La MRC prend livraison du deuxième navire de patrouille extracôtier de l’Arctique

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Nouvelles de la Marine / Le 15 juillet 2021

par Joanie Veitch,

Équipe du Trident

La livraison du deuxième des six navires de patrouille extracôtiers de l’Arctique (NPEA), le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Margaret Brooke, le 15 juillet 2021 à Halifax, marque une étape importante tant pour la Marine royale canadienne (MRC) que pour l’équipage du navire.

« L’équipage du Margaret Brooke a enfin un navire bien à lui, a déclaré le capitaine de frégate (Capf) Nicole Robichaud, commandant du navire. La livraison ne serait pas possible sans le dévouement de l’équipage, qui a passé la majeure partie des 12 à 18 derniers mois à s’entraîner et à apprendre à connaître ce navire. »

La livraison du Margaret Brooke, marque d’étrave 431, est un événement très attendu, selon le Capf Robichaud, en parlant du navire construit par Irving Shipbuilding dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale.

« Non seulement un nouveau navire entre en service au sein de la MRC, mais une nouvelle capacité est également introduite et le Margaret Brooke contribuera directement à la réalisation des objectifs généraux du Canada. »

Dans le cadre de la formation préparatoire à la livraison, l’équipage du navire a participé à un programme d’apprentissage informatisé et de formation pratique dans diverses installations à terre, ainsi qu’à bord du NCSM Harry DeWolf, le premier NPEA et le navire dont toute la classe porte le nom, a déclaré le capitaine de corvette (Capc) Dusty Allen, commandant en second du Margaret Brooke.

« Bien que cette formation nous permette d’être bien préparés à recevoir le navire, rien ne peut remplacer la fierté et l’appartenance à une unité bien à nous », a-t-il ajouté, en saluant « l’incroyable éthique de travail, l’enthousiasme et la fierté » dont a fait preuve l’équipage du navire.

Le parcours jusqu’au jour de la livraison a été parfois difficile, notamment en raison de la pandémie de la COVID-19.

« La COVID a eu une incidence sur tout le monde, partout, a déclaré le Capf Robichaud. Ses effets se sont fait sentir sur tout, du matériel aux pièces, en passant par la main-d’œuvre, le calendrier, l’instruction, le moral, les besoins du personnel et les missions. »

Irving Shipbuilding, le chantier naval canadien et maître d’œuvre du programme des NPEA, a soumis le navire à des essais de construction à la mi-mai. Maintenant, avec la livraison du Margaret Brooke, le navire « se rapproche d’un pas de plus vers son intégration à la flotte », a déclaré le Capf Nicole Robichaud.

« Nous avons eu la chance que le Harry DeWolf termine sa période post-acceptation, ce qui nous a permis d’apprendre et d’améliorer les pratiques propres à une nouvelle classe de navires, a-t-elle déclaré. Le Harry DeWolf a fait un excellent travail en ouvrant la voie pour que nous n’ayons pas à tout apprendre à partir de zéro. »

Le premier des six NPEA, le Harry DeWolf, a été livré en juillet 2020 et officiellement mis en service au sein de la MRC en juin 2021. Le troisième NPEA, le NCSM Max Bernays, sera lancé plus tard en 2021.

Une cérémonie de mise en service du NCSM Margaret Brooke est prévue en octobre 2022, à l’occasion du 80e anniversaire du naufrage du SS Caribou, le traversier à vapeur pour passagers qui reliait Terre-Neuve à la Nouvelle-Écosse avant d’être torpillé et coulé par un sous-marin allemand le 14 octobre 1942. Le traversier a coulé en cinq minutes.

Le Capc Margaret Brooke, infirmière militaire (alors enseigne de vaisseau de 1re classe [ens 1]), qui se trouvait sur le Caribou, a été nommée membre (section militaire) de l’Ordre de l’Empire britannique pour les efforts qu’elle a déployés en tentant de sauver son amie, l’Ens 1 Agnes Wilkie, infirmière militaire. Les deux femmes s’étaient agrippées aux cordages d’une embarcation de sauvetage chavirée. Malgré les efforts héroïques du Capc Brooke, qui tenait son amie d’un seul bras, cette dernière est décédée dans les eaux glacées.

Après le naufrage, le Capc Brooke est devenue la première femme à recevoir cette distinction au Canada.

Restée membre de la Marine jusqu’en 1962, date à laquelle elle a pris sa retraite avec le grade de capitaine de corvette, Margaret Brooke a fêté ses 100 ans avant de mourir le 9 janvier 2016. Le jour de son 100anniversaire, le 10 avril 2015, Jason Kenney, alors ministre de la Défense nationale, l’a appelée pour lui annoncer que le deuxième NPEA porterait son nom, marquant ainsi deux autres « premières » pour l’ancienne infirmière militaire – la première femme à voir un navire de guerre canadien porter son nom et la première fois qu’un tel navire était baptisé du nom d’une personne vivante.

Le Margaret Brooke a un programme de navigation chargé et sera désormais officiellement le commandement en mer du capitaine de frégate Robichaud. Après la période de travaux qui suivra la livraison et la cérémonie de baptême, le Margaret Brooke et son équipage effectueront une série d’essais qui aboutiront à sa mise en service en 2022.

« Nous naviguerons pendant l’année prochaine, en effectuant des essais post-acceptation, en testant et en mettant à l’épreuve toutes les composantes de la machinerie et de l’équipement, l’objectif étant de participer à l’opération Nanook à l’automne 2022 », a-t-elle déclaré.

Les NPEA accompliront principalement des missions de présence et de surveillance dans les approches maritimes du Canada, pour connaître qui navigue dans nos eaux et pour être prêts à intervenir dans une vaste gamme d’incidents. Ils serviront aussi à appuyer d’autres organismes gouvernementaux, tels que la Garde côtière canadienne, qui visent à assurer la sécurité de la navigation commerciale dans les eaux de l’Arctique.

Ces navires modernes et multifonctionnels seront au cœur d’une présence canadienne accrue dans l’Arctique et compléteront efficacement et stratégiquement les capacités de nos navires de guerre actuels et futurs par des opérations de reconnaissance et de surveillance essentielles.

Ils seront également capables de participer à une grande variété d’opérations internationales telles que la lutte contre la contrebande, la lutte contre la piraterie, la sécurité et la stabilité internationales. Ces navires seront en mesure de contribuer à l’aide humanitaire, aux interventions d’urgence et aux secours en cas de catastrophe à l’échelle nationale et internationale, et d’entreprendre une gamme variée de missions dans le monde entier.