Une femme photographe joue un rôle de pionnier pendant la Seconde Guerre mondiale

Nouvelles de la Marine / Le 24 octobre 2019

Lors du moment le plus fier de sa carrière navale, Jenny Whitehead Pike aide à traiter les premières photographies du débarquement du jour J pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’une des premières femmes à avoir reçu une formation de photographe et de technicienne en photographie, elle a fait partie d’une vague révolutionnaire de femmes recrutées par le Service féminin de la Marine royale du Canada (WRCNS) pendant la guerre.

Les Wrens, comme on les appelle à l’époque, jouent alors un rôle essentiel dans l’effort de guerre du Canada. Même si elles ne servent qu’à terre, leurs efforts sont essentiels à la victoire des Alliés et contribuent à l’autonomisation des femmes en leur confiant des rôles non traditionnels et des responsabilités techniques et opérationnelles particulières, ce qui rend les Wrens très en avance sur leur temps.

Jenny Pike est alors une telle pionnière, déterminée à exceller dans ce qui est considéré comme un rôle non traditionnel à l’époque.

Née à Winnipeg en 1922, elle sait dès l’âge de 11 ans qu’elle souhaite devenir photographe, et apporte souvent de l’aide dans le laboratoire de photographie de son frère. Plus tard, cette expérience est très utile à cette jeune passionnée de photo lorsqu’elle est embauchée pour travailler dans le département de photographie du grand magasin Eaton.

En 1943, alors que la Seconde Guerre mondiale est en cours, son père l’aide à écrire au secrétaire du Conseil de la marine afin qu’elle puisse offrir ses services en tant que photographe.

Ce soutien est inhabituel à une époque où de nombreux parents désapprouvent l’enrôlement de leurs filles dans les forces armées. Il n’y a pas de postes vacants à l’époque, mais on encourage Jenny à se joindre au service naval à titre de recrue embauchée à l’essai.

Les Wrens semblent avoir une belle vie et Jenny s’enrôle en février 1943. Elle s’entraîne au Navire canadien de Sa Majesté Conestoga à Galt, en Ontario.

Elle dit parfois en plaisantant à l’époque qu’elle se trouve pour la première fois dans un foyer pour filles rebelles, ce à quoi les bâtiments du Conestoga servent avant que les Wrens n’y emménagent.

En août 1943, elle est affectée à Ottawa pour suivre une formation en photographie. Il n’y a que sept jeunes femmes dans la première classe et elle est l’une d’elles. Par la suite, elle se rend à Halifax en octobre 1943 et, en février 1944, à Londres en Angleterre, par voie maritime.

Cela ne fait que quatre mois qu’elle est à Londres quand l’invasion commence le jour J.

Son souvenir de la guerre dont elle est la plus fière est le développement des premières photographies prises lors du débarquement du jour J. Il s’agit des premières photos de l’assaut des Alliés à être publiées, et elles sont diffusées par les agences de presse des journaux du monde entier.

Jenny Pike, alors âgée de 22 ans, est la seule femme travaillant dans la chambre noire à l’époque.

Elle revient d’Angleterre en avril 1945, et manque de peu les festivités du jour de la Victoire en Europe, à son grand regret.

En 1949, elle épouse le premier maître de 2e classe Donovan Pike, un garçon avec qui elle a grandi et qu’elle rencontre de nouveau lorsqu’ils sont tous les deux libérés de la Marine. Il aime la vie dans la Marine et, avec les encouragements de Jenny, il s’enrôle de nouveau. Le couple déménage à Victoria et a eu deux enfants, un fils appelé Jim et une fille appelée Susan. Donovan Pike est mort en 1977.

En 1969, Jenny devient technicienne de chambre noire pour le service de police municipal de Victoria et prend finalement sa retraite en 1983. Malgré des problèmes de vision, elle est demeurée une passionnée de photographie et de clubs de photographie, toujours à la recherche de la photo parfaite.

Jenny Pike est décédée en 2004.

“En 2020, la Marine royale canadienne célèbrera le 75e anniversaire de la bataille de l’Atlantique, la campagne la plus longue, la plus étendue et sans doute la plus complexe de la Seconde Guerre mondiale.”