Un sous-marin et son équipage sont hors de l’eau … mais ne chôment pas!

Galerie d'images

Nouvelles de la Marine / Le 9 juin 2021

Les sous-marins font partie de la force invisible du Canada. Ils sont discrets, létaux, tenaces et, par conséquent, parfaits pour la surveillance et la recherche du renseignement tant en temps de paix que de guerre. D’abord et avant tout, l’équipage d’un sous-marin est essentiel à l’assurance que le bâtiment donne le meilleur rendement possible quand il est en déploiement dans le cadre de différents exercices et opérations. Sans équipage, le sous-marin ne va nulle part.

Mais que fait l’équipage d’un sous-marin quand celui-ci est en cale sèche ou à quai?

Le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Chicoutimi, l’un des quatre sous-marins canadiens de la classe Victoria, a participé à différents exercices et opérations internationaux dans tout le Pacifique au cours des dernières années, contribuant largement aux plus de 2 300 jours en mer accumulés par la classe depuis le début de son service.

Le NCSM Chicoutimi, en 2018, a passé un record de 197 jours en déploiement en appui à l’opération Projection, dans le cadre de laquelle il a été actif en Asie-Pacifique et a pris une part active à des exercices interarmées menés par la Force japonaise d’autodéfense et par la Marine américaine.

En ce moment, le NCSM Chicoutimi est en pleine période de transition en cale sèche, laquelle permettra de moderniser le sous-marin, de mettre à jour sa maintenance et de permettre ainsi à la plate-forme d’adopter un nouveau cycle de maintenance qui améliorera sa disponibilité et ses capacités générales. Bien qu’on puisse les comparer à l’entretien de votre voiture, ces vérifications doivent garantir que le « véhicule » est prêt dans tous les sens à fonctionner en plongée à plus de 200 de mètres de profondeur en eau salée et sous une pression énorme.

Ces périodes de maintenance donnent à l’équipage la chance de passer quelque temps à terre.

Le sous-marinier se distingue quelque peu du marin de surface et très nettement du citoyen moyen. Le sous-marinier qui part en mer n’a pas de communications régulières avec le monde extérieur. Il n’y a pas de liaison Internet sous l’océan – comme il n’y a pas d’air frais, d’espace privé ou de machine à laver. On ne prend pas régulièrement une bonne douche fraîche à bord d’un sous-marin. Et on remercie le ciel pour les lingettes nettoyantes et les seaux de lavage. Et malgré tout, la plupart des sous-mariniers s’épanouissent dans cet environnement et en veulent encore plus. Ils forment ainsi un véritable groupe d’élite au sein de la Marine royale canadienne dont on peut devenir membre avec le bon entraînement, l’éthique de travail nécessaire et l’attitude requise.

Bien qu’ils ne soient pas en mer, les sous-mariniers restent occupés quand le sous-marin est à quai ou en cale sèche.

Tout sous-marinier est tenu de respecter une norme de forme physique et doit aussi rester au fait des procédures de lutte contre les avaries à bord des sous-marins, se concentrant sur la lutte à l’incendie, les procédures de sauvetage, les ruptures de système hydraulique, les ruptures de système d'air à haute pression et les diverses pannes électriques qui sont des incidents graves à bord d’un sous‑marin en plongée. Les sous-mariniers restent à jour dans leur formation en secourisme tout en se maintenant eux-mêmes en bonne santé et prêts au déploiement. Le temps passé à terre donne aux membres d’équipage l’occasion de se trouver d’autres activités de formation qui leur permettront de se charger de rôles avancés.

Par-delà leurs efforts pour conserver leurs qualifications personnelles, comme l’exige le groupe professionnel de chacun, les membres de l’équipage d’un sous-marin forment activement les futurs candidats au titre de sous-marinier tout en supervisant le travail qui se fait sur leur bâtiment. Ils s’entraînent pour être prêts à exploiter avec compétence les nouveaux systèmes et mises à niveau que produisent ordinairement une période de travaux, sans pour autant négliger l’administration routinière de la vie quotidienne.

Les tâches apparemment ordinaires de la vie normale se compliquent pour un sous-marinier en mer. Comme il sera en mer pendant des semaines, ne profitant que de communications limitées, sinon d’aucune, le sous-marinier doit planifier en mode proactif des choses comme le moment et la façon de payer l’hypothèque, la durée d’entreposage des biens personnels, le soin des animaux familiers. Et il doit monter des plans au cas où les choses changeraient et où il devrait demeurer en patrouille plus longtemps.

Comme les sous-marins sont dépourvus de plusieurs des commodités des navires de surface, leurs équipages tirent le meilleur parti possible du temps qu’ils passent à terre. Quand, par exemple, le bâtiment est à quai hors de son port d’attache, son équipage vit à l’hôtel pour avoir un accès normal à des douches et à la buanderie et pour profiter d’un espace personnel fort nécessaire après des semaines dans l’espace restreint du sous-marin.

Le lieutenant de vaisseau (Ltv) sous-marinier Nathan Haylett signale que dans ces situations, chaque sous-marinier reçoit la clé de sa chambre d’hôtel, qu’il partage habituellement avec un autre membre de l’équipage, de même qu’une allocation de subsistance et une indemnité de faux frais pour couvrir ses repas et d’autres nécessités.

« On attend de nous que nous soyons prêts à faire partie d’une bordée de service et à travailler au besoin », précise-t-il. « Mais nous jouissons certainement de plus de liberté pour visiter diverses attractions … et faire de merveilleux repas! »

La collectivité du sous-marin s’efforce d’ailleurs de tenir chaque mois des activités de mess pour l’équipage, si l’évolution de la COVID-19 le permet. Ces activités comprennent des choses comme des croisières portuaires, des événements locaux de lancer de la hache, des dégustations, des journées sportives et des jours de jeux compétitifs. Ces activités aident à faire d’un petit équipage une famille.

Les membres de l’équipage du NCSM Chicoutimi se réjouissent à l’idée de reprendre le service opérationnel en 2023. D’ici là, ils se tiennent occupés en appuyant d’autres sous-marins et en se préparant à s’acquitter d’autres tâches, tout en passant des moments privilégiés avec leur famille et leurs amis.