Une ancienne participante au Programme d’enrôlement des Autochtones souhaite rendre service aux Forces à titre de mentor

Nouvelles de l’Atlantique / Le 23 mai 2018

par Ryan Melanson

de l’équipe du Trident

Quand le Matelot de 2e classe (Mat 2) Bridgett Doucett s’est inscrite au Programme d’enrôlement des Autochtones des Forces canadiennes (PEAFC), elle savait que la carrière militaire l’attirait, mais comprenait que l’environnement et la culture des Forces armées canadiennes (FAC) lui étaient étrangers. Une présentation du monde militaire, sous la forme d’un programme rémunéré de trois semaines, a été pour elle un moyen bienvenu de faciliter cette transition.

Aujourd’hui, à peine quelques années plus tard, elle est opératrice de détecteurs électroniques (Marine) (OP DEM) et des systèmes de conduite du tir; elle a traversé l’océan pour prendre part à des exercices de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), visité Cuba et l’Amérique du Sud et, dernièrement, a décroché sa première promotion, qui a fait d’elle un Mat 2. Les écueils, sur son parcours, n’ont pas manqué, mais l’expérience d’être payée pour voir le monde, acquérir de nouvelles compétences et se lier avec ses compagnons de bord a été d’abord et avant tout positive.

« Tout tourne autour de ce qu’on a la chance de voir, de ce qu’on a la chance de faire, et des moments très précieux qu’on vit en mer. Je ne vois vraiment pas dans quel autre domaine on pourrait vivre ça. »

Elle souhaite maintenant redonner au programme qui lui a ouvert les portes aux FAC et agira donc à titre de mentor auprès des ceux qui participeront au PEAFC cette année à Halifax, du 4 au 25 mai.

« Je suis vraiment heureuse de participer de nouveau au programme », a souligné le Mat 2 Doucett.

« Le programme m’a énormément aidée à me préparer pour l’instruction élémentaire. Nous avons appris comment faire notre lit, comment exécuter les exercices de drill, et nous avons acquis les rudiments du monde militaire », a-t-elle précisé. Les participants visitent aussi différentes unités de la région et ont l’occasion de goûter de chaque armée des FAC grâce à des activités comme des journées de voile, des vols en hélicoptère ou des parcours en véhicule blindé léger (VBL), un jour passé dans les conditions de la vie en campagne et bien d’autres. Dans le cas du Mat 2 Doucett, la rencontre de militaires actifs dans le cadre du programme l’a aidée à faire son choix de groupe professionnel militaire après s’être entretenue avec un OP DEM.

« Il m’a expliqué les différents aspects du métier, nous en avons parlé et ça m’a aidée à prendre une décision éclairée. C’est une autre partie étonnante de ce que peut offrir le programme. »

Le Mat 2 Doucett, qui a grandi au cap Tormentine (Nouveau‑Brunswick), est membre de la Première nation micmaque de Lennox Island. Bien que son héritage autochtone n’ait pas toujours joué un grand rôle dans sa vie, l’occasion de se rattacher à ses aïeuls parmi un groupe de ses pairs a aussi été pour elle aspect très positif du PEAFC.

« C’était vraiment bien de rencontrer ces autres jeunes autochtones de différentes origines et d’établir un lien solide avec eux. Nous avons, entre autres, formé des cercles de partage tous les quelques jours, et nous avons parlé de toutes sortes de choses; nous en sommes venus à vraiment bien nous connaître », dit-elle, ajoutant qu’elle est toujours en contact avec certains de ses compagnons du PEAFC et qu’elle souhaite trouver d’autres manières de relier, à l’avenir, son héritage micmac à sa carrière dans les FAC.

Elle a aussi pu tirer de l’inspiration de son histoire familiale. Son arrière-grand-père, Michael « Island Longboat » Thomas, a été le premier prince‑édouardien à courir le marathon de Boston, en 1911, bravant les tracasseries racistes et la discrimination, un fait que rappelle la statue qu’on lui a érigée sur l’Île en 2014. Sa grand-tante Virginia Doucett, aujourd’hui septuagénaire, a été officier de Marine il y a près de cinquante ans, ce qui n’est pas sans susciter une pointe de fierté chez le Mat 2 Doucett.

« J’ai toujours son histoire à l’esprit; c’est elle qui m’a inspirée à me joindre aux Forces et elle m’inspire toujours. C’est une personne très forte. »

Le Mat 2 Doucett a hâte de faire la connaissance de son groupe de cette année, de l’aider à s’insérer dans la collectivité des FAC et de conseiller ceux du groupe qui décideront de s’enrôler dans les FAC après les trois semaines d’introduction.

« Je vais leur faire comprendre qu’ils doivent être totalement engagés envers ce qu’ils s’apprêtent à faire, parce que ce n’est pas facile, mais qu’ils vivront en contrepartie des aventures formidables. »