Enseigne de vaisseau de 1re classe Nicole Spivey

Profil de marin / Le 23 juin 2020

Par le lieutenant Chelsea Dubeau

« La doc est-elle là? » demande un membre de l’équipage du navire en entrant dans le carré des officiers.

La doc est là.

L’Ens 1 Nicole Spivey, l’adjointe au médecin du Navire de Sa majesté la Reine (NCSM) Nanaimo, connue comme « la doc », fait signe à la personne d’entrer. 

La doc du NCSM Nanaimo a été auxiliaire médicale pendant 13 ans; elle a demandé d’être adjointe au médecin en janvier 2020 après avoir terminé son instruction.

Le patient s’assoit pendant que l’Ens 1 Spivey procède à un examen rapide de ce qui ne va pas bien : une bosse à la tête, mais ce n’est pas trop grave. Un nettoyage rapide de la blessure, quelques pansements et quelques mots d’encouragement, et le patient est prêt à quitter. Aujourd’hui, c’est une blessure mineure à la tête; demain, qui peut le dire?

Les soins médicaux requis par l’équipage d’un navire sont vastes, variés et aussi complexes que les êtres humains à bord du navire. Les liens qui se forment entre les membres de l’équipage et les spécialistes qui s’occupent de leur bien-être sont uniques en leur genre, particulièrement avec celui qui fournit les soins médicaux.

Les adjoints au médecin traitent les bosses et les éraflures habituelles, les toux et les grippes, les maux de tête, les maux de ventre et plus encore. Ces problèmes de santé sont normaux pour ceux qui travaillent dans des espaces restreints et rapprochés, qui ont des horaires de sommeil perturbés et qui doivent faire face aux difficultés et aux épreuves du territoire opérationnel de l’équipage : un navire en mer.

Cependant, les adjoints aux médecins sont également prêts à traiter, du moins au début, les événements médicaux de plus grande importance, qu’il s’agisse d’infections des voies urinaires ou d’événements cardiaques.

Il n’y a habituellement pas d’adjoint au médecin sur les navires de la classe Kingston, à moins que ces derniers soient en déploiement ou participent à des voyages exigeants. Le reste du temps, c’est l’équipe d’évacuation de blessés, dirigée par le chef cuisinier, qui répond aux besoins médicaux de l’équipage.

L’Ens 1 Spivey a été affectée au Nanaimo depuis le début de l’entraînement relatif à la disponibilité opérationnelle pour les missions de l’opération CARIBBE, et elle a poursuivi jusqu’à la première rotation de l’opération LASER. L’une de ses priorités était alors de fournir un entraînement essentiel continu à l’équipe d’évacuation des blessés. De cette manière, l’équipe peut ainsi répondre aux urgences médicales en l’absence d’un médecin.

« Lorsque j’étais au Koweït comme auxiliaire médicale, l’un de nos médecins était médecin de l’urgence, le major Trevor Jain, un réserviste. Il nous a appris que le meilleur moyen d’apprendre était par la pratique, mentionne l’Ens 1 Spivey. Ainsi, chaque semaine, nous recevions ce type d’entraînement, que ce soit le tamponnement des plaies d’un rôti de bœuf, la perfusion intraosseuse des côtes de porc, collées sur un récipient pour objets pointus avec des poumons fabriqués à l’aide de condoms. »

L’Ens 1 Spivey forme son équipe d’évacuation des blessés de la même manière. Le chef cuisinier, le maître de 2e classe Dave Manryk, lui a déjà fourni du matériel « patient »soit un os de jambon cuit à l’intérieur duquel l’Ens 1 Spivey a inséré une intraveineuse interosseuse.

L’équipe d’évacuation des blessés n’aura pas à exécuter une telle procédure, mais cette expérience est instructive et inspirante, et elle lui offre une étendue de connaissances unique qu’ils pourront peut-être utiliser un jour d’une manière ou d’une autre.

« La doc a réellement été un élément clé de l’équipe du navire, affirme le lieutenant‑commandant Dave Schmidt, commandant en second du NCSM Nanaïmo. Ses tâches principales étaient évidemment médicales, mais au-delà de ses fonctions elle s’est bien intégrée à l’équipe. Elle est constamment occupée à faire des projets spéciaux. Elle prend vraiment soin de l’équipage. »

Pour l’Ens 1 Spivey, les soins à l’équipage commencent par toute l’aide qu’elle peut apporter chaque fois qu’elle le peut.

Elle a récemment dirigé une activité de fabrication de masques non chirurgicaux afin de fournir aux membres de l’équipage l’équipement de protection personnelle dont ils ont besoin pendant leurs temps libres entre les rotations de l’opération LASER. Au cours de l’opération CARIBBE, elle a travaillé avec le personnel de cuisine afin de faire connaissance avec toutes les personnes à bord.

« Je pense que c’est très important de connaître tout le monde, pas seulement à titre de patient, affirme l’Ens 1 Spivey. Il faut d’abord bâtir la confiance dans une relation interpersonnelle plutôt que dans une relation praticien-client. La confiance dans la relation praticien-client vient ensuite tout naturellement. »

Elle est infiniment pragmatique.

« Je fais simplement mon travail du mieux que je le peux. Que je sois clinicienne derrière mon bureau en train d’indiquer à une personne les changements qu’elle doit apporter à son style de vie en raison de son diabète de type 2 ou que je sois assise dans le désert en espérant que tout se passera bien, il n’y a pas de différence en médecine. C’est la même chose – je suis là pour prendre soin de mes patients. »

Elle a participé à sept déploiements et accumulé plus de 530 jours en mer, ce qui signifie qu’elle a dû s’éloigner de sa fille Caitlin.

« Nous faisons des Lego tous les deux jours au téléphone, indique l’Ens 1 Spivey. C’est quelque chose que nous faisons toutes les deux même si nous ne sommes pas ensemble physiquement. »

Caitlin a hérité de la nature attentionnée de sa mère; elle assemble des trousses pour le personnel médical déployé dans d’autres navires de l’opération LASER ainsi que pour quelques autres membres d’équipage du Nanaïmo.

« C’est peut-être parce qu’elle est fille unique qu’elle ne veut pas que les autres personnes se sentent délaissées », indique l’Ens 1 Spivey.

De nombreux membres de l’équipage sont des réservistes qui sont loin de la maison et, par conséquent, ils n’ont pas de famille proche qui peut faire cela pour eux.

Caitlin veut devenir pharmacienne, peut-être même dans les forces militaires. On dit que l’imitation est souvent la forme la plus sincère de flatterie. Dans le cas de l’Ens 1 Spicey, cela pourrait simplement indiquer la fierté qu’éprouve Caitlin à l’endroit de sa mère.

L’Ens 1 Spivey est émue lorsqu’elle y pense.

« J’espère qu’elle est fière ». dit-elle.