Du combat contre la terreur dans le désert au combat contre la terreur sur les mers : comment le matelot de 1re classe Cindy Veilleux « contribue encore une fois à faire changer les choses »

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Nouvelles de la Marine / Le 16 juillet 2021

Après avoir consacré sa carrière à la lutte contre des insurgés en sa qualité de sapeur de combat au sein de l’Armée canadienne, le matelot de 1re classe (Mat 1) Cindy Veilleux est de retour. Cette fois-ci, elle se joint à la Marine royale canadienne (MRC) pour lutter contre le terrorisme, à bord du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Calgary qui participe, dans les eaux moyen‑orientales, à des opérations de lutte à la contrebande.

Le Mat 1 Veilleux a grandi à Saint-Georges, au Québec, où elle a fréquenté la Polyvalente de Saint-Georges avant de déménager à Sherbrooke et de fréquenter la Polyvalente Le Phare. En 2006, à 20 ans, elle s’est enrôlée dans les Forces armées canadiennes (FAC) à titre de sapeur de combat, suivant les pas d’un ami proche.

« Il me parlait du travail d’équipe et des liens serrés qu’on tisse dans les FAC. De plus, les aspects scientifique et technique du génie militaire m’attiraient vraiment. Il m’a aussi beaucoup parlé de ce que c’est que d’être sapeur de combat et vraiment, tout ce savoir technique et scientifique m’intéressait vraiment. Ça, et travailler avec des explosifs! », explique le Mat 1 Veilleux. Ses yeux brillent d’enthousiasme quand elle évoque le volet des explosifs de son travail.

Le Mat 1 Veilleux a servi en Afghanistan pendant sept mois, effectuant des patrouilles au sein d’une unité d’infanterie. Sa fonction consistait à chercher des dispositifs explosifs de circonstance (IED) et à aider à ouvrir des brèches pour pénétrer dans des bâtiments. Elle a souvent été la seule femme à travailler dans son camp. En Afghanistan, son unité a constaté que les femmes de la région hésitaient beaucoup à parler aux hommes, et surtout aux militaires. En raison de sensibilités culturelles particulières, le Mat 1 Veilleux a souvent été appelée à interagir, au nom de l’équipe, avec les femmes de l’endroit.

« Il est arrivé quelques fois qu’un groupe de femmes, dans une salle, m’attrape carrément, par simple curiosité, pour s’informer sur mes tatouages et pour savoir pourquoi une femme marche avec des hommes », se souvient-elle. « Le temps que j’ai passé en Afghanistan a changé ma perception de la vie. Je suis très reconnaissante d’être née au Canada. »

Le Mat 1 Veilleux a quitté les FAC en 2013 pour travailler dans le secteur ferroviaire, mais elle s’est réenrôlée en 2018, cette fois comme technicienne en gestion du matériel dans la MRC. Pourquoi ce poste et pourquoi le passage à la MRC?

« Dans le monde civil, je me suis rendu compte que j’aimais vraiment le travail administratif. D’ailleurs, il me semblait qu’en tant que sapeuse de combat, je ne tirais pas parti de mon plus grand talent, soit ma sociabilité. En tant que technicienne en gestion du matériel, je suis appelée à interagir avec tout le monde. Ça me convient parfaitement », explique-t-elle. « Me joindre à la MRC constituait un geste symbolique pour moi : puisque j’ai quitté un groupe professionnel de combat, il m’a semblé préférable de ne plus porter l’uniforme de l’Armée. »

Le travail du Mat 1 Veilleux comprend l’entreposage et la distribution d’une vaste gamme d’articles, allant des pièces essentielles de systèmes d’armes valant plusieurs millions de dollars aux casquettes de baseball à l’effigie du NCSM Calgary.

Et qu’en est-il du service dans la Marine par opposition au service dans l’Armée?

« Les deux sont différents. Ce que j’aime vraiment, dans la Marine, c’est la possibilité de me rendre dans une foule d’endroits et le fait de pouvoir compter chaque soir sur un repas chaud et un lit. D’ailleurs, et beaucoup de gens ne le savent pas, mais dans la Marine, en plus de notre profession, on apprend également beaucoup de notions générales de matelotage et c’est aussi très valorisant », sourit-elle.

Le NCSM Calgary connait un grand succès dans son déploiement récent, l’Op Artemis, qui est une opération de contre-terrorisme et de lutte à la contrebande au Moyen-Orient, avec la Force opérationnelle multinationale 150, qui relève des Forces maritimes multinationales (CMF), une coalition de trente-quatre pays. Le navire passe maintenant à la deuxième étape de l’opération Projection.

Quelques jours après le début de l’opération, en avril, le navire a réussi une saisie record d’héroïne, la plus importante de toute l’histoire des CMF. En juin, le navire a établi un autre record pour avoir procédé au plus grand nombre de saisies individuelles de tous les navires en rotation opérationnelle de toute l’histoire de l’opération. Les saisies de drogue visent le démantèlement des flux de rentrées des terroristes et des organisations criminelles de la région.

« C’est formidable d’être là et de contribuer à changer les choses », dit le Mat 1 Veilleux.