Solution de haute technologie envisagée pour aider à éviter les mammifères marins

Nouvelles de la Marine / Le 4 janvier 2022

Par Peter Mallett

Le bien-être des mammifères marins représente une préoccupation constante au sein de la Marine royale canadienne (MRC). Grâce aux récents essais d’équipement effectués par Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), une nouvelle technologie permettra d’améliorer la capacité de la MRC de détecter et d’éviter la faune marine.

Le 23 novembre, une équipe de chercheurs a lancé dans l’océan près d’Esquimalt, en Colombie-Britannique, le Data Xplorer, un drone océanique en forme de planche de surf alimenté par l’énergie solaire.

L’objectif est de détecter des mammifères marins en remorquant un réseau d’hydrophones passifs et en enregistrant ou en envoyant des données à un centre de contrôle. Si l’on détecte des baleines, la MRC pourra utiliser ces données afin de décider si elle doit interrompre, retarder ou déplacer les opérations afin de les éviter.

« La meilleure stratégie pour réduire les risques de causer du tort aux mammifères marins est de les éviter, ainsi que de développer de nouvelles technologies automatisées pour améliorer la surveillance de la vie marine, déclare le major (Maj) Dugald Thomson, un officier de l’Aviation royale canadienne, qui est actuellement en détachement à RDDC à titre d’officier de liaison de la Force aérienne.

Le drone océanique, conçu par l’entreprise Open Ocean Robotics de Victoria, s’est déplacé pendant une journée près des îles Chatham, Discovery et Trial, pour enregistrer les sons sous-marins. Le traitement automatisé à bord du véhicule a permis de détecter des gémissements de baleines à fanons et des sifflements de dauphins à flancs blancs du Pacifique. Ces détections seront vérifiées manuellement après l’essai.

Le Maj Thomson affirme que le Data Xplorer pourrait être déployé en mer avant la tenue d’exercices militaires. La MRC ne posséderait pas et n’exploiterait pas le drone, mais confierait à Open Ocean Robotics le balayage préalable à un exercice dans une zone donnée.

En plus du sonar passif qui transmet des données de réseau, le Data Xplorer est équipé d’une caméra à 360 degrés, d’une station météorologique, qui recueille des renseignements atmosphériques et océanographiques, comme la vitesse du vent, la température et la pression barométrique, d’un capteur de vagues, d’un sondeur multifaisceaux, qui recueille des renseignements sur la profondeur et la topographie de l’océan, et de capteurs supplémentaires qui peuvent être équipés.

Jusqu’à maintenant, l’entreprise a construit trois prototypes capables de transmettre des données à son centre de contrôle à terre, au moyen d’une liaison montante par satellite ou d’une connexion par téléphone portable.

Open Ocean Robotics travaille en étroite collaboration avec JASCO Applied Sciences à l’élaboration de la capacité de patrouille autonome. Pour sa part, RDDC est en train de mettre au point une application d’aide à la prise de décision pour traiter et intégrer les données saisies par une multitude de sources, y compris les plateformes sans équipage, comme le Data Xplorer. L’application fournira également des données d’appui à la prise de décision qui permettra à l’équipe de commandement du navire de gérer les risques associés aux opérations en mer. L’équipe de RDDC prévoit réaliser le prototype de l’application interne au cours des deux prochaines années, indique le Maj Thomson.

« Lorsque nous aurons fini d’évaluer et de mettre au point tout ce qui précède, nous pourrons remettre le projet à la Force aérienne et à la Marine pour qu’elles le mettent en œuvre et le confient à des sous-traitants. »

Avant que cela ne se produise, d’autres essais sur le Data Xplorer doivent être réalisés. Les essais de la phase deux doivent avoir lieu au Centre d’expérimentation et d’essais maritimes des Forces canadiennes de Nanoose Bay, en Colombie-Britannique, à la fin de février ou au début de mars 2022.

La protection des mammifères marins fait partie du Plan de protection des océans du gouvernement. Il vise particulièrement trois espèces de cétacés en péril : les épaulards résidents du Sud, les bélugas du Saint-Laurent et les baleines noires de l’Atlantique Nord, qui peuvent être affectés par des bruits anthropiques, comme ceux produits par les levés sismiques ou lors de l’utilisation du sonar actif.

L’armée s’efforce activement d’atténuer son incidence sur la faune océanique. Selon le Maj Thompson, la solution repose sur l’automatisation de la surveillance marine et sur la transmission des données recueillies à un endroit central auquel l’équipage d’un navire ou d’un aéronef peut accéder instantanément.

« Cette recherche applique les progrès technologiques du sonar passif pour alerter les décideurs lorsque des baleines sont à proximité. »

Le Maj Thomson espère que cette nouvelle technologie changera la donne pour les opérations militaires.