Un marin canadien en Amazonie péruvienne

Nouvelles de la Marine / Le 28 novembre 2019

Cet automne, le lieutenant de vaisseau (Ltv) Sean Place a eu le privilège d’embarquer à bord du BAP Río Putumayo II, une plateforme itinérante d’action sociale (aussi PIAS en espagnol) qui fait partie de la Marine péruvienne.

Le Río Putumayo II et ses cinq navires-jumeaux fournissent un service précieux et particulier : ils apportent des services gouvernementaux jusqu’à des petits villages isolés dans les régions de l’Amazonie péruvienne et du lac Titicaca.

Pendant son séjour à bord du Río Putumayo II, le Ltv Place s’est rendu dans 22 localités différentes situées en bordure de la rivière Putumayo ou de l’Amazone, et il y est resté pendant une ou deux journées, pour accompagner le commandant lors de rencontres avec le « cacique », le chef du village, pour discuter de problèmes propres au village.

« Nous avons souvent mangé, fait du sport et participé à des activités culturelles avec ces gens pour bâtir la confiance et établir de bonnes relations de travail, rapporte le Ltv Place. Beaucoup de gens s’intéressaient particulièrement à moi, puisque j’étais le premier étranger à faire une visite dans leur localité. J’ai été reçu avec une grande hospitalité notamment lorsque mes hôtes m’ont offert des mets amazoniens, apprêtés entre autres avec du crocodile, du piranha et du sanglier. »

Pendant sa participation au programme d’échange REGULUS avec la Marine péruvienne, le Ltv Place affirme avoir beaucoup appris au sujet de la navigation fluviale, mais encore plus sur les réalités de la vie dans une région éloignée.

Dans une zone accessible uniquement par voie fluviale ou aérienne, les navires de la classe PIAS, mis en service en 2015, sont basés à Iquitos, une ville de 300 000 habitants. Pour la Marine péruvienne, cette base offre un accès pratique à l’Amazone, ainsi qu’aux rivières Putumayo, Napo, Tigre, Marañon, Yavarí et Ucayali. Ces cours d’eau forment le bassin de la circulation de la région de Loreto, dans le Nord du Pérou, qui a des frontières communes avec la Colombie, le Brésil et l’Équateur.

Chaque navire de la classe PIAS effectue habituellement cinq missions de 40 jours chaque année, avec des périodes de travail de durée variable entre les missions.

« Un village typique visité par un navire PIAS comprend cinq ou six maisons en planches de cèdre avec un toit de feuilles tissées, des fenêtres non vitrées, sans eau courante ni toilette, un foyer de cuisine et une ou deux ampoules électriques suspendues au plafond », explique le Ltv Place.

Le village est desservi par une école à une seule salle de classe, où l’on trouve des manuels scolaires recyclés et aucune technologie moderne. Les gens doivent pêcher ou chasser tous les jours parce qu’ils n’ont accès à aucun moyen de réfrigération pour empêcher les aliments de se gâter. La communication avec le monde extérieur se fait uniquement par téléphones satellites coûteux ou en se rendant en canot ouvert dans des villes plus peuplées.

Se rendre dans de plus grandes agglomérations pour vendre du bois, du poisson ou du gibier est coûteux, long et souvent peu pratique en raison du manque de moyens de réfrigération.

« Dans de tels endroits, il n’y a pas d’accès aux soins médicaux, aux pensions, à l’assurance sociale ou aux services d’aide en cas de violence familiale ou sexuelle, et le gouvernement est incapable d’évaluer la qualité des écoles, explique le Ltv Place. Ces services sont tous disponibles grâce au PIAS, qui peut embarquer environ 20 civils. »

« Le programme PIAS est le fruit de la collaboration de sept ministères. Il ne peut certainement pas régler tous les problèmes auxquels font face les gens en Amazonie péruvienne, mais il peut améliorer considérablement la vie des gens », ajoute le Ltv Place.

« J’ai eu la chance extraordinaire d’être témoin des merveilles naturelles du fleuve Amazone et de la rivière Putumayo, ainsi que du travail digne d’éloges du programme PIAS. C’était une expérience que je n’oublierai jamais. »