre mondiale, et son équipage a joué un rôle important dans les interventions qui ont été faites à la suite de l’explosion survenue à Halifax en 1917.

Le Musée canadien de la guerre a effectué cet achat au Camden Shipyard and Maritime Museum au New Jersey grâce au Fonds de la collection nationale servant à acquérir et à conserver des artéfacts d’importance pour le patrimoine canadien.

Cette acquisition a lieu au moment où la Marine royale canadienne souligne la Journée du Niobe, laquelle est célébrée chaque année, le 21 octobre.

« Le processus d’acquisition a commencé l’an dernier lorsque le musée du New Jersey nous a demandé si nous voulions reprendre possession du gouvernail du NCSM Niobe, a précisé Jeff Noakes, historien spécialisé dans la Seconde Guerre mondiale au Musée canadien de la guerre. Nous sommes ravis de le récupérer. »

M. Noakes affirme que l’acquisition du gouvernail constitue « l’un des fascinants récits qui expliquent comment certains objets comme ce gouvernail sillonnent le monde pour ensuite revenir au Canada ». Au Musée canadien de la guerre, il y a aussi l’un des gouvernails du NCSM Rainbow, le deuxième des deux premiers navires de guerre canadiens.

Le gouvernail du Niobe doit être restauré avant d’être exposé. Pesant plus de 158 kilogrammes et ayant un diamètre de deux mètres, le gouvernail doit aussi être monté sur un support fait sur mesure.

« Il s’agit du plus gros artéfact qui nous reste du Niobe, a commenté M. Noakes. Nous avons eu la rare occasion de faire l’acquisition d’un objet d’importance pour l’histoire navale du Canada. Nous étions en mesure de profiter de cette occasion et nous sommes ravis de pouvoir préserver le gouvernail pour les générations actuelles et futures. »

Mis à l’eau en 1897, le Niobe a été en service actif au sein de la Royal Navy jusqu’en 1910, année où le nouveau Service naval du Canada, devenu en 1911 la Marine royale canadienne, en a fait l’acquisition. Le Niobe est arrivé à Halifax le 21 octobre 1910, devenant ainsi le premier navire de guerre canadien à entrer dans les eaux territoriales du Canada. Le Niobe était le principal navire-école et patrouilleur menant des opérations de souveraineté sur la côte Est avant d’être déployé au début de la Première Guerre mondiale. En 1915, ayant nécessité des réparations majeures, il est devenu un bâtiment-base à Halifax.

Le 6 décembre 1917, le Mont Blanc, qui transportait une cargaison d’explosifs, est entré en collision avec l’Imo dans le port d’Halifax. Quand un incendie s’est déclenché à bord du Mont Blanc, Albert Charles Mattison, maître d’équipage intérimaire du Niobe, a mené, avec six hommes, une tentative de sauvetage à bord de la pinasse du navire, soit un petit bateau à vapeur. Lorsque les hommes se sont approchés du Mont Blanc, celui‑ci a explosé, et l’explosion a détruit la pinasse, a endommagé le Niobe et a dévasté une grande partie d’Halifax.

En reconnaissance de leurs efforts de sauvetage lors de l’explosion, on a décerné à titre posthume la médaille Albert au maître d’équipage intérimaire Mattison et au second maître chauffeur Ernest Edmund Beard. Les deux médailles font partie de la collection du Musée canadien de la guerre.

Après avoir été réparé, le Niobe a repris son rôle de bâtiment‑base. Il a ensuite été déclaré excédentaire et a été vendu après la guerre et mis à la ferraille aux États‑Unis en 1920. Le gouvernail a été exposé au Merchantville Country Club au New Jersey et a ensuite été remis au Camden Shipyard and Maritime Museum.

« Certains objets, comme le gouvernail et la cloche, sont le cœur et l’âme du navire, a indiqué Rick Sanderson, directeur du Musée naval d’Halifax. La cloche du Niobe est exposée ici, et d’autres objets du navire se trouvent un peu partout au pays. »

En fait, M. Sanderson a contribué à l’identification d’une ancre que l’on avait découverte dans l’arsenal d’Halifax en 2014. Il s’agit de l’une des ancres du Niobe du temps où le navire servait de bâtiment-base après 1916.

« Il est important que ces objets, qui renvoient aux débuts de la Marine royale canadienne, soient conservés au Canada dans la mesure du possible, a-t-il ajouté. L’acquisition du gouvernail du Niobe par le Musée canadien de la guerre était une occasion idéale et une nouvelle très positive pour la Marine. »