Tel père, tel fils

Nouvelles de la Marine / Le 19 janvier 2017

Par Ryan Melanson

Tout officier naval supérieur serait très fier de voir la prochaine génération de marins partir pour un important déploiement de l’OTAN, mais pour le capitaine de vaisseau Richard Jean, chef d’état-major de la Marine royale canadienne (MRC), le départ du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) St. John’s le 9 janvier 2017 était d’autant plus spécial puisque que son fils, le lieutenant de vaisseau Alex Jean, est l’officier de navigation du navire.

Le Capv Jean était à Halifax pour saluer le départ de l’équipage avant de revenir à Ottawa, et il a pu passer de précieux moments avec son fils pendant la fin de semaine précédant le grand départ. Il a dit qu’il était emballé, voire un peu envieux, d’observer le jeune équipage s’affairer pendant qu’il se tenait sur la jetée, même si une longue mission signifie pour plusieurs un matin marqué par de tristes adieux.

« Cela m’a rappelé ma toute première mission de l’OTAN en 1985 et toute l’émotion associée à la visite de nouveaux ports et à la participation aux activités d’un grand groupe opérationnel multinational. Le sourire sur le visage d’Alex me rappelait le mien à son âge. »

Le Ltv Jean, quant à lui, confirme la fièvre du départ, malgré les lourdes tâches à venir. Il a accumulé beaucoup de temps en mer depuis son arrivée au sein de la flotte, y compris une mission de trois mois dans le cadre de l’opération CARIBBE et une période d’échange de six mois sur un navire de l’Armada du Chili. Naviguer vers la Méditerranée pour se joindre au 2e Groupe de la Force navale permanente de l’OTAN promet toutefois d’être une toute nouvelle expérience, qui attire fortement l’officier âgé de 27 ans.

« Lors d’une mission de l’OTAN, on a l’occasion d’interagir avec d’autres navires et d’autres marins, de naviguer en formation, ce qui est vraiment impressionnant. Je suis devenu un navigateur parce que j’aime conduire des navires, et j’aime la vraie vie de marin lorsque nous sommes en mer. Je serai donc servi à ce niveau », souligne-t-il.

Comme le Ltv Jean a grandi dans diverses bases militaires et dans le monde de la Marine, on serait porté à croire qu’il est tout naturel qu’il ait suivi les traces de son père, mais la réalité est tout autre. Les diverses affectations de son père l’ont forcé à déménager aux quatre coins du pays, c’est pourquoi lorsqu’il était jeune, les nombreux changements d’école et la perte chaque fois de son cercle d’amis ont fait que le Ltv Jean ne portait pas vraiment la MRC dans son cœur.

« À vrai dire, je n’avais aucune intention de m’enrôler dans la Marine », explique-t-il. Mais à la fin de l’adolescence, lorsqu’il a commencé à penser aux emplois d’été et à sa future carrière, il a décidé d’aller voir ce que le Centre de recrutement des Forces canadiennes avait à offrir.

« J’ai été très surpris lorsqu’il nous a parlé de son intention de se joindre à la Réserve navale », explique le Capv Jean, en ajoutant que son épouse et lui appuyaient la décision de leur fils, de même que son choix de continuer jusqu’à la Force régulière et d’étudier au Collège militaire royal du Canada.

Le Capv Jean dit en blaguant que les surprises ont continué lorsqu’il a appris que son fils avait choisi le groupe professionnel des Opérations maritimes de surface et sous-marines (MAR SS), suivant les traces de son père.

« Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu : “Tu avais l’air de t’y plaire toi, papa!” »

Le Ltv Jean affirme qu’il aime bien suivre un parcours professionnel similaire à celui de son père, mais ajoute qu’il est aussi reconnaissant d’avoir pu faire son propre chemin dans la vie, sans aucune pression.

« Il m’a même dit “Si tu trouves une meilleure option dans le monde civil, n’hésite pas”, mais je me suis assez bien adapté à la Marine. J’aime beaucoup les gens et la camaraderie, précise-t-il. Il m’a beaucoup encouragé, et je sais qu’il continuera de le faire, peu importe la direction que je prendrai. »

Le Capv Jean est du même avis et affirme bien aimer pouvoir transmettre ses histoires navales, ses trucs et ses conseils avec la prochaine génération de la famille de la MRC et de sa proche famille.

« Les officiers navals ont souvent l’occasion d’agir en tant que mentors auprès de leurs subalternes. Cette responsabilité revient aussi aux parents. Je suis on ne peut plus heureux d’avoir pu faire les deux », rapporte-t-il.