Un marin veut apporter des changements positifs à la BFC Halifax grâce à sa nouvelle nomination

Galerie d'images

Nouvelles de la Marine / Le 14 septembre 2021

Par Joanie Veitch

Un marin des Forces maritimes de l’Atlantique (FMAR[A]) basé à Halifax contribue de manière positive à la lutte contre le racisme.

Après avoir été victime de racisme lors d’un récent cours de l’Équipe d’arraisonnement des navires, le matelot de 2classe (Mat 2) Saif Morsy a décidé de réagir en faisant part de ses préoccupations à sa chaîne de commandement et à la haute direction, dans l’espoir de provoquer un changement. Non seulement les mesures qu’il a prises ont eu une incidence sur ce cours à l’avenir, mais également sur lui-même. Cette expérience a conduit le Mat 2 Morsy à se porter volontaire au sein du Groupe consultatif des minorités visibles de la Défense (GCMVD) des FMAR(A) où, après seulement un an, il a été nommé nouveau coprésident du Groupe.

Le 4 juin 2021, au cours d’une réunion en ligne organisée pour souligner l’occasion, le Mat 2 Morsy a été nommé coprésident militaire du Groupe, succédant ainsi au capitaine de corvette (Capc) Paul Smith. Mme René Gannon, agent intérimaire de l’équité en matière d’emploi (EE) de la Base, est la coprésidente civile.

« C’est la première fois que je m’investis dans quelque chose comme ça. J’ai été confronté au racisme dans mon enfance, mais je n’ai jamais eu l’impression de disposer de moyens efficaces pour y faire face… alors lorsque j’ai découvert le GCMVD et que j’ai appris qu’il était possible pour moi de m’engager, j’ai accepté », a déclaré le Mat 2 Morsy, tout en reconnaissant les encouragements et le soutien qu’il a reçus du commandant de la base des Forces canadiennes (BFC) d’Halifax et des coprésidents du Groupe.

Le Mat 2 Morsy, d’origine égyptienne, dit avoir fait face au racisme en grandissant à Oakville, en Ontario, mais pas depuis qu’il s’est enrôlé dans la Marine en 2017 en tant que technicien en génie des armes, jusqu’à ce que se produise l’incident qui lui a ouvert les yeux l’an dernier.

Grâce aux efforts du Mat 2 Morsy, tous les cours des équipes d’arraisonnement des navires du Groupe des opérations tactiques navales comprennent maintenant des exposés sur les préjugés raciaux.

Faire remonter cette situation le long de la chaîne de commandement dans l’espoir de la résoudre lui a beaucoup appris sur la façon dont les histoires personnelles peuvent devenir un vecteur de changement, des leçons qu’il compte bien mettre à profit dans son rôle de coprésident.

« Mon but est d’encourager les personnes à se donner les moyens d’action nécessaires pour prendre en charge les situations qu’ils ont personnellement vécues ou dont ils ont été témoins. », a-t-il déclaré. « Plus vous offrez de moyens aux gens pour faire face aux situations, et mieux ce sera pour tous. »

Mme Gannon, coprésidente civile du GCMVD, a déclaré qu’elle se réjouissait de travailler avec le Mat 2 Morsy. Ayant été bénévole au sein du groupe pendant six ans, elle dit avoir appris à célébrer les « victoires » et félicite le Mat 2 Morsy pour sa ténacité.

« Au GCMVD, plusieurs des problèmes que nous traitons sont systémiques et ne sont pas faciles à résoudre, donc parfois on peut avoir l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de progrès », a-t-elle déclaré. « Saif nous a non seulement apporté un problème, mais également la solution à ce problème ».

Sous l’égide des groupes consultatifs de la Défense des FMAR(A), le GCMVD est un groupe de bénévoles dont le mandat est de conseiller les dirigeants du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes sur les questions touchant les minorités visibles, en particulier dans la mise en œuvre efficace de l’équité en matière d’emploi, en contribuant à l’élaboration de politiques liées au recrutement, à la rétention et à l’instruction, en identifiant les obstacles systémiques à l’emploi et en recommandant des solutions concrètes.

Le commandant de la BFC Halifax, le capitaine de vaisseau Sean Williams, est le champion du GCMVD des FMAR(A).

Si l’année qui vient de s’écouler a été difficile à bien des égards, a déclaré Mme Gannon, le mouvement Black Lives Matter et les discussions en cours sur les questions autochtones ont attiré l’attention sur la réalité de la discrimination raciale et sur la nécessité d’adopter des mesures antiracistes.

À cette fin, le GCMVD a organisé une séance de discussion ouverte l’automne dernier afin de créer une plateforme pour les militaires et les civils « ayant vécu des expériences de racisme » pour leur permettre de partager leurs histoires personnelles, a déclaré Mme Gannon.

« La séance s’est déroulée en personne et en ligne, mais nous nous sommes assurés de créer un environnement sécuritaire pour que les gens puissent raconter leurs propres histoires et la façon dont cela les a affectés à la fois personnellement et professionnellement, » a-t-elle expliqué, ajoutant que le Groupe a discuté des plans pour organiser une autre séance similaire, à la différence qu’au cours de celle-ci on demanderait également aux personnes de partager leurs solutions aux problèmes qu’elles constatent, de même que des idées favorisant le changement.

« C’est ainsi qu’on provoque le changement… en communiquant et en prenant le temps de s’écouter les uns les autres, » a-t-elle déclaré.

Pour la première fois à la BFC Halifax, le drapeau panafricain a été hissé le 30 juillet pour commémorer la journée du 1er août, nouvellement désignée Jour de l’émancipation.

« À certains égards, il s’agit d’une toute petite chose, mais c’est en fait une étape importante et c’est très réjouissant, » a déclaré Mme Gannon.