Plaque du coffret à fusibles en laiton récupéré dans l’épave du NCSM Regina coulé en temps de guerre

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Nouvelles de la Marine / Le 18 novembre 2020

Un petit morceau de l’histoire navale du Canada a été récemment sauvé de l’épave du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Regina (K234), lequel avait été coulé par un sous-marin allemand au large des côtes anglaises le 8 août 1944.

Une plaque du coffret à fusibles en laiton a été récupérée par un plongeur local et remise au receveur d’épaves du Royaume-Uni, qui est responsable des objets récupérés. Le receveur d’épaves fait des recherches sur les propriétaires d’épaves, travaille avec le découvreur et le propriétaire pour leur rendre les objets récupérés, et collabore avec d’autres parties intéressées telles que les archéologues et les musées.

Dans ce cas, la plaque du coffret à fusibles en laiton, qui mesure environ 15 centimètres (six pouces), a été remise à la Marine royale canadienne (MRC) par l’intermédiaire du Haut-commissariat du Canada à Londres.

Camilla Moore, receveuse d’épaves, a présenté la plaque du coffret à fusibles au capitaine de frégate (Capf) Jeff Dargavel, commandant du NCSM Toronto, le 29 octobre 2020.

« Il est de mon devoir de tenter de restituer le matériel de l’épave à son propriétaire, et je suis ravie que nous ayons pu contribuer à la restitution de la plaque du NCSM Regina à la MRC », a déclaré Mme Moore. « C’est particulièrement poignant étant donné les circonstances de la perte du navire et l’importance de la bataille de l’Atlantique en cette année de son 75e anniversaire ».

La présentation a été faite à bord du Toronto au cours de sa récente visite à la base navale de Portsmouth, en Angleterre, dans le cadre de la période de repos et de maintenance à mi-déploiement de la frégate. Pendant son séjour en Angleterre, des stratégies d’atténuation ont été adoptées afin de réduire au minimum le risque que l’équipage contracte la COVID-19, notamment en limitant les congés à terre. Le Toronto est actuellement déployé en Europe dans le cadre de l’opération REASSURANCE, où il travaille avec le 1er Groupe maritime permanent de l’OTAN.

« L’équipage et moi étions ravis d’accepter, au nom de la MRC, la plaque du coffret à fusibles en laiton de l’épave du NCSM Regina, » a déclaré le Capf Dargavel. « Ce n’est pas seulement un morceau physique de notre histoire, c’est aussi une pièce pour alimenter la conversation et je suis sûr que cela fera réfléchir les marins sur notre histoire et qu’ils se souviendront des 30 vies perdues après que le Regina a été torpillé et a coulé en seulement 28 secondes ».

L’artefact sera rapatrié au Canada à bord du Toronto lorsqu’il retournera à son port d’attache d’Halifax plus tard cette année. Il sera ensuite transféré à bord de l’actuel Navire canadien de Sa Majesté Regina, le deuxième navire de la MRC à porter ce nom.

Pour faciliter le transport et le stockage de l’artefact, plusieurs techniciens maritimes à bord du Toronto ont fabriqué une boîte-cadre en bois représentant les armoiries du Regina et les armoiries du 75e anniversaire de la bataille de l’Atlantique de la MRC.

« Comme l’artefact provient du Regina et sera exposé dans l’actuel Regina, il a semblé approprié de graver l’écusson du navire dans la boîte-cadre », a déclaré le Capf Dargavel. « De plus, 2020 marque le 75e anniversaire de la bataille de l’Atlantique et puisque le Regina a principalement combattu dans cette bataille, il a également semblé approprié de graver l’écusson de la MRC pour cet anniversaire ».

Le 6 janvier 1942, la corvette NCSM Regina de la classe Flower est arrivée à Halifax en provenance des chantiers navals de Sorel (Québec), et elle a été mise en service le 22 janvier. Le Regina a servi dans la Force d’escorte locale de l’Ouest jusqu’en septembre, date à laquelle il a été détaché à l’opération TORCH, l’invasion de l’Afrique du Nord. En novembre, après un radoub, le Regina a été employé comme escorte des convois entre le Royaume-Uni et la Méditerranée, et a coulé le sous-marin italien Avorio en Méditerranée occidentale en février 1943.

Après un autre radoub au Canada, le Regina a rejoint le groupe d’escorte C-1 de la Force d’escorte de haute mer en février 1944. Au début mars, il a quitté Argentia (Terre-Neuve) à destination du Royaume-Uni, mais son hélice a été endommagée pendant un ravitaillement en mer et il a été remorqué jusqu’à Horta, dans les Açores, par le navire de sauvetage Dundee, sous l’escorte de la corvette NCSM Valleyfield. À son arrivée à Londonderry, en Irlande du Nord, vers la fin mars, le Regina a été placé au service du Commandement des Approches de l’Ouest en prévision du Débarquement en Normandie.

Le Regina escortait des convois de l’autre côté de la Manche et le long des côtes britanniques jusqu’à ce qu’il soit coulé par une torpille au large du cap Trevose, en Cornouailles, au Royaume-Uni, par un sous-marin allemand. Trente membres de son équipage ont disparu avec le navire.

Tard dans la nuit du 8 août 1944, le Regina, seule escorte du convoi EBC-66, avait ralenti pour aller chercher les survivants de l’Ezra Weston, croyant que le navire marchand américain de catégorie Liberty avait été miné. Cependant, la cause des malheurs de l’Ezra Weston n’était pas une mine, mais plutôt une torpille tirée par le sous-marin allemand U-667. Le U-667 a ensuite tiré une autre torpille sur le Regina, qui a coulé en seulement 28 secondes.

Soixante-six membres de l’équipage du Regina ont été recueillis par le chalutier armé HMS Jacques Morgand, et par le navire de débarquement HMS LCT-644, mais deux membres de l’équipage ont succombé à leurs blessures avant de rejoindre la terre ferme.

Le Regina et l’Ezra Weston reposent tous deux à 60 mètres de profondeur dans les eaux où ils ont coulé il y a 76 ans.